vendredi 3 janvier 2020

2019 remarquables


 

 

26 - Product KF ‎– Songs Of The Groves (Chicago Research)


Un album court et sombre, dans la lignée des démos déjà présentées dans ce blog. La nouvelle version de Pitch Dark m'a un peu déçu, mais ça reste un super disque de coldwave pure.


voir aussi : 2018 adorables

27 - L'Avenir ‎– Requiem (Cold Beats)


Ce nouvel album de Jason Sloan apparaît dans la brume. Quelque part entre Visage et Orchestral Manoeuvres In The Dark, il s'écoule d'une manière paisible, minérale. 


28 - Catalogue ‎– High Grey Effective (Crapoulet, Hell Vice I Vicious Records)


Nous scrutons avec attention les pérégrinations des Marseillais de Catalogue qui continuent de distiller le meilleur post-punk en toute confidentialité. Je ferai un parallèle avec le groupe américain Lunch, au style assez proche : rock tendu, angulaire, minimal, inspiré.


Voir aussi : Catalogue - 1er album

29 - Black Marble ‎– Bigger Than Life (Sacred Bones)


Toujours un petit goût de Manchester pour Black Marble dont le nouvel album, plus léger et plus pop se laisse apprivoiser en quelques écoutes. 



30 - Closed Mouth ‎– [ O N E ] (Cold Transmission)


Nouveau projet solo du toujours prolifique Yannick Rault, Closed Mouth propose une darkwave assez minimale, sur un album nourri et délicat. Une autre belle surprise de 2019.


31 - Da-Sein ‎– Mirror Touch (Galakthorrö)


Le second album pour le duo espagnol flirte toujours avec les power electronics, Galakthorrö style, c'est-à-dire absolument sombre et glacial.


32 - Couverture De Survie ‎– Etat d'Urgence (Bloc Note)


Projet solo de l'ancien batteur du groupe pop shoegaze Born Idiot, Couverture De Survie montre davantage les dents. Pas pour me déplaire. La cassette, malheureusement ultra limitée en copies, est gavée de tubes cold. Une petite sœur nommée Tetrapharmakon vient juste de paraître sur Distag.


33 - Bruised ‎– Rotten Codex (Chicago Research)


Sorte de super groupe avec des membres de Product KF, nous avions déjà été séduits par la démo de 2017. Le premier album, Rotten Codex, part un peu dans tous le sens. Des plages bruitistes, des morceaux punk rock, il est difficile à appréhender en une fois ou à présenter en un morceau. 


Voir aussi : 2017 remarquables

34 - UV Race ‎– Made In China (Future Folklore, Aarght!)


Pas de disque de Total Control cette année malheureusement, mais un album de UV Race en lot de consolation. Mets le feu au dance floor avec de la morve et du beat.


35 - Blind Seagull ‎– Nails (Detriti)


Déjà présents dans les remarquables P&C l'an passé, les enclavés de Blind Seagull proposent un nouvel album dans leur discographie déjà bien étoffée. Peu de surprise dans le style, quelques très bons morceaux as usual.


Voir aussi : 2018 remarquables

36 - Wrong Body ‎– Benzo Edits (Cut Surface)


Label à suivre les yeux grands ouverts, Cut Surface édite un projet solo darkwave de Dino Spiluttini, plus habitué à envoyer de l'ambiant, voire de la zik contemporaine. L'album aurait carrément mérité le traitement vinylique, ça viendra peut-être...


37 - Fatamorgana ‎– Terra Alta (La Vida Es Un Mus)


Après une excellente démo, les Barcelonais envoient un album long, parfois traînant, mais qui regorgent de bonnes idées en forme de Triangle.


38 - Mannequin ‎– Nocere (Mannequin)


Groupe guetté au tournant suite à l'excellent split avec Post Tropic en 2018, nous n'aurons eu droit qu'à un single cette année, le nouvel album ne sortant qu'en janvier 2020 sur le label belge Sentimental. Nous en reparlerons forcément...


