samedi 12 septembre 2026

Liaisons Dangereuses – Liaisons Dangereuses

Dans la série des disques-prêtés-jamais-revus, j'ai une pensée émue pour l'album éponyme de Liaisons Dangereuses. Le temps a passé et j'ai retrouvé cette semaine exactement la même copie. 

Le trio n'a pas produit énormément en quantité mais son influence s'est vérifiée au fil d'interviews d'autres musiciens. En 1981, l'album préfigure un son froid, mécanique, poétique, à la fois minimal et puissant. El señor Haas poursuivra son chemin chez Deutsch Amerikanische Freundschaft. Le chanteur Krishna Goineau a multiplié les aventures musicales et se produit encore aujourd'hui. Beate Bartel a fondé un groupe de nanas, Matador, qui a fait trois albums. Leurs carrières solo montrent qu'ils avaient des aspirations différentes, c'est peut-être ce qui rend leur musique si riche.




Roadrunner avait édité cet album pour le Bénélux. Plus tard j'ai chopé des disques bien différents sur ce label. J'aurais aimé voir Liaisons Dangereuses au Dynamo fest !


La scène techno, en particulier celle de Detroit, a pu s'inspirer des morceaux déjantés du disque comme El Macho Y La Nena. Le thème au synthé semble extrait d'une production Underground Resistance ou Warp.


Réécouté attentivement au casque, en 2026, le disque n'a pas pris une ride. Pas comme moi. (Phil)






vendredi 11 septembre 2026

Das Kabinette – Spy Thriller

Das Kabinette, trio anglais, a enregistré  entre 1983 et 1986 un album jamais édité. Leur seule production d'époque reste un 7" single. Je te parle même pas de la rareté du truc maintenant.

Le label Minimal Wave a compilé les enregistrements sur un album souvenir vingt ans plus tard, en 2008. On y trouve bien sûr l'inusable tube The Cabinet à l'ambiance étrangement Warm Leatherette. C'est un mystère pour moi que ce morceau ne soit pas devenu un tube instantanément à l'époque. 


 

Les autres morceaux sont donc pour la plupart inédits. Je rapproche leur son de celui des groupes de la scène mancunienne, pas forcément du plus célèbre, mais plutôt des Dalek I, Crispy Ambulance, The Passage, etc.


Je me dis que si tu apprécies Graham Lewis et ses projets en dehors de Wire, soit tu connais déjà Das Kabinette, soit ça pourrait te plaire. En attendant un nouveau pressage, il te faudra mettre un petit billet pour poser les oreilles sur le disque. Il est sold out depuis un moment et ne se trouve plus que d'occasion. (Phil)


 

 

mercredi 9 septembre 2026

Human Figures – Footsteps

Oublié de la liste des favoris P&C de 2020, le premier album de Human Figures revient plus souvent qu'à son tour sur la platine et appartient aux "invendables".

La première édition en cassette sur Pop Nihil passée sous la radar, c'est avec la version vinyle éditée en Espagne par Frigio et par l'excellent BFE recs mené par Joni Kosmos - Antiguo Régimen - qu'on a pris conscience de la beauté du truc. 



Le groupe de gars tout seul - Daniel Holt - a réussi un prodige : faire du neuf avec du vieux. On pourra l'accuser faussement de plagiat ou de manque de créativité. Ce serait faire fi de la qualité des compositions, inspirées et marquantes, au niveau des favoris contemporains du genre comme Soft Kill.


Loin d'être un one-shot, cet album a connu plusieurs successeurs. Il reste de loin mon préféré dans la discographie. Un phénomène, complet du début à la fin, maniant le minimal et le dark, c'est tout ce qu'on demande. (Phil)




mardi 8 septembre 2026

Leda – Welcome To Joyland

Ce mystérieux album paru en 1978 en Allemagne n'attire pas forcément le chaland. La pochette est moche, disons-le. Le logo invite au glam ou à des puissances gentiment hard-rock. Le disque sorti à l'âge d'or du disco entretient la confusion.

Leda n'est pas le nom de la sirène sur la pochette. En revanche, on retrouve bien un chant féminin, très envoutant. La musique elle-même est signée en grande partie par Peter Baumann de Tangerine Dream. Dépassé l'habillage, Leda se pose là. Le mélange de musique progressive et minimale rappelle à la fois Kraftwerk et Laurie Anderson. La modernité du truc me laisse sur le cul.



Je ne suis pas le seul à m'être aperçu de la beauté, le disque a finalement été réédité trente ans plus tard, en 2011. Il fait aujourd'hui partie des classiques secrets de la minimal wave. L'album est parsemé d'instrumentaux comme Space Ride.


