Chaque mois, retrouve ici une playlist qui regroupe les albums présentés.
La voix de Chris Reed ressemble un peu à celle d'Andrew "Eldritch" Taylor, la musique de Red Lorry Yellow Lorry à celle des Sisters Of Mercy. Ils sont originaires de la même ville, Leeds, l'un vivant dans l'ombre de l'autre.
Talk About The Weather, paru en 1985, faisait suite à une série de singles aboutis. On retrouve d'ailleurs le morceau Hollow Eyes en face A. Il a permis au groupe de faire une carrière honnête, suivi par des fans irréductibles. Après avoir arrêté le groupe en 1991, ses membres ont remis le couvert au début des années 2000.
Je n'ai pas vraiment aimé Strange Kind Of Paradise, l'album de 2025, pas du tout au niveau de l'inspiration des quatre premiers albums, jusque Blow. Je rejoue ces vieux morceaux avec toujours autant de plaisir. Sur le premier album, uniquement huit titres, ça évite le remplissage. Tout n'est pas parfait mais la moitié du disque passe encore nickel chrome.
Tu peux ajouter la compilation The Singles 82-87 à la liste des disques de Red Lorry Yellow Lorry qui méritent une place sur ton étagère, mais si je ne devais en garder que deux, mon choix irait vers Talk About The Weather et Blow. Parfum de madeleine...
Tous les disques de Red Lorry Yellow Lorry se trouvent encore dans les bacs d'occasion et même en neuf. Talk About The Weather, par exemple, a été réédité en 2024. (Phil)
Paru en 2009 uniquement en CD sous l'intrigant patronyme Solanaceae, cet album cache un projet de Kim Larsen sur son propre label Heiðrunar Myrkrunar. Une édition en vinyle a vu le jour en 2019, je me suis jeté dessus. C'est un disque bonus dans la galaxie Of The Wand And The Moon, entre Sonnenheim et The Lone Descent dans la discographie, et tout aussi convaincant.
Si tu ne percutes pas sur les noms ci-dessus, nous sommes en compagnie du maitre danois de la discipline neofolk. Il est accompagné par des invités comme la violoniste Anne Eltard ou John Van Der Lieth qui avait participé à un album de Forseti.
S'il est entouré d'un groupe sur certains titres comme Midnight Garden, sur d'autres il la joue solo et ça fonctionne aussi. Pour l'avoir vu sur scène sans backing band, le gars n'a besoin de personne pour créer de la magie.
Réédité à plusieurs reprises, le disque se trouve facilement en ligne. Je ne l'ai par contre jamais vu dans un bac de disques. La pochette et le nom mystérieux n'ont pas aidé à donner un statut culte à cet album, ce qui a l'avantage de rendre ce déjà-classique toujours accessible. (Phil)
Le debut album de Normail Hawaiians est à nouveau disponible grâce au label Upset! The Rhythm qui lui a redonné vie dans sa forme originelle. Le double LP se trouve sur le web depuis un moment, mais la version de 1983 en bon état ne courre pas les rues. Saluons donc cette initiative !
Normil Hawaiians est un groupe londonien à l'origine, dans la mouvance hippie post-punk, bric-à-brac progressif, art-punk, parfois dub, même communauté où a baigné la techno originelle. Emigré au Pays de Galles, le groupe s'est stabilisé dans sa formation et son style. Je les imagine inspirés par Robert Wyatt.
Les liens Napalm Beach / Wipers remontent au début des années 80 : tous deux issus de la scène de Portland, ils partageaient le batteur Sam Henry et les premières démos de Napalm Beach sont parues sur Trap, le label de Greg Sage. Ce disque éponyme, troisième album studio du groupe est lui paru sur Terminus prod., qui n'a rien sorti d'autre.
