dimanche 4 octobre 2026

Trisomie 21 – Chapter IV Le Je-Ne-Sais-Quoi Et Le Presque Rien

Je publie la page #300 de ce blog. Merci aux pigeons, corbeaux, chauves-souris et autres chats de gouttière qui me suivent ! Pour fêter ça, parlons aujourd'hui d'un album classique P&C.

On a déjà présenté brièvement ce disque dans une liste. Il mérite une plus longue présentation. J'estime que ce disque représente le pinacle des frères Lomprez, un disque cinq étoiles, que ce soit dans sa version initiale de 1986 ou celle de 1987, remixée. L'album est tellement brillant que je pourrais présenter n'importe quel morceau sans avoir l'impression d'oublier l'essentiel.

Il arrive après deux mini-albums et un album de fort belle facture et assoit ce qui me semble être la plus importante quadrilogie dans le son de la cold wave française. Je considère que Chapter IV s'inscrit dans une veine darkwave très industrielle et psychédélique, originale et inspirée.


Le choix de Nightflight comme titre pour présenter le disque peut surprendre. D'une part, le hit The Last Song avait été choisi dans la liste P&C sur la second wave 82-86. Ensuite, c'est juste un magnifique morceau. Tout comme Seventeen Seconds ne se résume pas à A Forest, Chapter IV et ses tortueux sentiers offrent à chaque titre des points de vue captivants. Le disque réussit la prouesse d'être à la fois introspectif et dansant.

Ce disque dans ses versions originales commence à se faire rare. Il a été réédité dans une version double album par Dark Entries en 2017, où on retrouve les deux versions du mixage. Cette édition commence également à coter sévère.


Les autres disques de T21 produits après Chapter IV dans les années 80, Million Lights, Works et Plays The Pictures, ont aussi trouvé le chemin de l'étagère et s'écoutent bien. Le groupe est toujours plus ou moins actif, certains des albums plus contemporains comme Black Label (2009) respectent l'héritage. Il est même étonnant qu'aucune version vinyle de cet album n'existe. Je l'achèterais sans hésiter, tout comme je retournerai les voir à la moindre occasion. (Phil)







samedi 3 octobre 2026

Lower Synth Dept. – Plaster Mould

Sebastian Hartwig, le cerveau derrière Lower Synth Dept., aime les synthétiseurs et les années 80. Ça nous fait un point commun. Sur le premier album Plaster Mould, il nous renvoie back in time dans un univers futuriste. Cherchez l'erreur. 

Le disque montre des racines germaniques comme s'il avait été conçu pour s'écouter sur l'autobahn. Robotique, rythmé, il bénéficie d'une production magnifique qui s'apprécie plein gaz. Des influences anglaises s'entendent également, Numan, Cabaret Voltaire, entre autres. 

Paru en 2012, il s'impose comme une pièce remarquable de la musique électronique de cette période. A jouer juste après l'album de Goldendust.   


 

L'album démarre avec un instrumental, possible générique pour toutes les émissions de synth minimal dans toutes les radios, même si je trouve l'appellation minimal un peu galvaudée pour une musique si riche en arrangements.


Sebastian Hartwig a produit un second disque de Lower Synth Dept. en 2018, Deep Within The Frame. Il avait auparavant réalisé Les Sirènes Débrouillardes, un duo électronique à la production impeccable. Les différents disques méritent une écoute au casque pour constater le travail magistral sur le son. Ils commencent à être chauds à trouver, n'ayant jamais été réédités. (Phil) 

 


 

 

 

 

vendredi 2 octobre 2026

Telex – Looking For Saint Tropez

Une fine blague belge dérivant en succès spectaculaire, Telex était un groupe qui ne se prenait pas au sérieux, mais composait de sérieux tubes. Avec le recul je m’aperçois que je connais la moitié des morceaux de cet album parce qu’ils étaient joués dans des médias grand public.

Telex dépasse le cadre de la parodie. Les compos m'intéressent davantage que les quelques reprises marrantes qu’ils ont pu faire. La production n’a rien à envier aux joyaux de la synth-pop. Certes les sons disco peuvent irriter les oreilles sensibles, qu’elles retournent écouter Nurse With Wound et nous laisse danser tranquille.

Le son du trio me rappelle Gainsbourg sur Love On The Beat, Klaus Nomi et Eartha Kitt sur Where Is My Man : à la limite des variétés, plutôt pop et électronique, d’une redoutable modernité dans sa propension à recycler pour rendre plus cool encore.


