vendredi 21 août 2026

Blaine L. Reininger – Night Air

Connu pour avoir fondé en 1977 Tuxedomoon, groupe pionnier de la scène de San Fransisco, Blaine L. Reiniger a ensuite posé ses valises en Europe, commencé une carrière solo avec l'album Broken Fingers, très Bowie (période Low), avant en 1984 de sortir un disque plus électronique, Night Air, sur le respectable label belge Les Disques Du Crépuscule. Cette longue phrase pour décrire comment passer, en sept ans, d'un post-punk angulaire à une new wave avant-garde.




Les voix de Blaine Reiniger et celle de Bowie se ressemblent, je trouve. Je ne sais pas s'ils ont eu l'occasion de se croiser. 
En studio, du beau monde : son compère Steven Brown (Tuxedomoon), Gilles Martin (Crammed Discs), Gareth Jones (ingé pour John Foxx, Depeche Mode, Fad Gadget, Ministry...), il semble que Blaine se soit occupé de tous les instruments.


Les disques de Reiniger et de Tuxedomoon en général restent accessibles, à quelques exceptions comme les versions originales de No Tears. Tout ce qu'ils ont produit dans les années 80 est à mon goût. 
Installé en Grèce, Blaine L. Reiniger continue à enregistrer et à sortir des disques. Ghost Festival est paru en 2024 sur Klanggalerie, label autrichien. Je m'aperçois en écrivant cette page qu'un autre album est sorti depuis. Le gars est habité. (Phil)





jeudi 20 août 2026

Joy Of Life – Hear The Children

Longtemps resté confidentiel, le groupe de Gary Carey reçoit enfin la reconnaissance méritée. Il suffit de constater le prix de cet album en occasion. Le savant mélange post-punk / musique industrielle somewhere entre Joy Division et Death In June y est sans doute pour quelque chose. Très anglais, les accents folk se diffusent dans une musique litanique, plus ou moins rythmée.



Le disque, comme son prédécesseur, est fondu dans un bloc de mélancolie. Noir mat, absorbe la lumière, guerrier.


Alone et Hear The Children ont été compilés en CD au siècle dernier par Hyperium. Cette version n'est plus vraiment une bonne affaire, les prix se sont également envolés. Il est grand temps de donner à ce classique une réédition. Je signe la pétition. (Phil)



mercredi 19 août 2026

Zephyr Lake – Pure Vow

Le premier album des Barcelonais de Zephyr Lake date de 2012. Il est paru sur un label associé à la scène DIY catalane, Boston Pizza Recs et se trouve en téléchargement libre. Une fois encore, la pochette ne donne pas vraiment d'indication sur le contenu. En réalité, c'est un disque peinard et mélodique. L'inspiration puisée dans les courants shoegaze façon Dinosaur Jr remplit tout le disque.




Au-delà des inflexions Mascisiennes, Zephyr Lake respire l'air frais du Pacifique et de la scène d'Olympia, WA. Si des noms comme Milk Music ou Wipers résonnent comme miel à tes oreilles, ici tu fonceras.


Certains tons de voix me font penser à Dylan et son nasillement, certes moins prononcé. J'aime cette production naturelle, presque Live. Sans être véritablement tubesque, le disque t'emmène à sa façon. 

Cet album conservé sur l'étagère, réécouté curieusement de temps à autre, se trouve encore disponible à un prix très abordable. Il n'est pas question de ne parler que des merveilles qui valent un bras ou de futures belles cotes du copain Discogs. Tu sais qu'il y a encore dans les bacs de chouettes galettes plus accessibles qui n'attendent que toi.


Le groupe a depuis sorti plusieurs EP puis un second album Feel The Flesh en 2021. Il a depuis disparu des radars, peut-être emporté par sa popularité... (Phil)




mardi 18 août 2026

Drew Schlesinger – Radar Echoes

Au pays merveilleux des archives perdues, certains font un boulot de dingue pour faire renaitre des bijoux antiques. Kernkrach, label et magasin spécialisé en Vinyl, Minimal, Synth, Wave, basé en Indüstrieland pas loin de Dortmünd, signe régulièrement des productions notables. L'album du New-Yorkais Drew Schlesinger fait partie de mes favoris.


Prépare tes hanches, ça groove sec dès le second morceau, In The Heat, killer de dancefloor. Le morceau parfait pour DJ Fantôme.

Tu pourras faire une comparaison avec tout un tas d'artistes de l'époque, Numan en tête, Iron Curtain aussi, et à New York le plus souterrain Richard Bone. Minimal, presque minéral, dansant à souhait.


What are you going to do,
What are you going to say,
When your world is old and grey,
What are you going to do tomorrow...

I know, you know,
I know, you know

Tous les enregistrements datent de 1981 et 1982. Je ne sais pas comment s'est faite la sélection des morceaux sur cet album. Je constate simplement qu'elle respire le bon goût electro et, comme d'hab', je te conseille de ne pas te contenter du streaming car un super boulot de mastering a été fait, le vinyle sonne clair et fort. Il est encore disponible à un prix abordable, ça ne devrait pas durer. Je pressens qu'il passera rapidement la barre des cent balles.