Point de cold wave ici, le groupe joue rock n' roll, une incarnation west coast du deathrock. Le parfum de garage blues embaume tout le disque, guitare en avant. Il était à l'époque, en 1985, leur premier LP, le reste de la discographie se vendait alors confidentiellement. Tu noteras que le nom est différent entre la version cassette, intitulée Teen Dream, et le vinyle, sans titre. L'ordre des titres diffère aussi.
Teen Dream démarre la cassette, c'est mon morceau préféré sur l'album qui est une parfaite porte d'entrée sur l’univers Napalm Beach. Le groupe a trouvé son public en Europe, en Allemagne et en Grèce. De fins connaisseurs ceux-là... Les Misfits et les Swingin' Neckbreakers font aussi partie du voyage.
La suite des aventures, en particulier les trois albums produits en 1988 et 1989, Liquid Love, Moving To And Fro et Fire Air And Water, valent également le coup d'oreille. Ils sont parsemés de bijoux à la fois bruts et délicats. De quoi donner à Napalm Beach un statut culte pour ceux qui ont eu la curiosité de s'y intéresser. Aucun de leurs disques n'a eu les faveurs de gros distributeurs. Les disques, peu ou pas réédités, commencent à choper une cote élevée. (Phil)
On a parlé dans les années 2010 de revival post-punk, cette désignation souvent péjorative masque le retour en grâce d'un style intemporel. Pour preuve, les deux premiers album de Lust Era, The Lost Art of Murder et Pray You'll Never Know, sonnent très cold wave vintage pour des CDs. Difficiles à trouver, ils ont été compilés, leurs meilleurs morceaux rassemblés sur un disque édité par Bat-Cave.
Lust Era est un groupe basé à Miami, très tourné vers l'Amérique latine, avec un certain nombre de titres en espagnol. Les disques parus en autoproductions auraient pu - dû - intéresser des labels comme Funeral Party ou Mass Media, mais il a fallu qu'un producteur européen leur donne un peu de visibilité pour que les Pigeons & Corbeaux les aperçoivent.
Tu remarqueras certainement la filiation british (Leeds) très nette de plusieurs morceaux comme ce Are We Alone, banger qui s'écoute en boucle. Il est bien entouré sur Soul Remains Silent, la compil enchaine les tueries.
Le groupe, toujours actif, se concentre sur des singles numériques à l'heure actuelle. Nouvelle génération, nouveaux modes de diffusion. Il publie régulièrement des titres sur ses réseaux, où tu trouveras un paquet de vidéos de Lust Era à regarder. Les disques eux se trouvent principalement dans le réseau de distribution indépendant. (Phil)
The Plateau Phase est l'unique album studio produit par Crispy Ambulance durant les années 80. Il existe d'autres disques, des EP, des Live, mais rien de comparable à cette beauté.
Le groupe s'est revendiqué inspiré par Magazine et Hawkwind, ce qui se traduit par une musique aux confins du post-punk et de l'intersidéral. Signés sur Factory comme Joy Division avec qui ils ont partagé l'affiche, ils vécurent, comme d'autres groupes mancuniens, dans l'ombre du géant.
Le disque a été réédité plusieurs fois. A partir de 1990, Factory proposait une version compilation "Comprising : The Plateau Phase, Live On A Hot August Night, Sexus" qui inclue l'album et des bonus. Ça explique la confusion sur la pochette du disque, certaines plateformes ayant fait le choix d'utiliser l'artwork et la liste de titres de la compilation sous le nom de l'album.
Le disque écouté en 2026 montre une modernité certaine, un son impeccable où la basse est omniprésente, quelque part entre Modern English et PIL. Ce n'est pas un disque pour le dance-floor, c'est plutôt introspectif et rythmé, parfait comme bande-son de voyage.
Le groupe s'est reformé en 1999, a sorti deux albums studio dans les années 2000, Scissorgun et The Powder Blind Dream, et un autre en 2016, Compulsion, qui a ma préférence parmi les albums post-reformation. D'ailleurs, ce disque marquait leur retour à l'Usine.
