mercredi 28 octobre 2026

The Grief – The Grief

D'abord friands de productions magnétiques, les Normands de The Grief  ont vite embrayé sur du vinyle. Paru en 1985, l'album éponyme s'inscrit dans la veine cold-wave française. La voix me rappelle celle de Denis Lecarme de L'enfance Eternelle, la musique celle des Tétines Noires.

Le premier album, parfois appelé Au-Delà, ne dure que sept titres, dont une ouverture assez longue nommée L'Aquarium. Claustrophobe s'abstenir, le disque manipule le cerveau des corbeaux en mal de sensations. 



L'album évolue et présente d'autres facettes en face B. La poésie presqu'acharnée du Quart D'Heure, perchée sur un synthé répété, apporte un côté théâtral, possiblement malaisant pour une personne non-initiée.


Le disque mérite vraiment le détour, tout comme son successeur Huis-Clos, paru deux ans plus tard en format coffret 2xLP. La suite, autour du début des années 90, dérivera vers l'abstraction. Les racines rock devenues sans doute encombrantes, dans une trajectoire à la Bernard Szajner, ils ont terminé par un album formé d'un morceau sans titre par face. Je préfère leur période du milieu des années 80.

The Grief n'a jamais été réédité. Son côté hermétique permet qu'il soit finalement assez facile à trouver d'occasion. Certains plaisirs se méritent. (Phil)






mardi 27 octobre 2026

Orchestral Manoeuvres In The Dark – Dazzle Ships

Le quatrième album d'OMD se distingue des précédents par une approche plus excentrique tout en restant attaché à la musique électronique dansante. Il ne s'adresse sans doute pas au fan d'OMD qui chérit son Best Of  à côté de celui des Spice Girls. C'est un disque plus intello. Déjà, la pochette signée Peter Saville donne le ton. Vous voulez de l'art ? vous allez en avoir.

La presse, de manière générale, l'avait accueilli glacialement. Aujourd'hui, l'accessibilité numérique permet de se pencher à nouveau sur un album au message imperméable à l'époque pour le grand public. En tout point passionnant, il était en 1983 sans doute "trop barré" pour la base et déjà étiqueté "commercial" pour les initiés.


Le disque contient aussi son tube, Telegraph, dont les premières maquettes remontent à 1981. C'est peut-être le titre qui a sauvé l'album d'un désastre commercial annoncé. Ça m'amuse de noter maintenant qu'il dénote presque par rapport au reste du disque.


OMD aurait pu la jouer pop sur la lancée d'Architecture & Morality mais le duo a flairé le piège. Le résultat, parfois bancal, leur permet de garder une légitimité d'artiste non-commercial, en tous cas pas uniquement concerné par le nombre de disques vendus. 

Pour une fois, je te présente un truc qui se trouve facile et à pas cher. J'imagine que ses formes les plus originales, les pressages de 1983, finiront par être les plus recherchées. (Phil)



 

lundi 26 octobre 2026

Police Des Moeurs – Commencement

Duo canadien, Police Des Mœurs a récidivé en 2024 avec un cinquième album. Il y pratique une musique électronique sensuelle et triste, qu'on pourra qualifier de darkwave si on aime les catégories. Tu as peut-être déjà calé leurs précédents disques, comme Dédales (Mannequin, 2017), auquel cas je ne t'apprends rien.

Ce presque nouvel album s'inscrit donc dans une lignée prolifique et ne déçoit pas. Il contient même Serment, un de mes morceaux favoris parus cette année-ci.



Subtil et délicat, minimal mais profond, c'est le genre de titre qui glisse en mode repeat. Je le trouve un ton au-dessus de tout le reste du disque. Pourtant, l'album dans son ensemble me semble au-dessus du lot 2024, un peu comme le disque de Villes Nouvelles en 2018.

"Soif" me rappelle des sons entendus du côté du label Fabrika. Dance-floor, dentelle noire.


Le label L'Offre Et La Demande a pressé un nombre limité de copies, environ 200. Le disque reste toujours disponible sur le bandcamp du groupe. Pas sûr que ça dure. (Phil)




dimanche 25 octobre 2026

Toiling Midgets – Sea Of Unrest

Groupe issu de la prolifique scène de San Francisco, composé de membres de Crime, Negative Trend et Sleepers, Toiling Midgets sortait son premier album Sea Of Unrest en 1982. C'est un disque assez emblématique d'un son côte Ouest du début des années 80, pas loin de Christian Death ou Kommunity FK. L'aspect synthétique de la musique est assez discret, le disque repose sur les guitares et la voix de Ricky Williams, hélas décédé en 1992.

