mardi 8 septembre 2026

Leda – Welcome To Joyland

Ce mystérieux album paru en 1978 en Allemagne n'attire pas forcément le chaland. La pochette est moche, disons-le. Le logo invite au glam ou à des puissances gentiment hard-rock. Le disque sorti à l'âge d'or du disco entretient la confusion.

Leda n'est pas le nom de la sirène sur la pochette. En revanche, on retrouve bien un chant féminin, très envoutant. La musique elle-même est signée en grande partie par Peter Baumann de Tangerine Dream. Dépassé l'habillage, Leda se pose là. Le mélange de musique progressive et minimale rappelle à la fois Kraftwerk et Laurie Anderson. La modernité du truc me laisse sur le cul.



Je ne suis pas le seul à m'être aperçu de la beauté, le disque a finalement été réédité trente ans plus tard, en 2011. Il fait aujourd'hui partie des classiques secrets de la minimal wave. L'album est parsemé d'instrumentaux comme Space Ride.


Il aborde aussi des thématiques très en vogue à l'époque comme le future. Alors, entre Future et No Future, à toi de choisir.


Une paire de morceaux plus pop, pas forcément rédhibitoires, sillonnent le disque. L'ancêtre mérite un peu d'attention et une petite place dans la collection P&C. (Phil)





lundi 7 septembre 2026

Cold War – Illusion (The Complete Studio Sessions)

La première démo de Cold War, groupe anglais underground devenu culte, est parue en 1982. On y trouve quatre titres à cheval entre peace punk et post-punk, dans une veine Zounds, UK Decay et The Mob. Ou encore le Cure de Faith qui aurait eu des tendances .

Les quelques morceaux parus entre 1982 et 1983 ont ensuite disparu dans la nature, refaisant surface sporadiquement, à la faveur de blogs renseignés. Il faut dire que les membres du groupe se sont dilués dans d'autres scènes, en particulier Chris Knowles, devenu producteur et DJ. Les labels Grow You Own recs et Ohne Grund schallplatten ont pris les choses en main en 2024, compilé onze morceaux sur un vinyle assorti d'un épais livret préfacé par Chris.



Joie de finalement pouvoir écouter autre chose que des mp3, cet LP me confirme que la réputation du groupe est absolument justifiée. Les quatre titres de la démo avaient été bien choisis à l'époque, ma préférence pour The Machinist et Cold World. Le reste est à l'avenant.


Le disque n'est malheureusement pas une intégrale, pas mal de morceaux de Irritional, la seconde cassette, n'y figurent pas. En revanche on trouve plusieurs inédits dont The Picture dont je ne me lasse pas.


Le disque limité à 220 copies est sorti sans faire de vagues malgré plusieurs excellentes chroniques.  Je l'ai vu encore disponible dans des distros indépendantes, mais un disque de cette qualité finira par disparaitre des bacs tout comme les cassettes originales. (Phil)







dimanche 6 septembre 2026

Makina Girgir – Torment

Le sud de la France produit régulièrement des fruits gouteux. La liste est longue, Martin Dupont en tête de gondole si on veut. Parmi les étals, un disque sorti par le label La Forme Lente d'un obscur groupe toulousain dont je ne sais pas grand chose, Makina Girgir, se détache. 

Torment, édité en 2016, a été repressé avec un nouveau visuel en 2024 par Other Voices, ce qui m'a donné l'occasion de mettre la main sur un album devenu rare dans sa version originale. La darkwave minimale qu'il contient sort largement du lot. J'ose une comparaison avec Martial Canterel ou John Maus, avec une touche européenne marquée.



J'imagine que les ombres de Visage et de Kraftwerk planent alentour, on voyage dans le temps, direction le début des 80's. Post-disco, pré-techno.


La production maitrisée, le vinyle envoie une dynamique puissante, à écouter au casque pour un plaisir maximum. Extraire trois morceaux pour cette page aurait pu relever du hasard tant l'album est complet.

Tu pourras aussi te délecter de leur autre disque qui me parait indispensable, la compilation Tape Songs, qui réunit leurs meilleurs morceaux parus sur des compilations confidentielles. 

Concernant le label La Forme Lente, il semble avoir disparu. C'est bien dommage, dans les premières sorties il y a aussi l'album des suédois Bonjour Tristesse - On Not Knowing Who We Are, synth pop triste succulente.(Phil)






samedi 5 septembre 2026

Parade Ground – The 15th Floor

Ce disque a été composé et en partie enregistré à la fin des années 80. Il aurait dû s'agir du deuxième album de Parade Ground. Que nenni. C'est à la bonne volonté de Dirk Ivens - Klinik, Dive, Absolute Body Control - et son label Minimal Maximal qu'on doit la sortie de l'album vinyle en 2012. Le chouette label allemand Vuz, au catalogue mégadingo, s'est chargé du CD gavé de bonus.