La cote de The Plateau Phase monte gentiment, il est encore assez facile à trouver dans des tarifs pas trop chers. (Phil)
Il s'est passé quinze ans entre le premier album éponyme, joyau minimal franco-belge devenu introuvable, et ce second album. En 2025, le groupe est devenu un duo : Najah et Daniel "Dasz" Kowalski, sans le troisième comparse.
De manière surprenante, l'album est paru uniquement en cassette. Quand on connait l'engouement pour le premier album, le choix est étonnant - si c'est un choix. Bref. La cassette reste un support de qualité si les conditions sont réunies, exactement comme les autres supports d'ailleurs.
Sur ce disque, la musique m'évoque à la fois Heimat et Clan Of Xymox. Les arrangements fins et intelligents tiennent la comparaison avec Automelodi.
Raquel García López a réalisé le premier clip extrait de l'album, une histoire de vampires montée à rebours. Je ne m'en lasse pas.
J'aime aussi beaucoup le premier morceau Alla Notte, avec sa touche IDM façon Polygon Windows.
Le sieur Dasz s'occupait autrefois avec Ame De Boue, génial solo band à l'infinie sombritude. On retrouve ces mêmes touches dans des morceaux comme The Edge Of Myself.
Ame De Boue n'a pas fait de disque depuis 2020, espérons que ça ne soit qu'une pause.
La première édition de Disappear est parue dans une version ultra limitée. Gageons qu'elle sera sold out dans un court délai et, peut-être, extrêmement recherchée dans quelques années. (Phil)
Enregistré entre Over The Edge (1983) et Land Of The Lost (1986), Straight Ahead, s'il ne porte pas le logo Wipers, en garde carrément la classe. Je ne te fais pas l'affront de présenter Greg Sage. C'est une figure. Il a fait deux albums solo. Sur le premier dont on parle aujourd'hui il joue tous les instruments sauf la batterie, qu'il laisse à Dean Johnson - Poison Idea ou Pat Baum - Neo Boys.
Musicalement, Greg en solo propose une version acoustique des Wipers. Il avait tout compris avant les Unplugged de MTV. Du reste, à l'époque, il n'a pas eu le choix. En 1984/1985, les Wipers n'essuyaient plus.
Dès les premières notes du premier morceau-titre, on sait où on est. La voix de Greg provoque un déjà-vu, mais Straight Ahead, la chanson, a sa propre identité. Une fois absorbée, l'intro du morceau permet instantanément de reconnaître l'album, signe révélateur d'un fort caractère.
I know where I stand
But I don’t want to stand alone
There’s too much confusion
Oh, on this mountain stone
But you know when you reach out
You should never let go
Never let go
J'aime les surprises, les artistes qui surviennent là où on ne les attend pas. Amalie Bruun porte cette étiquette de métalleuse avec son groupe signé chez Relapse. Cette appartenance à un modèle artistique ne devait sans doute pas lui convenir et après deux disques qu'on peut qualifier de black metal (un ex-Mayhem dans son groupe), Amalie a dit stop.
Folkesange se glissera tout près des albums de Of The Wand And The Moon et Forseti. Calme, lunaire, nordique, elle appelle à la lande et aux lutins. La qualité de chant et de composition place ce disque dans mes favoris.
Si à l'écoute de Svea tu n'as pas été transporté sur un drakkar, frappé par les embruns, ce disque n'est peut-être pas pour toi.
Il se dégage un côté intemporel de l'album, je suis sûr que je pourrai le rejouer dans vingt ans, il n'aura pas pris une ride.
Mon histoire personnelle avec Adi Newton et Clock DVA a commencé avec un CD de The Anti Group Corporation, un side-project, que j'utilisais dans des sets techno pour ses ambiances lugubres et grinçantes. Plus tard j'ai découvert les différentes phases de son groupe majeur, Clock DVA.
