dimanche 13 septembre 2026

2022 adorables

Aucun intérêt de présenter une liste des disques favoris quatre ans après n'est-ce pas ? A part se replonger dans le post-punk post-confinement...

 


A Blaze Colour – Against The Dark Trees Beyond (OnderStroom)


OK, ce sont des enregistrements anciens mais cette compilation mérite d'être saluée comme il se doit, le "chainon manquant" entre early F242 et T21. Peut-on faire plus P&C que A Blaze Colour ?



Straw Man Army – SOS (D4MT, La Vida Es Un Mus)


On a parlé de ce disque il y a quelques semaines dans ces pages. Post-punk classique, bien senti.



Geier Aus Stahl – Strapazen und Genesung (Knekelhuis)


Le projet de Leonard Prochazka ressemble à de d'IDM : techno froide, avec des bribes de voix qui collent à la musique. Le genre peut vite être pompeux, servir des textes un peu pourris. Ici, je me régale. Elodie Passion triste me l'avait fait découvrir, je reviens dessus régulièrement avec le même plaisir.



Parking Dance – Gloom Parasite (Icy Cold)


Le dernier disque en date du projet solo de Matthieu Bonnecuelle pourra te rappeler Jessica 93 (on doit souvent lui dire). C'était une excellente surprise à l'époque. Paru uniquement en CD, il mérite aussi qu'on s'y attarde.



Guided By Voices – Tremblers And Goggles By Rank (Guided By Voices Inc.) 



Un certain nombre de groupes dinosaures ont sorti un album en 2022. Peu méritent d'après moi d'être mentionnés. GBV fait office d'exception, Temblers And Goggles By Rank sonne par moment comme du Wire récent couplé à la voix miraculeuse de Robert Pollard.



This Cold Night – Are We Not Immortal Yet​?​? (Young And Cold)


Chase Morledge est revenu en 2022 avec un second album physique, lui qui aime à multiplier les éditions numériques. Ce disque ne m'a pas bousculé comme le premier, en tous cas pas au départ. Au fil des écoutes, j'y ai quand même repéré des morceaux scotchants.



Jan Van den Broeke – Time And Desire (EE Tapes)


Son nom ne te dit peut-être rien mais le gars officiait au siècle dernier dans un obscur combo belge nommé The Misz - adorable minimal wave - et j'ai beaucoup aimé son disque solo paru en 2022. Certes foutraque, il s'y dégage de belles ambiances et des chaloupes soyeuses.



Second Planet – Rückwärts - Backwards (Hertz-Schrittmacher, Kernkrach)


Il faut deviner derrière cette pochette anonyme ou presque que se cache un album qui rassemble, remastérisés, une dizaine d'années de musique créée par Danilo Roost. Il n'y a donc ici que du bon son, pas gras pour un sou. Si Das Kabinette te cause, faut pas te gêner.



Brannten Schnüre – Das Glück Vermeiden (Quirlschlängle)


Écouter du Brannten Schnüre en 2026 relève de l'exploit. Invisible en streaming, sold out en format physique, ça vaut pourtant la peine de s'y consacrer si tu aimes les collages entre folk et indus minimal. Les disques sont distribués par un label belge, Aguirre, assez dynamique. Espérons des rééditions, le dernier en date, Landschaft Aus Tränen, est également superbe.


Die Welttraumforscher – Liederbuch (Bureau B)


Plus de trente albums sous le coude, Die Welttraumforscher fait partie de ses quelques dinosaures à avoir produit un disque intéressant selon moi en 2022. Les Suisses ont enregistré d'une petite vingtaine de titres, finement ciselés. Il me semble qu'une comparaison avec les disques solo de Peter Jefferies n'est pas complètement inappropriée. 
 
 
Current 93 – If A City Is Set Upon A Hill (HomAleph)
 

Autre dinosaure inspiré en 2022, David Tibet arpente à nouveau la galaxie. If A City... est certes moins génial que The Light Is Leaving Us All, il s’essouffle à mi-parcours mais contient de pures perles. Tu sais sans doute déjà si ce disque est pour toi.
 

 
The Serfs – Primal Matter (Dream)


Le premier album Sounds Of Serfdom m'avait convaincu, le second opus évolue vers le garage avec une touche egg punk plus marquée. Top qualité comme d'habitude avec la clique de Cincinnati. J'imagine que tu suis aussi les autres groupes des membres de The Serfs : The Drin et Crime Of Passing.


Deux – Golden Dreams (Minimal Wave)


Pas vraiment une nouveauté, mais ce 12" est un de mes disques préférés de 2022. Le groupe de Gérard Pelletier (RIP) et Cati Tête fait partie de cette scène française synth-pop assez peu commerciale et qui reçoit une reconnaissance internationale sur le tard. Note qu'une compilation CD est disponible.



Smirk – Material (Feel It)


Nick Vicario est une figure de la scène DIY, il a joué dans une myriade de groupes (Autistic Youth...) et je suis particulièrement ce qu'il fait avec Smirk. Ça sonne comme du Touch&Go, déjanté, rythmé, cool. Les autres disques me plaisent aussi, le nouvel album Speculative Fiction vient de sortir.