On y trouve du Parade Ground dans le texte. EBM savamment mélodique, un peu sur le même territoire que 242 période Endless Riddance. L'album comporte un certain nombre d'étranges hits, propres à faire danser la faune.



Il me parait évident que A Day At The Park finira sur leur best-of. Le morceau revient facilement dans une playlist. D'une manière générale, The 15th Floor est moins aventureux que ceux qu'ils ont produits par la suite et plus à l'image de la compilation The Hidden Side parue en 2025 chez Dark Entries.


Je termine la sélection avec un titre qui ne figure pas sur le LP, mais qui débute le CD. Ce dernier a encore des avantages bonus. Je mettrai tous les jours Entertain Me dans un best-of de Parade Ground. Il me semble bien qu'ils l'ont joué lors du concert local récent - Merci Cilou ! (Phil)





vendredi 4 septembre 2026

Depeche Mode - Construction Time Again

Groupe originaire de l'Est de Londres, Depeche Mode rompt avec la pop des premiers albums pour incorporer ici des éléments noirs charbon. C'est d'ailleurs à mon avis plus en phase avec l'esprit du label Mute. Ce troisième album Construction Time Again montre un potentiel qui pourrait leur ouvrir des portes plus grandes encore.
 
 

Ils ont emprunté la flûte de Robert Smith (ou bien est-ce l'inverse ?) sur ce délicat morceau Shame. Le groove net et minimal frise la perfection sans faire tout un raffut.
Des traces de vieux Depeche Mode traînent encore comme dans Told You So, rengaine futuriste : Everybody Waits For Judgement Day! Depeche Mode a fini d'être sage.
 
 
Construction Time Again s'écoute en mode repeat. Je me demande comment le groupe va réussir à se surpasser à l'avenir. Le défi parait très difficile tant ce troisième opus est complet. (Phil)
 

 
 
 
 

 
 

jeudi 3 septembre 2026

Powerplant – People In The Sun

Incorporons un zeste d'Egg Punk à notre culture. Powerplant sortait en 2019 une cassette, tirage timide au départ, suivie par moult rééditions vinyles puis repressages. L'intérêt ne se démentira pas. 

Le gars Theo Zhykharyev figure tout seul à produire son mélange synth-punk sauce egg, genre pourtant mille fois exploré, mais ici rafraîchi avec classe et goût. 

Je pense pas mal à Young Governor - aka Young Guv - quand j'écoute ce disque. Fraîcheur, décontraction, morve au nez, badges au vent. De Hidden Love à True Love.

 


L'album, douze chansons, passe à la vitesse de l'éclair et s'écoute bien en mode repeat. Je cherche la faille, pas de titre faiblard - filler - sur le disque, que du doux et de l'agréable joué parfois en mode speed.


People In the Sun n'est pas une chanson sur la canicule, mais plutôt sur la différence. Enfin, c'est ce que je crois comprendre.

Note que Powerplant vient de sortir un nouvel album intitulé Bridge Of Sacrifice, qui m'a l'air plus sophistiqué. Le temps de le digérer, on en reparle. (Phil

 

mercredi 2 septembre 2026

The Weathermen – The Black Album According To The Weathermen

Les deux premiers albums du duo The Weathermen, parus en 1987 et 1988, me plaisent toujours autant. Je présente aujourd'hui le second, plus complet dans l'ensemble.

Le projet mené par le belge Jean-Marc Lederman et l'américain ex-Tuxedomoon Bruce Geduldig (aujourd'hui décédé) semble parti d'un canular farci aux fausses identités. Qualifié d'EBM comme bien des groupes belges à l'époque, The Weathermen présente de multiples facettes dans une enveloppe électronique et rythmée. Des références à Psyche ou au Ministry des débuts peuvent peut-être te mettre sur la voie.



Poison! était joué de temps en temps en boite de nuit, dans les séries intéressantes, en compagnie de Borghesia ou Killing Joke. Ça reste le highlight du disque. Le choix de deux autres titres est plus cornélien. J'aime beaucoup le quasi instrumental Tar Pit.


La discographie de The Weathermen n'a pas pris une cote de ouf, Le groupe reste méconnu et, si tu veux mon avis, largement sous-coté. Tu trouves les disques originaux à un tarif très raisonnable, aujourd'hui. Ceux qui savent les chopent, les gardent ou les filent à des amis. Tu peux capter les deux premiers évidemment, le troisième Beyond The Beyond s'écoute, Global 851 me parait dispensable et l'album de la reformation (2004) est intéressant comme peuvent l'être les Depeche Mode récents, sympas, mais loin du compte. Deeper With The Weathermen reste un bon disque, moins essentiel que le Black Album. (Phil)