The user won't set you free. (Phil)



dimanche 16 août 2026

Ordo Rosarius Equilibrio – Make Love, And War (The Wedlock Of Roses)

Après trois albums sympathiques édités par Cold Meat Industry dans les années 90, Tomas Pettersson a fait évoluer Ordo Equilibrio vers Ordo Rosarius Equilibrio. La différence est subtile, tout comme la musique de ce groupe même si la pochette peut laisser penser le contraire.


Make Love, And War (The Wedlock Of Roses), paru en 2000,  se compare facilement au Windzeit de Forseti ou, plus près de nous, à :Of The Wand And The Moon:. Tragique, martial, prenant.

Certains morceaux du disque comme Passing Eyes In Mimer's Well s'approchent de la perfection du maitre Douglas P. La ressemblance confondante m'interpelle positivement, le clonage n'est pas stérile, j'apprécie.


La version vinyle devient rare, il te sera probablement moins couteux de te choper une version CD. C'est ce que j'ai fait. Espérons que le label-zombie revenu à la vie Cold Meat Industry réédite le backcatalogue. (Phil)




mardi 11 août 2026

The Enchanted Wood – Monster Parade

The Enchanted Wood s'inscrit dans une grande lignée Cabaret, option murder ballads. Ce second album des Rennais est réalisé en instruments acoustiques qui lui donnent un côté folk pas dégueu. 

Ça ne suffit pas à faire un bon disque, encore faut-il avoir de bonnes chansons. Point de souci : les compos signées Michel Le Faou sont excellentes. De quoi rejouer le disque encore et encore, à mon humble avis.


L'ambiance du disque me rappelle les films de Jarmush. Un peu paumé, un peu sauvage, souvent désespéré, parfois lumineux, dès le second morceau Children Of Solitude on devine le chemin.

Tu ne seras donc pas surpris d'entendre que The Enchanted Wood a participé à un ciné-concert autour du Frankenstein de James Whale (1931), avec l'emblématique Boris Karloff, incarnation définitive du personnage. Je ne sais pas s'il y a un rapport avec cette chanson Death To My Neighbour sur les querelles de voisinage.

L'album enchaine avec justesse les perles mélodiques. Elles se greffent direct dans le cerveau, comme si elles avaient toujours été là. J'ai déjà comparé ce disque, qui date déjà de 2012, à une certaine époque de Nick Cave, je pourrais ajouter aux références Rozz Williams & Gitane Demone – Dream Home Heartache et The Sterling Sisters – Hale

Une partie du groupe joue aussi dans Lonsai Maïkov, à la discographie longue comme la bras. T'y plonger devrait t'occuper toute une journée.
Je signale aussi que le disque se trouve toujours dans la boutique incroyable de Steelwork Maschine, y compris dans un bundle coolos. (Phil)





vendredi 7 août 2026

Bauhaus – The Sky's Gone Out

L'aventure Bauhaus a duré cinq ans, de 1978 à 1983, une période courte pour laisser une empreinte profonde et singulière. Bauhaus, c'est une pierre angulaire de l'esthétique goth


La discographie impeccable a déjà été abordée ici plusieurs fois : 4 albums avant 1984, les deux premiers plus bruts, les deux suivants plus sophistiqués. La suite, les reformations sont anecdotiques pour moi. 
The Sky's Gone Out, troisième dans la lignée, se révélait comme un album de "rupture" vis-à-vis de ses prédécesseurs . Il annonçait la couleur avec le choix artistique peu conventionnel d'une reprise, Third Uncle de Brian Eno, pour démarrer le disque. Il est hanté par les 70's, j'y retrouve du King Crimson façon In The Wake Of Poseidon et ses atmosphères orageuses, du Bowie façon Low, entre autres. 


Oh classic gentlemen
Say your prayers
To the wind, of prostitution
To your faces, and Rex complexes
Riddle my breast
Full of the oppressed puss

Oh gentlemen, with your fish
That you surround, all around
And you man, will always point
Your fishes, at me

But I will always exist
Because I always exist
Damn good too

The rat race begins
The fat face stings
I hold the fresh pink baby
With a smile
I slice off those rosy cheeks
Because I feel so thirsty

And Oedipus Rex complexes
...riddle my closed bloated breast


Que le groupe sonne parfois un peu trop Bowie comme sur Silent Hedges n'appelle aujourd'hui plus aucune critique, dans notre époque où le recyclage est roi. Le disque résonne somptueusement, de titres en titres, sans temps mort. 


Le morceau Spirit a été réenregistré pour l'album dans une version plus froide. Le curieux que tu es iras comparer avec la version single parue en 1982. Puis tu retourneras écouter The Sky's Gone Out en entier juste pour le plaisir. (Phil)