dimanche 20 septembre 2026

Dolina – Disappear

Il s'est passé quinze ans entre le premier album éponyme, joyau minimal franco-belge devenu introuvable, et ce second album. En 2025, le groupe est devenu un duo : Najah et Daniel "Dasz" Kowalski, sans le troisième comparse. 

De manière surprenante, l'album est paru uniquement en cassette. Quand on connait l'engouement pour le premier album, le choix est étonnant - si c'est un choix. Bref. La cassette reste un support de qualité si les conditions sont réunies, exactement comme les autres supports d'ailleurs.

Sur ce disque, la musique m'évoque à la fois Heimat et Clan Of Xymox. Les arrangements fins et intelligents tiennent la comparaison avec Automelodi. 



Raquel García López a réalisé le premier clip extrait de l'album, une histoire de vampires montée à rebours. Je ne m'en lasse pas.

J'aime aussi beaucoup le premier morceau Alla Notte, avec sa touche IDM façon Polygon Windows. 


Le sieur Dasz s'occupait autrefois avec Ame De Boue, génial solo band à l'infinie sombritude. On retrouve ces mêmes touches dans des morceaux comme The Edge Of Myself.

Ame De Boue n'a pas fait de disque depuis 2020, espérons que ça ne soit qu'une pause.


La première édition de Disappear est parue dans une version ultra limitée. Gageons qu'elle sera sold out dans un court délai et, peut-être, extrêmement recherchée dans quelques années. (Phil)



samedi 19 septembre 2026

Greg Sage – Straight Ahead

Enregistré entre Over The Edge (1983) et Land Of The Lost (1986), Straight Ahead, s'il ne porte pas le logo Wipers, en garde carrément la classe. Je ne te fais pas l'affront de présenter Greg Sage. C'est une figure. Il a fait deux albums solo. Sur le premier dont on parle aujourd'hui il joue tous les instruments sauf la batterie, qu'il laisse à Dean Johnson - Poison Idea ou Pat Baum - Neo Boys. 

Musicalement, Greg en solo propose une version acoustique des Wipers. Il avait tout compris avant les Unplugged de MTV. Du reste, à l'époque, il n'a pas eu le choix. En 1984/1985, les Wipers n'essuyaient plus.

 

Dès les premières notes du premier morceau-titre, on sait où on est. La voix de Greg provoque un déjà-vu, mais Straight Ahead, la chanson, a sa propre identité. Une fois absorbée, l'intro du morceau permet instantanément de reconnaître l'album, signe révélateur d'un fort caractère.


En douze morceaux, on fait le tour de la banlieue de Portland qu'on termine face à l'océan, avec World Without Fear, une chanson hippie très réussie. 

I know where I stand
But I don’t want to stand alone
There’s too much confusion
Oh, on this mountain stone
But you know when you reach out
You should never let go
Never let go


Le disque a connu plusieurs éditions, certaines récentes. Il se trouve encore à des prix très corrects et même neuf pour celle de 2018. Il fait toujours figure de boussole dans la galaxie P&C. (Phil)

 

 

vendredi 18 septembre 2026

Myrkur – Folkesange

J'aime les surprises, les artistes qui surviennent là où on ne les attend pas. Amalie Bruun porte cette étiquette de métalleuse avec son groupe signé chez Relapse. Cette appartenance à un modèle artistique ne devait sans doute pas lui convenir et après deux disques qu'on peut qualifier de black metal (un ex-Mayhem dans son groupe), Amalie a dit stop

Folkesange se glissera tout près des albums de Of The Wand And The Moon et Forseti. Calme, lunaire, nordique, elle appelle à la lande et aux lutins. La qualité de chant et de composition place ce disque dans mes favoris.



Si à l'écoute de Svea tu n'as pas été transporté sur un drakkar, frappé par les embruns, ce disque n'est peut-être pas pour toi. 

Il se dégage un côté intemporel de l'album, je suis sûr que je pourrai le rejouer dans vingt ans, il n'aura pas pris une ride.