39 - Otchim ‎– James Dean (Detriti)


La cassette du projet franco-russe Otchim ne contient que quatre titres inédits, assortis de quelques reprises. On attend la suite parce que ça s'annonce bien !


40 - Veil Of Light ‎– Inflict (Avant!) ‎


On note une certaine constance dans la qualité des productions des Suisses de Veil Of Light. Outre le goût prononcé pour l'EBM, certains morceaux de ce nouvel album me rappellent Depeche Mode, ce qui n'est pas pour me déplaire.


41 - 1919 ‎– Futurecide (Cleopatra)
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Oui, le 1919 de Machine continue sa route malgré le décès du guitariste Mark Tighe il y a deux ans. Le nouvel album se laisse tout à fait écouter, je ferai une comparaison avec les derniers disques de Wire : solides et bien écrits. Ce Futurecide ressemble par moment à du Preoccupations. Étonnant, non ?


42 - Valuemart ‎– II (Valuemart)


Le premier album de Valuemart nous avait déjà plu, dans un genre bedroom post-punk new wave. Le second album prend les mêmes éléments et les sert en petit ton en dessous du précédent.


43 - Post Tropic ‎– Mirrors (Post Tropic)


Toujours pas de véritable album sur un support physique pour Post Tropic, pourtant le potentiel est là et cet album digital me comble déjà. Si je pose des noms comme Gold Class ou les Smiths, ça devrait te donner un indice de départ suffisant.


44 - Data Fragments ‎– Data Fragments (Geheimnis)


La version coldwave de Doric, avec des copains pour faire les instruments. Dommage que l'album soit un poil linéaire, il aurait pu figurer plus haut dans cette liste.


45 - The Heavens ‎– Dream Reaper (The Heavens)


The Heavens fait partie de cette vague d’artistes dont toute la discographie vogue dématérialisée. Pourtant leur son est bien ancré dans le réel, voire dans le passé. Je trouve ce nouveau disque plus intéressant que les précédents, plus authentique aussi.


46 - Second Still ‎– Violet Phase (Fabrika, Sentimental)


Le duo californien, particulièrement prolifique, s'est fendu de huit nouveaux titres à la sauce darkwave. Je regrette parfois le côté plus cru qu'ils avaient à leur début, mais le disque passe tout seul quand même. 



 47 - Nylex ‎– Plastic For People (No Patience )


Petit goût de Nun et de Rule Of Thirds dans ce premier album de Nylex, de provenance australienne. Le disque se révèle nonchalant, légèrement acide, pas spécialement tubesque mais plutôt du genre insidieux, à l'image de ce Fascinate qu'on trouvait déjà sur la démo de 2018.


48 - Filmmaker ‎– Nocturnal (Squall) 


Impossible de tenir à jour mes connaissances dans les sorties de Filmmaker, plusieurs albums sont parus cette année, dont un LP chez Detriti et cette cassette chez Squall. Filmmaker, de Medellin, Colombie joue une techno minimale et primitive, avec une cinématique goth puissante.


49 - Nausea ‎– Fervour (Nausea)


Nausea, alias Samuel Cooper, avait sorti un chouette EP sur Squall (le monde est petit) l'an passé. On devra à nouveau se contenter d'un EP en 2019, mais c'est toujours mieux que The Thirst qui nous fait languir en sortant les morceaux au compte-goutte sur Youtube. Musique brumeuse et fantomatique, je kiffe.


50 - Bleakness ‎– Functionally Extinct (Destructure, Sabotage)


La voix de Nico Bazire sonne curieusement proche de celle d'un certain Greg Sage. A ma connaissance, il n'y a pas de morceaux des Wipers qui s'intitule Bleakness, mais le groupe dans l'ensemble rend hommage aux pionniers de l'Ouest, chaque seconde du disque respire la passion pour les apôtres du Youth Of America.