On s'intéresse aujourd'hui à l'unique album de la seconde période, sans doute la plus accessible. Advantage ressemble à un album de Cabaret Voltaire ou de Psychic TV ou encore de Chris And Cosey. Il n'est ni radical, ni déconstruit comme les premiers disques, ni angulaire comme Thrist. Il s'écoute en 2026 comme un disque moderne, bien foutu, avec suffisamment d'accroches pour y retourner.
Deux singles ont été extraits de l'album à l'époque, Resistance et Breakdown. J'ai un faible pour les morceaux où la basse, souple, onctueuse, rappelle le meilleur de Japan et de Jah Wobble .
Le disque, tout comme son suivant Burial Dreams, n'a pas été repressé depuis la fin des années 80. Il se fait rare et donc précieux.
Le label Vinyl-on-demand a fait paraitre plusieurs disques en 2016. Ils couvrent la première période du groupe, tu sais, celle qui grince. (Phil)
Le duo français Die Form était très actif au milieu des années 80. Les albums se succédaient, produits en DIY absolu sur le label Bain Total. L'album Fetish en particulier me plait beaucoup. Il a été édité en 1986 en cassette puis en 1988 dans un format compilation en compagnie de Es Lebe Der Tod, un autre album sorti uniquement en cassette. Le label allemand Normal a rassemblé les deux albums, a ajouté des titres inédits de Poupée Mécanique, l'ensemble est paru sur un 3xLP / 2xCD devenu rare et cher. On y retrouve une musique électronique rappelant Laibach et Yello.
Comme d'habitude avec Die Form, le visuel est particulièrement soigné, mais comme tu peux l'entendre, la musique tient la route. La cinématique puissante qu'elle dégage me fait croire que c'est un groupe qui reçoit ou va recevoir des éloges tardifs des milieux autorisés, un jour. Si ça permet aux disques d'être réédités et accessibles...
Les morceaux de Es Lebe Der Tod méritent également toute ton attention, surtout si la belgitude persiste dans tes gênes. Je le trouve légèrement plus EBM que Fetish. La production parfaite me fait quand même regretter que ces deux albums n'aient pas fait l'objet d'une véritable version vinyle à l'époque. Le triple album fait le job pour ceux qui l'ont. Pour les autres, il existe plusieurs éditions CD qui le font bien. (Phil)
Aucun intérêt de présenter une liste des disques favoris quatre ans après n'est-ce pas ? A part se replonger dans le post-punk post-confinement...
Dans la série des disques-prêtés-jamais-revus, j'ai une pensée émue pour l'album éponyme de Liaisons Dangereuses. Le temps a passé et j'ai retrouvé cette semaine exactement la même copie.
Le trio n'a pas produit énormément en quantité mais son influence s'est vérifiée au fil d'interviews d'autres musiciens. En 1981, l'album préfigure un son froid, mécanique, poétique, à la fois minimal et puissant. El señor Haas poursuivra son chemin chez Deutsch Amerikanische Freundschaft. Le chanteur Krishna Goineau a multiplié les aventures musicales et se produit encore aujourd'hui. Beate Bartel a fondé un groupe de nanas, Matador, qui a fait trois albums. Leurs carrières solo montrent qu'ils avaient des aspirations différentes, c'est peut-être ce qui rend leur musique si riche.
Roadrunner avait édité cet album pour le Bénélux. Plus tard j'ai chopé des disques bien différents sur ce label. J'aurais aimé voir Liaisons Dangereuses au Dynamo fest !
La scène techno, en particulier celle de Detroit, a pu s'inspirer des morceaux déjantés du disque comme El Macho Y La Nena. Le thème au synthé semble extrait d'une production Underground Resistance ou Warp.
Réécouté attentivement au casque, en 2026, le disque n'a pas pris une ride. Pas comme moi. (Phil)
Das Kabinette, trio anglais, a enregistré entre 1983 et 1986 un album jamais édité. Leur seule production d'époque reste un 7" single. Je te parle même pas de la rareté du truc maintenant.