L'album ne se contente pas d'un ou deux bons morceaux, il est convaincant de bout en bout. On le trouve encore à des prix raisonnables, certaines version commencent à valoir leur poids en guinées. (Phil)
 

 

 

 



mercredi 16 septembre 2026

Clock DVA – Advantage

Mon histoire personnelle avec Adi Newton et Clock DVA a commencé avec un CD de The Anti Group Corporation, un side-project, que j'utilisais dans des sets techno pour ses ambiances lugubres et grinçantes. Plus tard j'ai découvert les différentes phases de son groupe majeur, Clock DVA.

On s'intéresse aujourd'hui à l'unique album de la seconde période, sans doute la plus accessible. Advantage ressemble à un album de Cabaret Voltaire ou de Psychic TV ou encore de Chris And Cosey. Il n'est ni radical, ni déconstruit comme les premiers disques, ni angulaire comme Thrist. Il s'écoute en 2026 comme un disque moderne, bien foutu, avec suffisamment d'accroches pour y retourner.



Deux singles ont été extraits de l'album à l'époque, Resistance et Breakdown. J'ai un faible pour les morceaux où la basse, souple, onctueuse, rappelle le meilleur de Japan et de Jah Wobble .


Le disque, tout comme son suivant Burial Dreams, n'a pas été repressé depuis la fin des années 80. Il se fait rare et donc précieux. 

Le label Vinyl-on-demand a fait paraitre plusieurs disques en 2016. Ils couvrent la première période du groupe, tu sais, celle qui grince. (Phil)


mardi 15 septembre 2026

Die Form – Archives & Doküments

Le duo français Die Form était très actif au milieu des années 80. Les albums se succédaient, produits en DIY absolu sur le label Bain Total. L'album Fetish en particulier me plait beaucoup. Il a été édité en 1986 en cassette puis en 1988 dans un format compilation en compagnie de Es Lebe Der Tod, un autre album sorti uniquement en cassette. Le label allemand Normal a rassemblé les deux albums, a ajouté des titres inédits de Poupée Mécanique, l'ensemble est paru sur un 3xLP / 2xCD devenu rare et cher. On y retrouve une musique électronique rappelant Laibach et Yello.



Comme d'habitude avec Die Form, le visuel est particulièrement soigné, mais comme tu peux l'entendre, la musique tient la route. La cinématique puissante qu'elle dégage me fait croire que c'est un groupe qui reçoit ou va recevoir des éloges tardifs des milieux autorisés, un jour. Si ça permet aux disques d'être réédités et accessibles...


Les morceaux de Es Lebe Der Tod méritent également toute ton attention, surtout si la belgitude persiste dans tes gênes. Je le trouve légèrement plus EBM que Fetish. La production parfaite me fait quand même regretter que ces deux albums n'aient pas fait l'objet d'une véritable version vinyle à l'époque. Le triple album fait le job pour ceux qui l'ont. Pour les autres, il existe plusieurs éditions CD qui le font bien. (Phil)







dimanche 13 septembre 2026

2022 adorables

Aucun intérêt de présenter une liste des disques favoris quatre ans après n'est-ce pas ? A part se replonger dans le post-punk post-confinement...

 


A Blaze Colour – Against The Dark Trees Beyond (OnderStroom)


OK, ce sont des enregistrements anciens mais cette compilation mérite d'être saluée comme il se doit, le "chainon manquant" entre early F242 et T21. Peut-on faire plus P&C que A Blaze Colour ?



Straw Man Army – SOS (D4MT, La Vida Es Un Mus)


On a parlé de ce disque il y a quelques semaines dans ces pages. Post-punk classique, bien senti.



Geier Aus Stahl – Strapazen und Genesung (Knekelhuis)


Le projet de Leonard Prochazka ressemble à de d'IDM : techno froide, avec des bribes de voix qui collent à la musique. Le genre peut vite être pompeux, servir des textes un peu pourris. Ici, je me régale. Elodie Passion triste me l'avait fait découvrir, je reviens dessus régulièrement avec le même plaisir.