C'est toujours un plaisir de mettre le regard dans le rétroviseur, de remonter une année, de se coller le cul sur une chaise pendant des heures pour lister, retrouver des infos, des contacts, écrire, se relire, recommencer, mettre en ligne et finalement avoir des retours curieux ou amusés. Merci d'avoir pris le temps de lire. (Ph)

dimanche 29 décembre 2019

2019 adorables

L'année 2019 étant une période de migration pour les Pigeons et Corbeaux, nous aurons fait au mieux pour suivre la délirante production musicale. Il n'est pas impossible que nous ayons raté des sorties cruciales et, comme chaque année, des bijoux parus en 2019 ne se dévoileront pas avant plusieurs mois ou années. Cette liste n'est qu'un instantané subjectif. Tu pourras y trouver des albums sans support physique, pas beaucoup car on reste très attachés à nos chères rondelles.
Nous avons intégré à la liste des rééditions ou des compilations parues en 2019, même si les versions originales ont parfois plus de trente ans. Certains disques paraissent encore tellement actuels. Il me semble aussi important de souligner les efforts de passionnéEs pour dépoussiérer des merveilles introuvables.
 

 
Comme l'année dernière, la liste sera divisée en deux parties présentant chacune vingt-cinq disques, en priorité des albums. Tu noteras la présence solide de la scène locale : A Gethsémani, Berceau Des Volontés Sauvages, Meager Benefits, Constance Chlore, Computerstaat et Rien Virgule intègrent la première liste.
Pour finir, tu remarqueras peut-être l'absence de plusieurs favoris dont les opus 2019 nous ont quelque peu déçus. Parmi eux, Drab Majesty, Ritual Howls, Frustration, Pleasure Leftists, Dancing Plague, Night Sins, Boy Harsher, ont édité des albums pas vraiment inspirants quand d'autres artistes nous scotchaient au plafond. Déceptions et bonnes surprises.


1 - Rosetta Stone ‎– Seems Like Forever (Cleopatra)



LA bonne surprise 2019, le retour improbable, le gars qui fait son "meilleur" disque loin dans sa carrière, après avoir quand même sorti quelques merdasses technoïdes presque inécoutables. Et bim ! une vengeance glacée et dansante, disque qui s'écoute sans fin.
On en avait déjà parlé en juillet, ici même.



2 - Victrola ‎– Born From The Water / Demos 1983-1985 (Dark Entries)


Cette compilation de démos est une autre belle surprise de l'année. Douze titres calés sur un double LP tout confort, darkwave si tu veux, hits à la pelle, le disque revient sans lasser sous la pointe du diamant. Indispensable. 



3 - Housewives ‎– Twilight Splendour (Blank)


Les Anglais s'y connaissent en post-punk. C'est rien de le dire et ça se vérifie encore avec le troisième album des Housewives. C'est un disque singulier, qui m'évoque autant Magazine que les Swans. Brillant !



4 - Diät ‎– Positive Disintegration (Iron Lung, Blackest Ever)


Le vent australien souffle toujours sur la planète P&C. Ce disque dépasse mes attentes déjà élevées, ou comment un favori assume son statut avec aplomb, sans concession ni reniement. 



5 - Stockhaussen ‎– XXI (Infravox)


Un autre troisième album qui vient dépasser ces prédécesseurs : prise de risque supérieure, aventure intérieure. La darkwave minimale dépassée, certains morceaux sonnent très classiques, avec un beat dance assumé, d'autres comme ce Face Of God se laissent attraper moins facilement. 
Enregistré à Mexico, paru au Pérou, mais distribué en Europe par Young And Cold, tu n'as plus d'excuse pour ne pas succomber au charme de Angel Kauff.



