Disque à la fois classique et rare de la musique électronique anglaise du début des années 80, on ne sait pas grand chose sur son histoire. Il a été enregistré par un gars tout seul, puis est paru en 1981 sous autoproduction. Il a ensuite fait son chemin dans la galaxie underground jusqu'à une forme de reconnaissance. Aujourd'hui, une version originale est difficile à trouver et coûte entre 500 et 1000 balles.
Heureusement pour nous, Marc chez Anna Logue recs entretient le feu. Il a réédité la chose et repressé plusieurs fois pour la rendre accessible. Ne te fie pas à la pochette passe-partout, la musique qu'elle cache est passée à la postérité.
Tu feras peut-être un parallèle avec Solid Space ou avec Colin Tucker. Le registre est proche : minimal, synthétique, composé avec talent. La voix fantomatique du dénommé Roy Young, un pseudo parait-il, apporte une touche originale, limite punk.
La version originale contient douze titres, les rééditions ajoutent deux morceaux bonus inédits. Tout est concis, rien ne s'étire vers l'infiniment chiant. Chaque titre présente une ou deux idées fortes, bien exploitées. Tout à fait mon kif. Oh ! Ce Vortex ! (Phil)
La comparaison avec les Beatles, les Chameleons et R.E.M. faite dans ces lignes il y a quelques années me semble toujours pertinente. For Against s'inscrit dans une lignée pop, mélodique et charmante, rarement étrange. Aperture, le quatrième album paru en 1993 dans un format CD, arrive après une série d'albums fabuleux qui ont fait l'objet d'une réédition en coffret chez Captured Tracks. Il sera lui même pressé en vinyle plus tard en 2018.
A la réécoute du disque, j'ai envie d'ajouter House Of Love et Guided By Voices aux références. L'album enchaine les excellents morceaux avec grâce et décontraction. De quoi en faire un solide pilier de discothèque.
Jeff Runnings, le chanteur guitariste et leader du groupe, est décédé en 2025 quelques mois avant la sortie de son second album solo, Piqued. La constance dont il aura fait preuve tout au long de sa carrière est absolument remarquable : pas d'album à visée commerciale, une pop propre et inspirée, donc une discographie immaculée.
Sur ce disque, peu de guitares saturées comme sur les premiers albums, mais tu trouveras une succession sans remplissage de titres forts. Le choix de morceaux à présenter s'est fait sur des critères flous, j'ai changé plusieurs fois d'avis.
Le vinyle commence à disparaitre des bacs, je pense que tu devras bientôt débourser cinquante balles pour ce LP en occasion. En version CD, tu sauveras quelques brouzoufs. (Phil)
Je publie la page #300 de ce blog. Merci aux pigeons, corbeaux, chauves-souris et autres chats de gouttière qui me suivent ! Pour fêter ça, parlons aujourd'hui d'un album classique P&C.
On a déjà présenté brièvement ce disque dans une liste. Il mérite une plus longue présentation. J'estime que ce disque représente le pinacle des frères Lomprez, un disque cinq étoiles, que ce soit dans sa version initiale de 1986 ou celle de 1987, remixée. L'album est tellement brillant que je pourrais présenter n'importe quel morceau sans avoir l'impression d'oublier l'essentiel.
Il arrive après deux mini-albums et un album de fort belle facture et assoit ce qui me semble être la plus importante quadrilogie dans le son de la cold wave française. Je considère que Chapter IV s'inscrit dans une veine darkwave très industrielle et psychédélique, originale et inspirée.
Le choix de Nightflight comme titre pour présenter le disque peut surprendre. D'une part, le hit The Last Song avait été choisi dans la liste P&C sur la second wave 82-86. Ensuite, c'est juste un magnifique morceau. Tout comme Seventeen Seconds ne se résume pas à A Forest, Chapter IV et ses tortueux sentiers offrent à chaque titre des points de vue captivants. Le disque réussit la prouesse d'être à la fois introspectif et dansant.
Ce disque dans ses versions originales commence à se faire rare. Il a été réédité dans une version double album par Dark Entries en 2017, où on retrouve les deux versions du mixage. Cette édition commence également à coter sévère.