Parking Dance – Gloom Parasite (Icy Cold)


Le dernier disque en date du projet solo de Matthieu Bonnecuelle pourra te rappeler Jessica 93 (on doit souvent lui dire). C'était une excellente surprise à l'époque. Paru uniquement en CD, il mérite aussi qu'on s'y attarde.



Guided By Voices – Tremblers And Goggles By Rank (Guided By Voices Inc.) 



Un certain nombre de groupes dinosaures ont sorti un album en 2022. Peu méritent d'après moi d'être mentionnés. GBV fait office d'exception, Temblers And Goggles By Rank sonne par moment comme du Wire récent couplé à la voix miraculeuse de Robert Pollard.



This Cold Night – Are We Not Immortal Yet​?​? (Young And Cold)


Chase Morledge est revenu en 2022 avec un second album physique, lui qui aime à multiplier les éditions numériques. Ce disque ne m'a pas bousculé comme le premier, en tous cas pas au départ. Au fil des écoutes, j'y ai quand même repéré des morceaux scotchants.



Jan Van den Broeke – Time And Desire (EE Tapes)


Son nom ne te dit peut-être rien mais le gars officiait au siècle dernier dans un obscur combo belge nommé The Misz - adorable minimal wave - et j'ai beaucoup aimé son disque solo paru en 2022. Certes foutraque, il s'y dégage de belles ambiances et des chaloupes soyeuses.



Second Planet – Rückwärts - Backwards (Hertz-Schrittmacher, Kernkrach)


Il faut deviner derrière cette pochette anonyme ou presque que se cache un album qui rassemble, remastérisés, une dizaine d'années de musique créée par Danilo Roost. Il n'y a donc ici que du bon son, pas gras pour un sou. Si Das Kabinette te cause, faut pas te gêner.



Brannten Schnüre – Das Glück Vermeiden (Quirlschlängle)


Écouter du Brannten Schnüre en 2026 relève de l'exploit. Invisible en streaming, sold out en format physique, ça vaut pourtant la peine de s'y consacrer si tu aimes les collages entre folk et indus minimal. Les disques sont distribués par un label belge, Aguirre, assez dynamique. Espérons des rééditions, le dernier en date, Landschaft Aus Tränen, est également superbe.


Die Welttraumforscher – Liederbuch (Bureau B)


Plus de trente albums sous le coude, Die Welttraumforscher fait partie de ses quelques dinosaures à avoir produit un disque intéressant selon moi en 2022. Les Suisses ont enregistré d'une petite vingtaine de titres, finement ciselés. Il me semble qu'une comparaison avec les disques solo de Peter Jefferies n'est pas complètement inappropriée. 
 
 
Current 93 – If A City Is Set Upon A Hill (HomAleph)
 

Autre dinosaure inspiré en 2022, David Tibet arpente à nouveau la galaxie. If A City... est certes moins génial que The Light Is Leaving Us All, il s’essouffle à mi-parcours mais contient de pures perles. Tu sais sans doute déjà si ce disque est pour toi.
 

 
The Serfs – Primal Matter (Dream)


Le premier album Sounds Of Serfdom m'avait convaincu, le second opus évolue vers le garage avec une touche egg punk plus marquée. Top qualité comme d'habitude avec la clique de Cincinnati. J'imagine que tu suis aussi les autres groupes des membres de The Serfs : The Drin et Crime Of Passing.


Deux – Golden Dreams (Minimal Wave)


Pas vraiment une nouveauté, mais ce 12" est un de mes disques préférés de 2022. Le groupe de Gérard Pelletier (RIP) et Cati Tête fait partie de cette scène française synth-pop assez peu commerciale et qui reçoit une reconnaissance internationale sur le tard. Note qu'une compilation CD est disponible.