6 - Institute ‎– Readjusting The Locks (Sacred Bones)



Nous scrutons tous les albums d'Institute avec attention et à raison : ce nouvel album me rappelle les Buzzcocks et Wire dans sa simplicité et son acidité. Le disque se joue bien fort, sans temps mort. Parfait ! Espérons qu'il ait une suite. 



voir aussi : Institute - Catharsis

7 - A Gethsémani ‎– Âme Triste (Tunnel Vision)


Comme un bon fan de la scène dark française (Asylum Party, Fall Of Saigon, etc.), j'espérais un jour une édition vinyle d'Âme Triste, la cassette confidentielle parue en 1987. Le résultat dépasse mes espérances, même si la face B s'étire un peu en longueur. La face A est juste magnifique pour les amateurs de synthé minimal.



8 - Der Blaue Reiter ‎– Epitaph Revisited (Dead Wax)


Très bonne idée de réenregistrer Epitath, l'unique production de Der Blaue Reiter. Cette compilation de démos d'origine italienne éditée par Dead Wax en 2016 a donc trouvé une suite. L'exercice était périlleux, mais Stefano Tirone s'en est admirablement sorti. La réinterprétation est d'autant plus mystifiante que les vocaux originaux ont été mixés à de nouvelles prises de synthés et de guitares. Un goût de remix, très inspiré.


9 - Dark Day ‎– Darkest Before Dawn (Dark Entries)



La première incursion du groupe de Robin Crutchfield dans le monde du neofolk date de 1989 avec cet album édité pour la première fois en vinyle cette année. Le disque explore également des galaxies synthétiques plus proches du classique Exterminating Angels. Beauté.


10 - A Culture Of Killing ‎– The Feast Of Vultures, The Cry Of A Dove (Tape Or Die)


L'Italie décidément à l'honneur cette année, le second album de A Culture Of Killing ‎ajoute une touche peace punk à cette liste. Je trouve les lignes de grattes particulièrement redoutables. L'édition en cassette a le mérite d'exister, mais j'aimerais beaucoup voir une version vinyle des deux albums.


11 - Berceau Des Volontés Sauvages ‎– Seuil (Altaar)


Quand un ex-Iscariote se débarrasse des gimmicks hardcore et se recentre sur l'instinct, l'ombre et la lumière, cela peut donner des objets primitifs comme ce Seuil. Passionné de films, Fabien Thévenot propose donc avec son compère Alban Jamin une incursion en terre cinématique, évite l'écueil de la stérilité et de l'ambition virtuose, pose un disque intéressant, dans une lignée kraut, mais pas seulement. 


12 - R.M.F.C. ‎– Hive Vol. 1 & 2 (Erste Theke Tonträger)


Second bouquet australien cette année, le chouette label allemand Erste Theke Tonträger a eu la bonne idée de compiler les deux cassettes sur une galette. Du bedroom punk aux accents garage, aux lignes impeccables, fonce dans la nuit, poursuivi par les fantômes de Useless Eaters et de Jay Reatard.


13 - Rosk ‎– Remnants (Pagan)


Sur les conseils du copain Jessy, j'ai décidé de prendre un coup de frais en fin d'année. Rien d'étonnant à ce que cet album paraisse en décembre, il suffit de fermer les yeux pour voir la neige tomber. Le disque est une belle réussite aussi bien visuelle que sonore, le gatefold rempli d'illustrations très jolies comme tout.


14 - The Serfs ‎– Sounds Of Serfdom (Detriti)


Il se passe toujours quelque chose chez Detriti, le label est à surveiller comme le lait de soja sur le feu. Parmi les sorties 2019 de Davide, j'ai choisi le LP de The Serfs. Leur démo cassette (2019 également) aurait sans doute fini dans cette liste. On frise la perfection coldwave par moment. J'adore ce Ringing The Changes qui n'était pas sur la cassette.


15 - Solanaceae ‎– Solanaceae (Heiðrunar Myrkrunar)


Edition vinyle très attendue d'un joyau neofolk produit en 2008 par Kim Larssen (Of The Wand & The Moon), le disque file direct dans la liste des adorables. C'est un album qui s'écoute sans fin, en boucle. Rien que le titre qui ouvre l'album vaut son pesant de chuchotements Forseti. 