Les autres disques de T21 produits après Chapter IV dans les années 80, Million Lights, Works et Plays The Pictures, ont aussi trouvé le chemin de l'étagère et s'écoutent bien. Le groupe est toujours plus ou moins actif, certains des albums plus contemporains comme Black Label (2009) respectent l'héritage. Il est même étonnant qu'aucune version vinyle de cet album n'existe. Je l'achèterais sans hésiter, tout comme je retournerai les voir à la moindre occasion. (Phil)
Sebastian Hartwig, le cerveau derrière Lower Synth Dept., aime les synthétiseurs et les années 80. Ça nous fait un point commun. Sur le premier album Plaster Mould, il nous renvoie back in time dans un univers futuriste. Cherchez l'erreur.
Le disque montre des racines germaniques comme s'il avait été conçu pour s'écouter sur l'autobahn. Robotique, rythmé, il bénéficie d'une production magnifique qui s'apprécie plein gaz. Des influences anglaises s'entendent également, Numan, Cabaret Voltaire, entre autres.
Paru en 2012, il s'impose comme une pièce remarquable de la musique électronique de cette période. A jouer juste après l'album de Goldendust.
L'album démarre avec un instrumental, possible générique pour toutes les émissions de synth minimal dans toutes les radios, même si je trouve l'appellation minimal un peu galvaudée pour une musique si riche en arrangements.
Sebastian Hartwig a produit un second disque de Lower Synth Dept. en 2018, Deep Within The Frame. Il avait auparavant réalisé Les Sirènes Débrouillardes, un duo électronique à la production impeccable. Les différents disques méritent une écoute au casque pour constater le travail magistral sur le son. Ils commencent à être chauds à trouver, n'ayant jamais été réédités. (Phil)
Une fine blague belge dérivant en succès spectaculaire, Telex était un groupe qui ne se prenait pas au sérieux, mais composait de sérieux tubes. Avec le recul je m’aperçois que je connais la moitié des morceaux de cet album parce qu’ils étaient joués dans des médias grand public.
Telex dépasse le cadre de la parodie. Les compos m'intéressent davantage que les quelques reprises marrantes qu’ils ont pu faire. La production n’a rien à envier aux joyaux de la synth-pop. Certes les sons disco peuvent irriter les oreilles sensibles, qu’elles retournent écouter Nurse With Wound et nous laisse danser tranquille.
Le son du trio me rappelle Gainsbourg sur Love On The Beat, Klaus Nomi et Eartha Kitt sur Where Is My Man : à la limite des variétés, plutôt pop et électronique, d’une redoutable modernité dans sa propension à recycler pour rendre plus cool encore.
Le disque tient-il encore la route ? oui, si on supporte les reprises qui le traversent, Ça Plane Pour Moi, Rock Around The Clock, Twist A Saint Tropez. Dans le genre varié, aussi…
Dans les anecdotes croustillantes, la participation à l'Eurovision avec l'objectif de finir dernier, check. Le groupe tenait à sa formule dérisoire. Par contre ils ne se produisaient pas sur scène et, sans hit majeur sur les albums suivants, a fini par sombrer dans l'oubli, jusqu'à ce qu'il soit à son tour recyclé par les précurseurs de la techno. Éternel recommencement. (Phil)
La voix de Chris Reed ressemble un peu à celle d'Andrew "Eldritch" Taylor, la musique de Red Lorry Yellow Lorry à celle des Sisters Of Mercy. Ils sont originaires de la même ville, Leeds, l'un vivant dans l'ombre de l'autre.
Talk About The Weather, paru en 1985, faisait suite à une série de singles aboutis. On retrouve d'ailleurs le morceau Hollow Eyes en face A. Il a permis au groupe de faire une carrière honnête, suivi par des fans irréductibles. Après avoir arrêté le groupe en 1991, ses membres ont remis le couvert au début des années 2000.
Je n'ai pas vraiment aimé Strange Kind Of Paradise, l'album de 2025, pas du tout au niveau de l'inspiration des quatre premiers albums, jusque Blow. Je rejoue ces vieux morceaux avec toujours autant de plaisir. Sur le premier album, uniquement huit titres, ça évite le remplissage. Tout n'est pas parfait mais la moitié du disque passe encore nickel chrome.
Tu peux ajouter la compilation The Singles 82-87 à la liste des disques de Red Lorry Yellow Lorry qui méritent une place sur ton étagère, mais si je ne devais en garder que deux, mon choix irait vers Talk About The Weather et Blow. Parfum de madeleine...
Tous les disques de Red Lorry Yellow Lorry se trouvent encore dans les bacs d'occasion et même en neuf. Talk About The Weather, par exemple, a été réédité en 2024. (Phil)