Le label Minimal Wave a compilé les enregistrements sur un album souvenir vingt ans plus tard, en 2008. On y trouve bien sûr l'inusable tube The Cabinet à l'ambiance étrangement Warm Leatherette. C'est un mystère pour moi que ce morceau ne soit pas devenu un tube instantanément à l'époque.
Les autres morceaux sont donc pour la plupart inédits. Je rapproche leur son de celui des groupes de la scène mancunienne, pas forcément du plus célèbre, mais plutôt des Dalek I, Crispy Ambulance, The Passage, etc.
Oublié de la liste des favoris P&C de 2020, le premier album de Human Figures revient plus souvent qu'à son tour sur la platine et appartient aux "invendables".
La première édition en cassette sur Pop Nihil passée sous la radar, c'est avec la version vinyle éditée en Espagne par Frigio et par l'excellent BFE recs mené par Joni Kosmos - Antiguo Régimen - qu'on a pris conscience de la beauté du truc.
Le groupe de gars tout seul - Daniel Holt - a réussi un prodige : faire du neuf avec du vieux. On pourra l'accuser faussement de plagiat ou de manque de créativité. Ce serait faire fi de la qualité des compositions, inspirées et marquantes, au niveau des favoris contemporains du genre comme Soft Kill.
Loin d'être un one-shot, cet album a connu plusieurs successeurs. Il reste de loin mon préféré dans la discographie. Un phénomène, complet du début à la fin, maniant le minimal et le dark, c'est tout ce qu'on demande. (Phil)
Ce mystérieux album paru en 1978 en Allemagne n'attire pas forcément le chaland. La pochette est moche, disons-le. Le logo invite au glam ou à des puissances gentiment hard-rock. Le disque sorti à l'âge d'or du disco entretient la confusion.
Leda n'est pas le nom de la sirène sur la pochette. En revanche, on retrouve bien un chant féminin, très envoutant. La musique elle-même est signée en grande partie par Peter Baumann de Tangerine Dream. Dépassé l'habillage, Leda se pose là. Le mélange de musique progressive et minimale rappelle à la fois Kraftwerk et Laurie Anderson. La modernité du truc me laisse sur le cul.
Je ne suis pas le seul à m'être aperçu de la beauté, le disque a finalement été réédité trente ans plus tard, en 2011. Il fait aujourd'hui partie des classiques secrets de la minimal wave. L'album est parsemé d'instrumentaux comme Space Ride.
Il aborde aussi des thématiques très en vogue à l'époque comme le future. Alors, entre Future et No Future, à toi de choisir.
Une paire de morceaux plus pop, pas forcément rédhibitoires, sillonnent le disque. L'ancêtre mérite un peu d'attention et une petite place dans la collection P&C. (Phil)
La première démo de Cold War, groupe anglais underground devenu culte, est parue en 1982. On y trouve quatre titres à cheval entre peace punk et post-punk, dans une veine Zounds, UK Decay et The Mob. Ou encore le Cure de Faith qui aurait eu des tendances Oï.
Les quelques morceaux parus entre 1982 et 1983 ont ensuite disparu dans la nature, refaisant surface sporadiquement, à la faveur de blogs renseignés. Il faut dire que les membres du groupe se sont dilués dans d'autres scènes, en particulier Chris Knowles, devenu producteur et DJ. Les labels Grow You Own recs et Ohne Grund schallplatten ont pris les choses en main en 2024, compilé onze morceaux sur un vinyle assorti d'un épais livret préfacé par Chris.
Joie de finalement pouvoir écouter autre chose que des mp3, cet LP me confirme que la réputation du groupe est absolument justifiée. Les quatre titres de la démo avaient été bien choisis à l'époque, ma préférence pour The Machinist et Cold World. Le reste est à l'avenant.
Le disque n'est malheureusement pas une intégrale, pas mal de morceaux de Irritional, la seconde cassette, n'y figurent pas. En revanche on trouve plusieurs inédits dont The Picture dont je ne me lasse pas.