16 - Meager Benefits ‎– Crawling (Solange Endormie)


Belle surprise de fin d'année que ce Crawling en provenance de Bordeaux. A l'instar d'un Rhume Carabiné, ce projet solo se renouvelle en puisant dans différents styles et en les alliant avec goût. L'album, varié et bien produit, ne tombe donc pas dans le piège de la linéarité, de la monotonie. Je me demande si ce n'est pas le truc le plus proche des godfathers Cure que j'ai entendu cette année.


17 - Slender ‎– Time On Earth (La Vida Es Un Mus)


Le label de Paco est aussi un habitué des domaines P&C puisqu'il n'hésite pas à s'écarter des stéréotypes pour présenter des merveilles comme The Astronauts ou Escroto De Rata.
La démo de Slender ne m'avait pas laissé un souvenir impérissable, mais après l'écoute de cet album je suis revenu dessus. Rien d'aussi extravagant que Time On Earth cependant, qui ratisse dans tous les coins de la bonne musique, du peace punk au kraut en passant par le post-punk. 


18 - Constance Chlore ‎– Constance Chlore (Simple Music Experience, Et Mon Cul C'est Du Tofu?, Kess Kill)


Il y a toujours un petit air d'EBM dans nos listes. On ne se refait pas. Découverte récente, la cassette de Constance Chlore marie les rythmes dansants aux synthés glacés et ça marche carrément bien. L'album est inégal mais contient ses morceaux de bravoure.


19 - Doric ‎– A Distorted Reality (Infravox)


Déjà plusieurs albums au palmarès de Stathis Leontiadis, dont le très chouette Over Mentality sur Fabrika. Le nouvel opus est dans la même lignée, synth pop new wave élégante, à la John Foxx, ou plus près de nous Martial Canterel.


20 - Computerstaat ‎– In The City (No Reason, Trou Noir Disques)


J'attendais un disque de Plomb, qui n'est pas venu. A la place et sur les conseils d'un fan de Kimmo, j'ai posé les oreilles sur l'album de Computerstaat ‎et l'ai trouvé à mon goût. La recette procède d'une équation simple : bruit + mélodies = musique. L'essence même du punk.


21 - High Marks ‎– Sister Shadow (Persistent Midnight)


Le projet de Drew Haddon continue de nous offrir des perles noires. Depuis Rare Distance, j'écoute toutes ses productions avec attention et celle-ci dépasse les précédentes grâce au hit darkwave Deeply Distorted States qui te fera danser au bout de la nuit.


22 - Rien Virgule ‎– Le Couronnement Des Silex (Zamzam, Permafrost, La République Des Granges)


Ne Rien faire comme les autres, Virgule. 



23 - Current Affairs ‎– Object & Subject (Tough Love)


Une sorte de super groupe écossais lâche en 2019 un album réjouissant. Current Affairs est composé d'ex-Cosmic Dead, Kaspar Hauser, Shopping, Anxiety, rien que du beau linge. Ils ne révolutionnent pas la musique, s'en tiennent plutôt aux fondamentaux. Le premier morceau est une petite bombe, le reste est à l'avenant. 


24 - ISS ‎– Alles 3rd Gut (Sorry State)


De grands habitués des lignes P&C, ISS et autres comparses Whatever Brains remettent le couvert sur un label extrêmement recommandable. J'aime bien les incursions hors du territoire garage, le côté lo-fi, je bricole en nu-pieds. 



Voir aussi : Whatever Brains - 4LP

25 - This Is The Bridge ‎– In The Strangled Air (Tonn)


Pour finir la première partie, monsieur Richard Anderson avec une de ses productions de l'année, qui n'a pas connu la joie de recevoir (encore) un support physique. L'album flotte donc dans les limbes d'un cloud quelconque, toujours rempli ras-la-gueule d'une darkwave savamment orchestrée. 