The Secret French Postcards – Life Got Claws (Cold Transmission)


Découvert à travers ce quatrième album le duo suédois s'inscrit dans une lignée que j'aime beaucoup, récemment reprise avec brio (c'est une expression) par Branches, Drab Majesty et Traitrs. Shoegaze dream pop cold, à toi de voir. 
 


Left For Pleasure – Human Contract (Detriti)


Le label Detriti était en pleine bourre en 2022. Dans ses bacs, un duo allemand qui me rappelle furieusement The Passions et I'm In Love With A German Film Star. Le disque est inégal mais vaut le coup d'oreille. Il a eu un petit frère en 2025 chez Young & Cold.



Lisieux – Abide! (Throatruiner)



Un disque dans la continuité du précédent, Psalms Of Dereliction, que j'avais beaucoup aimé, Abide! voit Lisieux changer de crèmerie, il est paru sur un label plutôt spécialisé post-hardcore. La musique de Lisieux me rappelle celle d'autres sudistes, Rien Virgule : inattendue, tour à tour puissante et délicate, inspirée.


Mitra Mitra - Hands Remain (Polytechnic Youth)



A mon goût un ton en dessous des deux albums précédents, Hands Remain se glisse confortablement, comme un Anne Clark. La réalisation est impeccable, elle prend toute son ampleur au casque ou sur une hi-fi plein tube. Le nouvel album Glassy Tears est paru il y a quelques mois.


Tuelipe – Mono Game (Maudit Tangue)


Le projet underground par essence, une nana seule qui présente son premier (et depuis unique) album à la face du monde. L'esprit Kas Product / Madmoizel prédomine : synthétique, sombre, dansant. Le disque est passé sous le radar de pas mal de gens semble-t-il, mais il a tout pour devenir un classique.



Jimmy Smack – Death Is Certain (Knekelhuis)



La liste se termine comme elle a commencé, par une compilation d'un groupe disparu. Jimmy Smack était un performer de la scène des caves de Los Angeles au début des années 80. Il marchait dans les pas de Suicide, sa musique est ultra minimale et cette archive signée par le label néerlandais Knekelhuis trouvera sa place sur tes étagères.



That's all folks! (Phil)







 

samedi 12 septembre 2026

Liaisons Dangereuses – Liaisons Dangereuses

Dans la série des disques-prêtés-jamais-revus, j'ai une pensée émue pour l'album éponyme de Liaisons Dangereuses. Le temps a passé et j'ai retrouvé cette semaine exactement la même copie. 

Le trio n'a pas produit énormément en quantité mais son influence s'est vérifiée au fil d'interviews d'autres musiciens. En 1981, l'album préfigure un son froid, mécanique, poétique, à la fois minimal et puissant. El señor Haas poursuivra son chemin chez Deutsch Amerikanische Freundschaft. Le chanteur Krishna Goineau a multiplié les aventures musicales et se produit encore aujourd'hui. Beate Bartel a fondé un groupe de nanas, Matador, qui a fait trois albums. Leurs carrières solo montrent qu'ils avaient des aspirations différentes, c'est peut-être ce qui rend leur musique si riche.




Roadrunner avait édité cet album pour le Bénélux. Plus tard j'ai chopé des disques bien différents sur ce label. J'aurais aimé voir Liaisons Dangereuses au Dynamo fest !


La scène techno, en particulier celle de Detroit, a pu s'inspirer des morceaux déjantés du disque comme El Macho Y La Nena. Le thème au synthé semble extrait d'une production Underground Resistance ou Warp.


Réécouté attentivement au casque, en 2026, le disque n'a pas pris une ride. Pas comme moi. (Phil)






vendredi 11 septembre 2026

Das Kabinette – Spy Thriller

Das Kabinette, trio anglais, a enregistré  entre 1983 et 1986 un album jamais édité. Leur seule production d'époque reste un 7" single. Je te parle même pas de la rareté du truc maintenant.

Le label Minimal Wave a compilé les enregistrements sur un album souvenir vingt ans plus tard, en 2008. On y trouve bien sûr l'inusable tube The Cabinet à l'ambiance étrangement Warm Leatherette. C'est un mystère pour moi que ce morceau ne soit pas devenu un tube instantanément à l'époque. 


 

Les autres morceaux sont donc pour la plupart inédits. Je rapproche leur son de celui des groupes de la scène mancunienne, pas forcément du plus célèbre, mais plutôt des Dalek I, Crispy Ambulance, The Passage, etc.


Je me dis que si tu apprécies Graham Lewis et ses projets en dehors de Wire, soit tu connais déjà Das Kabinette, soit ça pourrait te plaire. En attendant un nouveau pressage, il te faudra mettre un petit billet pour poser les oreilles sur le disque. Il est sold out depuis un moment et ne se trouve plus que d'occasion. (Phil)


 

 

mercredi 9 septembre 2026

Human Figures – Footsteps

Oublié de la liste des favoris P&C de 2020, le premier album de Human Figures revient plus souvent qu'à son tour sur la platine et appartient aux "invendables".