Il aborde aussi des thématiques très en vogue à l'époque comme le future. Alors, entre Future et No Future, à toi de choisir.


Une paire de morceaux plus pop, pas forcément rédhibitoires, sillonnent le disque. L'ancêtre mérite un peu d'attention et une petite place dans la collection P&C. (Phil)





lundi 7 septembre 2026

Cold War – Illusion (The Complete Studio Sessions)

La première démo de Cold War, groupe anglais underground devenu culte, est parue en 1982. On y trouve quatre titres à cheval entre peace punk et post-punk, dans une veine Zounds, UK Decay et The Mob. Ou encore le Cure de Faith qui aurait eu des tendances .

Les quelques morceaux parus entre 1982 et 1983 ont ensuite disparu dans la nature, refaisant surface sporadiquement, à la faveur de blogs renseignés. Il faut dire que les membres du groupe se sont dilués dans d'autres scènes, en particulier Chris Knowles, devenu producteur et DJ. Les labels Grow You Own recs et Ohne Grund schallplatten ont pris les choses en main en 2024, compilé onze morceaux sur un vinyle assorti d'un épais livret préfacé par Chris.



Joie de finalement pouvoir écouter autre chose que des mp3, cet LP me confirme que la réputation du groupe est absolument justifiée. Les quatre titres de la démo avaient été bien choisis à l'époque, ma préférence pour The Machinist et Cold World. Le reste est à l'avenant.


Le disque n'est malheureusement pas une intégrale, pas mal de morceaux de Irritional, la seconde cassette, n'y figurent pas. En revanche on trouve plusieurs inédits dont The Picture dont je ne me lasse pas.


Le disque limité à 220 copies est sorti sans faire de vagues malgré plusieurs excellentes chroniques.  Je l'ai vu encore disponible dans des distros indépendantes, mais un disque de cette qualité finira par disparaitre des bacs tout comme les cassettes originales. (Phil)







dimanche 6 septembre 2026

Makina Girgir – Torment

Le sud de la France produit régulièrement des fruits gouteux. La liste est longue, Martin Dupont en tête de gondole si on veut. Parmi les étals, un disque sorti par le label La Forme Lente d'un obscur groupe toulousain dont je ne sais pas grand chose, Makina Girgir, se détache. 

Torment, édité en 2016, a été repressé avec un nouveau visuel en 2024 par Other Voices, ce qui m'a donné l'occasion de mettre la main sur un album devenu rare dans sa version originale. La darkwave minimale qu'il contient sort largement du lot. J'ose une comparaison avec Martial Canterel ou John Maus, avec une touche européenne marquée.



J'imagine que les ombres de Visage et de Kraftwerk planent alentour, on voyage dans le temps, direction le début des 80's. Post-disco, pré-techno.


La production maitrisée, le vinyle envoie une dynamique puissante, à écouter au casque pour un plaisir maximum. Extraire trois morceaux pour cette page aurait pu relever du hasard tant l'album est complet.

Tu pourras aussi te délecter de leur autre disque qui me parait indispensable, la compilation Tape Songs, qui réunit leurs meilleurs morceaux parus sur des compilations confidentielles. 

Concernant le label La Forme Lente, il semble avoir disparu. C'est bien dommage, dans les premières sorties il y a aussi l'album des suédois Bonjour Tristesse - On Not Knowing Who We Are, synth pop triste succulente.(Phil)






samedi 5 septembre 2026

Parade Ground – The 15th Floor

Ce disque a été composé et en partie enregistré à la fin des années 80. Il aurait dû s'agir du deuxième album de Parade Ground. Que nenni. C'est à la bonne volonté de Dirk Ivens - Klinik, Dive, Absolute Body Control - et son label Minimal Maximal qu'on doit la sortie de l'album vinyle en 2012. Le chouette label allemand Vuz, au catalogue mégadingo, s'est chargé du CD gavé de bonus.

On y trouve du Parade Ground dans le texte. EBM savamment mélodique, un peu sur le même territoire que 242 période Endless Riddance. L'album comporte un certain nombre d'étranges hits, propres à faire danser la faune.



Il me parait évident que A Day At The Park finira sur leur best-of. Le morceau revient facilement dans une playlist. D'une manière générale, The 15th Floor est moins aventureux que ceux qu'ils ont produits par la suite et plus à l'image de la compilation The Hidden Side parue en 2025 chez Dark Entries.


Je termine la sélection avec un titre qui ne figure pas sur le LP, mais qui débute le CD. Ce dernier a encore des avantages bonus. Je mettrai tous les jours Entertain Me dans un best-of de Parade Ground. Il me semble bien qu'ils l'ont joué lors du concert local récent - Merci Cilou ! (Phil)