Le disque tient-il encore la route ? oui, si on supporte les reprises qui le traversent, Ça Plane Pour Moi, Rock Around The Clock, Twist A Saint Tropez. Dans le genre varié, aussi…

Dans les anecdotes croustillantes, la participation à l'Eurovision avec l'objectif de finir dernier, check. Le groupe tenait à sa formule dérisoire. Par contre ils ne se produisaient pas sur scène et, sans hit majeur sur les albums suivants, a fini par sombrer dans l'oubli, jusqu'à ce qu'il soit à son tour recyclé par les précurseurs de la techno. Éternel recommencement. (Phil)


 

 

 


mercredi 30 septembre 2026

mardi 29 septembre 2026

Red Lorry Yellow Lorry – Talk About The Weather

La voix de Chris Reed ressemble un peu à celle d'Andrew "Eldritch" Taylor, la musique de Red Lorry Yellow Lorry à celle des Sisters Of Mercy. Ils sont originaires de la même ville, Leeds, l'un vivant dans l'ombre de l'autre. 

Talk About The Weather, paru en 1985, faisait suite à une série de singles aboutis. On retrouve d'ailleurs le morceau Hollow Eyes en face A. Il a permis au groupe de faire une carrière honnête, suivi par des fans irréductibles. Après avoir arrêté le groupe en 1991, ses membres ont remis le couvert au début des années 2000.



Je n'ai pas vraiment aimé Strange Kind Of Paradise, l'album de 2025, pas du tout au niveau de l'inspiration des quatre premiers albums, jusque Blow. Je rejoue ces vieux morceaux avec toujours autant de plaisir. Sur le premier album, uniquement huit titres, ça évite le remplissage. Tout n'est pas parfait mais la moitié du disque passe encore nickel chrome.

Tu peux ajouter la compilation The Singles 82-87 à la liste des disques de Red Lorry Yellow Lorry qui méritent une place sur ton étagère, mais si je ne devais en garder que deux, mon choix irait vers Talk About The Weather et Blow. Parfum de madeleine...


Tous les disques de Red Lorry Yellow Lorry se trouvent encore dans les bacs d'occasion et même en neuf. Talk About The Weather, par exemple, a été réédité en 2024. (Phil)







dimanche 27 septembre 2026

Solanaceae – Solanaceae

Paru en 2009 uniquement en CD sous l'intrigant patronyme Solanaceae, cet album cache un projet de Kim Larsen sur son propre label Heiðrunar Myrkrunar. Une édition en vinyle a vu le jour en 2019, je me suis jeté dessus. C'est un disque bonus dans la galaxie Of The Wand And The Moon, entre Sonnenheim et The Lone Descent dans la discographie, et tout aussi convaincant.

Si tu ne percutes pas sur les noms ci-dessus, nous sommes en compagnie du maitre danois de la discipline neofolk. Il est accompagné par des invités comme la violoniste Anne Eltard ou John Van Der Lieth qui avait participé à un album de Forseti.


S'il est entouré d'un groupe sur certains titres comme Midnight Garden, sur d'autres il la joue solo et ça fonctionne aussi. Pour l'avoir vu sur scène sans backing band, le gars n'a besoin de personne pour créer de la magie.


Réédité à plusieurs reprises, le disque se trouve facilement en ligne. Je ne l'ai par contre jamais vu dans un bac de disques. La pochette et le nom mystérieux n'ont pas aidé à donner un statut culte à cet album, ce qui a l'avantage de rendre ce déjà-classique toujours accessible. (Phil)





 

samedi 26 septembre 2026

Normil Hawaiians – More Wealth Than Money

Le debut album de Normail Hawaiians est à nouveau disponible grâce au label Upset! The Rhythm qui lui a redonné vie dans sa forme originelle. Le double LP se trouve sur le web depuis un moment, mais la version de 1983 en bon état ne courre pas les rues. Saluons donc cette initiative !

Normil Hawaiians est un groupe londonien à l'origine, dans la mouvance hippie post-punk, bric-à-brac progressif, art-punk, parfois dub, même communauté où a baigné la techno originelle. Emigré au Pays de Galles, le groupe s'est stabilisé dans sa formation et son style. Je les imagine inspirés par Robert Wyatt.



Yellow Rain, morceau classique de Normil Hawaiians, justifie à lui seul la réédition du disque. C'est une pierre angulaire du post-punk, chassant sur les terres de Joy Division avec une grande élégance et sans plagiat.


More Wealth Than Money a connu une suite dès 1984, un disque étrange nommé What's Going On, lui aussi réédité par Upset!. Illuminated records, fermé en 1987, reste un label de référence pour tout chineur, le catalogue contient des boulettes signées I'm So Hollow, Sex Gang Children, Klaus Schulze, Throbbing Gristle, etc.



Toujours actif, Normil Hawaiians a produit deux albums dans les années 2000, dont le dernier Empires Into Sand, me plait beaucoup. Il sera dans les Adorables 2024. (Phil)