samedi 21 septembre 2019

Twisted Nerve ‎– Séance

J'ai eu récemment le plaisir de constater que Twisted Nerve allait jouer lors d'un festival organisé par Bat-Cave productions en Pologne. The Mob et Twisted Nerve sont sans doute les deux groupes 80's encore actifs que j'aimerais le plus voir sur scène. Je me payerais bien le voyage, voir si goths et vodka font bon ménage, mais je crois que je vais plus sûrement attendre une date dans le coin.


Le mini-album Séance fait toujours partie du cabinet de curiosités idéal. Un seul morceau en face A, le délicieux morceau Séance qui rappelle à la fois Bauhaus, Siouxsie et Adam Ant. Riff ultra efficace, vocaux habités, je me trémousse.


Davantage de morceaux en face B, à commencer par le génial Yes Man. Le disque file, magique. 


Dans son immense bonté, Bat-Cave a édité une discographie CD de Twisted Nerve que je n'ai pas tardé à acquérir. Les vinyles coûtent tous un peu un bras. La compilation reflète assez fidèlement le parcours du groupe, les débuts du groupe méritent aussi le coup d'oreille, tout comme l'ensemble du catalogue Bat-Cave sur lequel nous aurons l'occasion de revenir. (Ph)

vendredi 13 septembre 2019

Blitz ‎– Second Empire Justice

Il m'aura fallu près de quarante ans pour apprécier ce disque à sa juste valeur. Je me rappelle très bien avoir zappé la réédition CD sortie par Cleopatra dans les années 90. Je n'y trouvais pas le Blitz des premiers singles, All Out Attack, Warriørs, Never Surrender. Ce n'est que récemment que j'ai remis le nez sur la chose et que j'ai réalisé mon erreur. Second Empire Justice est un grand classique, au même titre que des albums au titre fameux comme 154, Movement, Empires And Dance, Jeopardy...


Qu'est-ce qui fait d'un disque un grand classique ? il y a tout un tas d'éléments mais le principal pour moi réside dans le côté inusable de la musique. Un classique, c'est un album dont on ne se lassera pas, jamais. Bien sûr, ça peut aussi être un disque influent, inspiré, original, mais finalement rien ne compte plus que le côté intemporel.
Second Empire Justice se place donc dans la collection des disques que tu peux rejouer à l’infini, sans te lasser. Je n'irai pas jusqu'à dire qu'il est tubesque, mais plutôt malin et subtil, avec des moments de grâce à chaque tour du sillon.



Si comme moi tu as commis l'impair de négliger cet album depuis sa sortie en 1983, il est temps de te rattraper. Si à l'inverse tu kiffes déjà la bête, tu vas peut-être aller te la rejouer fissa.



Tu peux même profiter de rééditions récentes de bonne facture pour optimiser l'écoute de l'engin, qui le mérite. Quel meilleur morceau que ce HKM Grey pour clore cet immense album. (Ph)




samedi 31 août 2019

Rotgut God ‎– Hope For Higher Heaven

Parmi toutes les sorties du label Funeral Party, certaines gemmes se démarquent par un son particulier. C'est la cas de la cassette de Rotgut God : expérience acoustique non-électronique, chansonnettes amères comme une bière de tourbe, pures comme la pluie du large.


Je parle de la cassette car elle est l'unique production physique du groupe, malheureusement. A ma connaissance, Kaycee Tarricone n'a rien produit depuis. Sa discographie se limite donc à plusieurs groupes et projets solo très intéressants que tu pourras découvrir en suivant les liens habituels. La musique enregistrée entre 2011 et 2015 couvre des champs étendus, de la folk noire au hardcore punk velu en passant par l'ambiant Enoesque. Le chef d'oeuvre venant ponctuer la collection, Hope For Higher Heaven (2017) se joue du soir au matin, en mode répétition.


Tu auras noté les accents neofolk à la Death In June bien sûr. Black Sun Rising. Sur d'autres morceaux, j'entends des échos de Witchcraft.


Te voilà donc contraint de chercher la bête, laquelle est assez rare, en espérant qu'une âme charitable donne à ce court album un support vinylique et que, pourquoi pas, Rotgut God nous offre une suite. (Ph)


mardi 20 août 2019

For Against ‎– December

For Against dépasse largement le cadre des étiquettes. Cinq disques emblématiques, de Echelons (1987) à Mason's California Lunchroom (1995), couvrent ou inspirent tour à tour post-punk, emo, indie rock, shoegaze, cold wave, folk... Ils sont le fruit d'un mélange entre les Beatles, les Chameleons et R.E.M., qui aurait poussé sur les basses collines de Lincoln, quelque part au milieu des champs, à mi-chemin de Chicago et Denver.
Je considère leur second album December comme le plus abouti du premier line-up du groupe. S'ils ne s'étaient pas séparés après l'enregistrement, tu connaîtrais peut-être ces morceaux par cœur. 