Pour un side-project, je trouve que le groupe a réalisé un travail remarquable de composition sur cet album. Pas de temps mort, de morceau trop facile, tout est ciselé et touchant.



Wishful Thinking, pour moi un incontournable de playlist, m'embarque de l'intro à la conclusion. Indémodable, indépassable.
L'album est constellé de morceaux magnifiques, j'ai l'embarras du choix. Destiny, qui ouvre le disque, annonce la couleur.


A la mort du chanteur, le groupe a poursuivi avec l'album Son, tout à fait recommandable, avant de faire revivre la voix de Ricky Williams sur un LP paru en 2019. Sur Sea Of Tranquility, d'anciens enregistrements de voix ont servi à des nouvelles compositions. Le disque tient la route.
Le premier album n'a jamais été réédité. On le croise rarement dans les bacs, ceux qui le possèdent le gardent. Ouvre les yeux. (Phil)







samedi 24 octobre 2026

Survival – Walk Into The Fire

Il ne reste que peu de traces en ligne de cet astéroïde des années 2010. C'est fort dommage. Le trio new-yorkais avait repris une formule proche de celle de Skeleton Family, avec un chant féminin hanté. La boite à rythmes venait parfaire le côté 80's.

Cet album court, sept titres, restera donc comme le testament d'une aventure créative au destin si commun dans la monde de la musique. Les éléments nécessaires, les potentiels, sont présents mais le groupe n'est pas sorti des cercles d'initiés. Seuls les curieux s'intéresseront au sujet.


La production de ce disque est supérieure à leurs enregistrements précédents. J'ai pourtant un faible pour leur démo cassette Civil War et pour le split EP avec Anasazi. Il n'y a rien de naze dans leur discographie, bien au contraire ! 

L'album est chaud à trouver maintenant en Europe mais à bien chercher dans les distros indépendantes, il se trouve encore à un tarif très raisonnable. Le morceau Taboo devrait finir de te convaincre. (Phil)




vendredi 23 octobre 2026

Christian Death – Catastrophe Ballet

L'âge d'Or de Christian Death commence pour moi avec la seconde formation. La formule évoluait en 1983 d'un deathrock assez primitif à quelque chose de plus sophistiqué, les rapprochant de Bauhaus et des Virgin Prunes.

Deux albums sortiront à cette période, ma préférence va à Catastrophe Ballet dont la production me plaît davantage que celle de Ashes. Réécouté récemment, je le place à nouveau en favori d'une discographie nourrie et diverse. Il bénéficie en plus du label L'invitation Au Suicide, gage de qualité.


Parmi mes morceaux préférés de Christian Death, deux sont posés sur la face B et s’enchaînent : Electra Descending et Cervix Couch. On touche au sublime.


Les membres du groupe finiront par partir, les uns après les autres. Le groupe existe toujours, je l'ai perdu de vue et n'ai pas cherché à m'y intéresser. La lassitude des histoires sans fin. Je ne sais donc pas s'ils jouent toujours des morceaux du calibre de Sleepwalk sur scène.


Le disque a été maintes fois réédité, il garde une certaine cote et tu ne le trouveras pas en vinyle d'occasion à moins de 30 ou 40 balles. (Phil)

 

 

 

mardi 20 octobre 2026

Pink Turns Blue – If Two Worlds Kiss

Le premier album de Pink Turns Blue date de 1987. D'origine allemande, il sonne très anglais, dans les tons New Model Army, Killing Joke, Red Lorry Yellow Lorry. Il contient une flopée de hits très soigneusement produits. Un peu à la manière de Camouflage, le côté ersatz peut déranger, mais c'est un disque qui a tenu le test du temps et qui s'écoute encore très bien. Il a même bénéficié d'une réédition récente sur le label US Dais recs, qui se rate rarement.


La suite des aventures de Pink Turns Blue m'a moins passionné. Il existe trois autres albums studios produits à la fin des années 80. Rien d'aussi magnifique que If Two Worlds Kiss, d'ailleurs c'est le seul disque de PTB dont la cote dépasse 200 euros pour une version originale.


J'ai eu la surprise de constater que ce groupe que je croyais mort et enterré jour encore ! J'imagine qu'ils vivent sur la légende de quelques vieux morceaux toujours charmants et de grisonnants toujours en mal de concerts. (Phil)