A suivre...




mardi 24 décembre 2019

UK Decay ‎– For Madmen Only

Si je faisais aujourd'hui une mixtape avec du post-punk goth britton des années 80, j'y mettrai assurément du UK Decay au milieu des Bauhaus, Theatre Of Hate, Fad Gadget et autres Sisters. Le premier album, chargé ras la gueule des hits sombres que tu as sans doute gardés enfouis dans ta mémoire, n'a pas pris une ride. Il est même terriblement actuel. Et quelle belle pochette !


Les accents de Steve Abbott rappellent ceux de Peter Murphy, la confusion entre les deux est possible. Les lignes de guitares fluides et froides s'inscrivent dans le paysage 1981 en contrepoint dans la funky disco qui martyrisaient les charts. La tribalisme de la batterie annonçait la pornography à venir.


Certains titres viennent chatouiller le Zounds, le Wire et le Mob, entre autres, pour donner une consistance particulière à cette œuvre essentielle, manipulant les explosifs punk façon Crass.


For Madmen Only, unique album édité par le groupe dans les années 80, a connu une suite en 2013 avec New Hope For The Dead, un disque qui mérite une oreille ou deux, sans atteindre les sommets de son ainé. Après s'être dispersés dans les non moins fabuleux In Excelsis ou Furyo, que je recommande, les membres de UK Decay se sont retrouvés pour jouer et ils viennent de fêter les quarante ans du groupe. Joyeux anniversaire gentlemen ! (Ph)



dimanche 8 décembre 2019

Les Thugs ‎– I.A.B.F.

Avec Still Hungry Still Angry, le I.A.B.F. des Thugs a modifié la donne du punk franchouille du début des années 90, là où le mouvement "alternatif" dominait en masse. Pas de oi dans les influences, pas d'accordéon, un chant en anglais assumé, de quoi dénoter dans un univers fait de Bérus, de Rats, de Garçons Bouchers et de Mano Negra, sans oublier les nantis VRP, Négresses en couleur, Ludwig, Sheriffs, Gogol... Les Thugs proposaient une autre forme de DIY, plus international, dans lequel je me reconnaissais davantage.



Après l'achat de la chouette réédition proposée par Frank Frejnik sur son label Nineteen Something, j'ai décidé d’inscrire les Thugs dans l'onde Pigeons & Corbeaux, pour plusieurs raisons : d'abord l'importance des Thugs dans cette scène française décomplexée (coucou les Burning Heads !) face à la langue anglaise, puis l'actualité avec la sortie de l'album de Lane, groupe qui prolonge les aventures des frères Sourice, enfin, le principal argument, la persistance des certains des morceaux des Thugs comme classiques éternels.



Voilà ta mémoire peut-être en partie rafraîchie, prête à recevoir une seconde dose. (Ph)



dimanche 17 novembre 2019

The Normal ‎– T.V.O.D. / Warm Leatherette

En écoutant le Cocaine Champagne de Tom Wu, j'ai eu la sensation étrange d'y entendre une nouvelle version de Warm Leatherette. Une version aussi éloignée que la reprise qu'avait pu faire Grace Jones dans les années 80. Cela dit en passant, ça montre encore une fois que les liens étroits entre le monde de la mode et le punk ne datent pas de l'expo So Punk Rive Gauche au Bon Marché.


T.V.O.D. / Warm Leatherette est un single paru en 1978, unique production de The Normal, aka Daniel Miller, fondateur du label Mute. Depeche Mode anyone? Danse industrielle, T.V.O.D. se joue en face A mais je lui ai toujours préféré la face B. 

Warm Leatherette représente à lui seul la définition d'un son cold et indus, minimaliste, précurseur de tendances techno et electro au même titre que les productions de Suicide ou de Cabaret Voltaire, et plus tard Ministry, ou aujourd'hui Tom Wu.


Dire que le DJ des radios nationales jouait ce morceau dans des émissions grand public... ça fait bien longtemps que je n'ai pas entendu ce morceau d'histoire sur un quelconque média.

Je me demande si Daniel Miller a produit d'autres maquettes à l'époque. Un album Live de The Normal est paru en 1980. C'est une pièce à écouter pour les curieux  (Ph)