La première édition en cassette sur Pop Nihil passée sous la radar, c'est avec la version vinyle éditée en Espagne par Frigio et par l'excellent BFE recs mené par Joni Kosmos - Antiguo Régimen - qu'on a pris conscience de la beauté du truc. 



Le groupe de gars tout seul - Daniel Holt - a réussi un prodige : faire du neuf avec du vieux. On pourra l'accuser faussement de plagiat ou de manque de créativité. Ce serait faire fi de la qualité des compositions, inspirées et marquantes, au niveau des favoris contemporains du genre comme Soft Kill.


Loin d'être un one-shot, cet album a connu plusieurs successeurs. Il reste de loin mon préféré dans la discographie. Un phénomène, complet du début à la fin, maniant le minimal et le dark, c'est tout ce qu'on demande. (Phil)




mardi 8 septembre 2026

Leda – Welcome To Joyland

Ce mystérieux album paru en 1978 en Allemagne n'attire pas forcément le chaland. La pochette est moche, disons-le. Le logo invite au glam ou à des puissances gentiment hard-rock. Le disque sorti à l'âge d'or du disco entretient la confusion.

Leda n'est pas le nom de la sirène sur la pochette. En revanche, on retrouve bien un chant féminin, très envoutant. La musique elle-même est signée en grande partie par Peter Baumann de Tangerine Dream. Dépassé l'habillage, Leda se pose là. Le mélange de musique progressive et minimale rappelle à la fois Kraftwerk et Laurie Anderson. La modernité du truc me laisse sur le cul.



Je ne suis pas le seul à m'être aperçu de la beauté, le disque a finalement été réédité trente ans plus tard, en 2011. Il fait aujourd'hui partie des classiques secrets de la minimal wave. L'album est parsemé d'instrumentaux comme Space Ride.


Il aborde aussi des thématiques très en vogue à l'époque comme le future. Alors, entre Future et No Future, à toi de choisir.


Une paire de morceaux plus pop, pas forcément rédhibitoires, sillonnent le disque. L'ancêtre mérite un peu d'attention et une petite place dans la collection P&C. (Phil)





lundi 7 septembre 2026

Cold War – Illusion (The Complete Studio Sessions)

La première démo de Cold War, groupe anglais underground devenu culte, est parue en 1982. On y trouve quatre titres à cheval entre peace punk et post-punk, dans une veine Zounds, UK Decay et The Mob. Ou encore le Cure de Faith qui aurait eu des tendances .

Les quelques morceaux parus entre 1982 et 1983 ont ensuite disparu dans la nature, refaisant surface sporadiquement, à la faveur de blogs renseignés. Il faut dire que les membres du groupe se sont dilués dans d'autres scènes, en particulier Chris Knowles, devenu producteur et DJ. Les labels Grow You Own recs et Ohne Grund schallplatten ont pris les choses en main en 2024, compilé onze morceaux sur un vinyle assorti d'un épais livret préfacé par Chris.



Joie de finalement pouvoir écouter autre chose que des mp3, cet LP me confirme que la réputation du groupe est absolument justifiée. Les quatre titres de la démo avaient été bien choisis à l'époque, ma préférence pour The Machinist et Cold World. Le reste est à l'avenant.


Le disque n'est malheureusement pas une intégrale, pas mal de morceaux de Irritional, la seconde cassette, n'y figurent pas. En revanche on trouve plusieurs inédits dont The Picture dont je ne me lasse pas.


Le disque limité à 220 copies est sorti sans faire de vagues malgré plusieurs excellentes chroniques.  Je l'ai vu encore disponible dans des distros indépendantes, mais un disque de cette qualité finira par disparaitre des bacs tout comme les cassettes originales. (Phil)







dimanche 6 septembre 2026

Makina Girgir – Torment

Le sud de la France produit régulièrement des fruits gouteux. La liste est longue, Martin Dupont en tête de gondole si on veut. Parmi les étals, un disque sorti par le label La Forme Lente d'un obscur groupe toulousain dont je ne sais pas grand chose, Makina Girgir, se détache. 

Torment, édité en 2016, a été repressé avec un nouveau visuel en 2024 par Other Voices, ce qui m'a donné l'occasion de mettre la main sur un album devenu rare dans sa version originale. La darkwave minimale qu'il contient sort largement du lot. J'ose une comparaison avec Martial Canterel ou John Maus, avec une touche européenne marquée.



J'imagine que les ombres de Visage et de Kraftwerk planent alentour, on voyage dans le temps, direction le début des 80's. Post-disco, pré-techno.


La production maitrisée, le vinyle envoie une dynamique puissante, à écouter au casque pour un plaisir maximum. Extraire trois morceaux pour cette page aurait pu relever du hasard tant l'album est complet.

Tu pourras aussi te délecter de leur autre disque qui me parait indispensable, la compilation Tape Songs, qui réunit leurs meilleurs morceaux parus sur des compilations confidentielles. 

Concernant le label La Forme Lente, il semble avoir disparu. C'est bien dommage, dans les premières sorties il y a aussi l'album des suédois Bonjour Tristesse - On Not Knowing Who We Are, synth pop triste succulente.(Phil)