Le disque limité à 220 copies est sorti sans faire de vagues malgré plusieurs excellentes chroniques. Je l'ai vu encore disponible dans des distros indépendantes, mais un disque de cette qualité finira par disparaitre des bacs tout comme les cassettes originales. (Phil)
Le sud de la France produit régulièrement des fruits gouteux. La liste est longue, Martin Dupont en tête de gondole si on veut. Parmi les étals, un disque sorti par le label La Forme Lente d'un obscur groupe toulousain dont je ne sais pas grand chose, Makina Girgir, se détache.
Torment, édité en 2016, a été repressé avec un nouveau visuel en 2024 par Other Voices, ce qui m'a donné l'occasion de mettre la main sur un album devenu rare dans sa version originale. La darkwave minimale qu'il contient sort largement du lot. J'ose une comparaison avec Martial Canterel ou John Maus, avec une touche européenne marquée.
J'imagine que les ombres de Visage et de Kraftwerk planent alentour, on voyage dans le temps, direction le début des 80's. Post-disco, pré-techno.
La production maitrisée, le vinyle envoie une dynamique puissante, à écouter au casque pour un plaisir maximum. Extraire trois morceaux pour cette page aurait pu relever du hasard tant l'album est complet.
Tu pourras aussi te délecter de leur autre disque qui me parait indispensable, la compilation Tape Songs, qui réunit leurs meilleurs morceaux parus sur des compilations confidentielles.
Concernant le label La Forme Lente, il semble avoir disparu. C'est bien dommage, dans les premières sorties il y a aussi l'album des suédois Bonjour Tristesse - On Not Knowing Who We Are, synth pop triste succulente.(Phil)
Ce disque a été composé et en partie enregistré à la fin des années 80. Il aurait dû s'agir du deuxième album de Parade Ground. Que nenni. C'est à la bonne volonté de Dirk Ivens - Klinik, Dive, Absolute Body Control - et son label Minimal Maximal qu'on doit la sortie de l'album vinyle en 2012. Le chouette label allemand Vuz, au catalogue mégadingo, s'est chargé du CD gavé de bonus.
On y trouve du Parade Ground dans le texte. EBM savamment mélodique, un peu sur le même territoire que 242 période Endless Riddance. L'album comporte un certain nombre d'étranges hits, propres à faire danser la faune.
Il me parait évident que A Day At The Park finira sur leur best-of. Le morceau revient facilement dans une playlist. D'une manière générale, The 15th Floor est moins aventureux que ceux qu'ils ont produits par la suite et plus à l'image de la compilation The Hidden Side parue en 2025 chez Dark Entries.
Je termine la sélection avec un titre qui ne figure pas sur le LP, mais qui débute le CD. Ce dernier a encore des avantages bonus. Je mettrai tous les jours Entertain Me dans un best-of de Parade Ground. Il me semble bien qu'ils l'ont joué lors du concert local récent - Merci Cilou ! (Phil)
Incorporons un zeste d'Egg Punk à notre culture. Powerplant sortait en 2019 une cassette, tirage timide au départ, suivie par moult rééditions vinyles puis repressages. L'intérêt ne se démentira pas.
Le gars Theo Zhykharyev figure tout seul à produire son mélange synth-punk sauce egg, genre pourtant mille fois exploré, mais ici rafraîchi avec classe et goût.
Je pense pas mal à Young Governor - aka Young Guv - quand j'écoute ce disque. Fraîcheur, décontraction, morve au nez, badges au vent. De Hidden Love à True Love.
L'album, douze chansons, passe à la vitesse de l'éclair et s'écoute bien en mode repeat. Je cherche la faille, pas de titre faiblard - filler - sur le disque, que du doux et de l'agréable joué parfois en mode speed.
People In the Sun n'est pas une chanson sur la canicule, mais plutôt sur la différence. Enfin, c'est ce que je crois comprendre.
Note que Powerplant vient de sortir un nouvel album intitulé Bridge Of Sacrifice, qui m'a l'air plus sophistiqué. Le temps de le digérer, on en reparle. (Phil)