Ce n'est qu'en 2013, grâce à la magnifique réédition en coffret des trois premiers disques par Mike Sniper (Blank Dogs) sur son label Captured Tracks, que j'ai découvert ce groupe. La qualité des compos et la modernité, l'avant-gardisme du son qui pavait à l'avance le chemin pour toute une scène emo / post-rock encore balbutiante en 1988. La scène emo de Mineral, Jimmy Eat World, Boys Life, Christie Front Drive, etc. ne pointera son nez qu'à partir du milieu des années 90. For Against avait un temps d'avance.



J'ai donc associé For Against à d'autres innovateurs comme Dinosaur Jr et Hüsker Hü, pour te donner une idée du niveau de considération. Catégorie "incontournables".





Si ce disque t'a séduit, tu te délecteras de pratiquement toute la discographie, le groupe ne s'est essoufflé qu'à partir de Shelf Life et ses tunes poppy un peu gnangnan. Les deux albums qui ont suivi la reformation, Aperture et Mason's California Lunchroom, sont étonnamment inspirés et consistants. Ils ont été édités en vinyle pour la première fois en 2018 par Saint Marie records. Amen. (Ph)


mercredi 31 juillet 2019

This Is The Bridge - In The Strangled Air

Nous nous étions régalés à danser sur l'excellent Broken Sculptures en 2018, This is the Bridge invite à remettre le couvert avec de nombreuses galettes : vous trouverez 2 albums sur bandcamp sortis cette année, plus un EP, des compils, une réédition...  Pas eu le temps de tout digérer, mais j'ai pas mal écouté les titres de In The Strangled Air. 


L'album enchaîne morceaux dansants et titres plus ambiant. C'est bon comme un mix de Dancing Plague avec Martial Canterel. The Mayfair Set risque de vous allécher.


Dans un registre synth wave minimaliste, This is the Bridge a l'art et la manière de lécher les morceaux, de peaufiner samples, boucles et boites à rythmes, le tout agrémenté d'une très belle voix et d'un sens de la chanson très anglais. A l'image du martial Fallen Flower.
 
  
In The Strangled Air est sorti en même temps que Dancing Blind. Artwork similaire, même registre musical. On attend avec impatience un ou des supports physiques. (E.)

lundi 29 juillet 2019

Emerald Vein ‎– Land Of The Living

Dénichés récemment grâce à Systems Of Romance, blog que je ne saurais trop te conseiller, les deux albums de Emerald Vein m'ont tapé direct dans l'oreille. Subtile et habitée, la musique du sieur Young se propage dans les neurones comme un souffle frais et persistent. On rejoue les disques, souvent. 


J'ai posé mon dévolu sur le second album. J'aurais pu tout aussi bien choisir le premier. C'est le propre du choix : arbitraire, intuitif. Honnêtement, j'aime beaucoup les deux albums qui ne se distinguent pas beaucoup l'un de l'autre.
Il est temps de lâcher quelques noms en comparaison. Frankie dans son blog évoque In The Nursery, je trouve pour ma part des airs de The The, de Kate Bush, de Neil Young, de Eyeless In Gaza, voire quelques riffs de guitares façon Tears For Fears. De qui susciter ta curiosité.


La provenance américaine (Boston) et le label belge pourrait donner quelques indications erronées quant au contenu du disque. A quelques détails près on pourrait presque parler de neofolk. On peut même penser à un son qui sera réentendu plus tard sur les productions Crank! comme sur le Power Of Failing de Mineral ou sur les premiers Built To Spill. Entre new wave, folk et post-rock.



Les disques sont encore faciles à trouver à relativement bas prix. Bonne chasse ! (Ph)

lundi 15 juillet 2019

Rosetta Stone ‎– Seems Like Forever

Tiendrait-on déjà une des perles de 2019 ? je pose la question, mais la réponse est évidente. Près de vingt après avoir exploré les contrées tribal metal avec plus ou moins de bonheur dans Unerotica, Porl King le rescapé de la formation d'origine retourne aux sources de la gotherie. Là où le son est pur, où les chansons sont magistrales. 



Ce neuvième album (d'après Discogs) vient donc parachever une carrière débutée à la fin des années 80, dans l'ombre des Sisters Of Mercy. Tu remarqueras que la pochette de ce nouveau disque adopte l'esthétique bichrome de Merciful Release. La plus grande surprise vient de la qualité incroyable de composition. L'album ne contient quasiment que des hits, à commencer par ce People qui me fait danser au bout de la nuit.



Certaines incursions post-punk me rappellent les Chameleons avant que le pli goth rock ne revienne à la charge. Les arrangements et la construction des morceaux glissent sur une couche de pop froide.



Bien sûr, à l'heure de maintenant, les yeux aussi sont servis. Le clip ressemble à ceux qu'on pouvait voir à la télé quand on se couchait très tard dans les années 80. Boulevard des clips. (Ph)