Smirk – Material (Feel It)


Nick Vicario est une figure de la scène DIY, il a joué dans une myriade de groupes (Autistic Youth...) et je suis particulièrement ce qu'il fait avec Smirk. Ça sonne comme du Touch&Go, déjanté, rythmé, cool. Les autres disques me plaisent aussi, le nouvel album Speculative Fiction vient de sortir.



The Secret French Postcards – Life Got Claws (Cold Transmission)


Découvert à travers ce quatrième album le duo suédois s'inscrit dans une lignée que j'aime beaucoup, récemment reprise avec brio (c'est une expression) par Branches, Drab Majesty et Traitrs. Shoegaze dream pop cold, à toi de voir. 
 


Left For Pleasure – Human Contract (Detriti)


Le label Detriti était en pleine bourre en 2022. Dans ses bacs, un duo allemand qui me rappelle furieusement The Passions et I'm In Love With A German Film Star. Le disque est inégal mais vaut le coup d'oreille. Il a eu un petit frère en 2025 chez Young & Cold.



Lisieux – Abide! (Throatruiner)



Un disque dans la continuité du précédent, Psalms Of Dereliction, que j'avais beaucoup aimé, Abide! voit Lisieux changer de crèmerie, il est paru sur un label plutôt spécialisé post-hardcore. La musique de Lisieux me rappelle celle d'autres sudistes, Rien Virgule : inattendue, tour à tour puissante et délicate, inspirée.


Mitra Mitra - Hands Remain (Polytechnic Youth)



A mon goût un ton en dessous des deux albums précédents, Hands Remain se glisse confortablement, comme un Anne Clark. La réalisation est impeccable, elle prend toute son ampleur au casque ou sur une hi-fi plein tube. Le nouvel album Glassy Tears est paru il y a quelques mois.


Tuelipe – Mono Game (Maudit Tangue)


Le projet underground par essence, une nana seule qui présente son premier (et depuis unique) album à la face du monde. L'esprit Kas Product / Madmoizel prédomine : synthétique, sombre, dansant. Le disque est passé sous le radar de pas mal de gens semble-t-il, mais il a tout pour devenir un classique.



Jimmy Smack – Death Is Certain (Knekelhuis)



La liste se termine comme elle a commencé, par une compilation d'un groupe disparu. Jimmy Smack était un performer de la scène des caves de Los Angeles au début des années 80. Il marchait dans les pas de Suicide, sa musique est ultra minimale et cette archive signée par le label néerlandais Knekelhuis trouvera sa place sur tes étagères.



That's all folks! (Phil)







 

samedi 12 septembre 2026

Liaisons Dangereuses – Liaisons Dangereuses

Dans la série des disques-prêtés-jamais-revus, j'ai une pensée émue pour l'album éponyme de Liaisons Dangereuses. Le temps a passé et j'ai retrouvé cette semaine exactement la même copie. 

Le trio n'a pas produit énormément en quantité mais son influence s'est vérifiée au fil d'interviews d'autres musiciens. En 1981, l'album préfigure un son froid, mécanique, poétique, à la fois minimal et puissant. El señor Haas poursuivra son chemin chez Deutsch Amerikanische Freundschaft. Le chanteur Krishna Goineau a multiplié les aventures musicales et se produit encore aujourd'hui. Beate Bartel a fondé un groupe de nanas, Matador, qui a fait trois albums. Leurs carrières solo montrent qu'ils avaient des aspirations différentes, c'est peut-être ce qui rend leur musique si riche.




Roadrunner avait édité cet album pour le Bénélux. Plus tard j'ai chopé des disques bien différents sur ce label. J'aurais aimé voir Liaisons Dangereuses au Dynamo fest !


La scène techno, en particulier celle de Detroit, a pu s'inspirer des morceaux déjantés du disque comme El Macho Y La Nena. Le thème au synthé semble extrait d'une production Underground Resistance ou Warp.


Réécouté attentivement au casque, en 2026, le disque n'a pas pris une ride. Pas comme moi. (Phil)