samedi 17 octobre 2026

Plain Characters – Invisible Yearnings

En plus de sa brillante participation à The Gadgets / The The, Colin Lloyd-Tucker a posé son auguste voix sur cet album unique. Disons-le tout net, je mets cet album au panthéon du post-punk devant bien des disques plus connus de labels plus influents. La face A seule mérite l'écoute (l'achat) du disque si tu rejoues régulièrement Wire et Astronauts. La face B avec certains accents Bowie / XTC n'est pas en reste.

Plain Characters a laissé trois 7" produits entre 1977 et 1981, avant d'enchainer sur l'album Invisible Yearnings. Une discographie mince mais nous n'allons pas confondre ici qualité et quantité. 




Je n'ai aucun souvenir d'avoir entendu parler de ce disque durant les années 80. C'est bien plus tard, à l'âge numérique, que cet album a pu refaire surface grâce aux blogs qui proposaient des albums à télécharger en ligne. La tendance disparait, mais chapeau à tous les érudits bénévoles ! 

Invisible Yearnings alterne des morceaux rythmés et plus ambiants comme ce Zero Zero venu d'une autre planète.

Quelques morceaux intègrent des composants synthétiques avec goût, Julia vient couper la face B dans un thème qui rappelle Killing Joke. Je suspecte cet album d'avoir inspiré une bonne quantité d'artistes et de disques parus après 1983.


Etonnement, le disque reste trouvable en ligne à des prix abordables. Je le vois peu dans les bacs, ce disque jamais réédité finira par être introuvable au vu de sa qualité et du pedigree du chanteur. (Phil)






mercredi 14 octobre 2026

Marbled Eye – Read The Air

Excellente surprise, ce second album de Marbled Eye ! Les précédents disques avaient déjà laissé entendre un joli potentiel. Cette fois, plus de doute, l'essai est transformé. Tu trouveras ici un post-punk à guitares, à l'australienne, des riffs en cascade, une voix monocorde, tout chouette. Le groupe formé autour de Chris Natividad a gagné en épaisseur et en maturité dans un genre de musique devenu hélas confidentiel. A quelques décennies près, il ne serait pas resté underground très longtemps.

La première écoute du disque s'est soldée ici par un flip-flap continu, tu sais, quand une fois la face lue, tu retournes le disque sans te poser de question, encore et encore. Ça n'arrive que si le disque déchire, sans te lasser. 


 

Marbled Eye fait partie de l'écurie Digital Regress dont le catalogue de distribution me rend dingue à chaque fois que je l'ouvre. Sur ce label une suite à cet album existe sous la forme d'un 12" 6 titres nommé Forever, paru cette année 2026. Je cherche encore à mettre la main dessus. Les quelques sons entendus en ligne laissent présager un bon moment. En attendant, retour à Read The Air.


Chris Natividad officie dans plusieurs projets. J'aime également beaucoup ce qu'il fait en solo avec Public Interest, dans un genre assez proche de Marbled Eye. Il est possible qu'on parle de son album Spiritual Pollution dans ces pages, il mérite aussi un coup de projecteur.

Les disques de Marbled Eye restent accessibles même s'ils sont peu diffusés en Europe. A vingt-cinq euros ou moins, c'est une affaire correcte. (Phil)




mardi 13 octobre 2026

Chris & Cosey – Pagan Tango

Etoile filante dans la carrière riche de Chris Carter and Cosey Fanni Tutti, Pagan Tango s'aborde facilement. Loin des phases les plus expérimentales de Throbbing Gristle, leur autre projet, ce neuvième album studio offre un écho à Love's Secret Domain de Coil, paru la même année. En ces temps reculés d'émergence de la rave culture, l'indus, le dub, la dance s'alliaient sans barrière. 
En tant que pionniers, Chris & Cosey ne pouvaient pas rater le coche de ce que devenait la techno. Avec le recul, ce disque vieillit comme un bon vin, meilleur à chaque écoute. Il faut passer l'effroi provoqué par cette ignoble illustration sur la pochette et laisser la magie opérer.





En général, les premiers disques d'un groupe renferment les trésors les plus originaux, qui sont répliqués par la suite. Difficile d'égaler Heartbeat, Songs Of Love & Lust, Technø Primitiv ou Take Five. Le renouvellement ou la répétition, la décision de suivre le courant de l'époque leur a été bénéfique.



La plupart des disques de Chris & Cosey se trouvent d'occasion et en neuf à des tarifs praticables. Leur discographie imposante implique des choix de la part du consommateur. Pagan Tango mérite à mon avis de passer en priorité. (Phil)



dimanche 11 octobre 2026

Transparent Illusion – Still Human

Disque à la fois classique et rare de la musique électronique anglaise du début des années 80, on ne sait pas grand chose sur son histoire. Il a été enregistré par un gars tout seul, puis est paru en 1981 sous autoproduction. Il a ensuite fait son chemin dans la galaxie underground jusqu'à une forme de reconnaissance. Aujourd'hui, une version originale est difficile à trouver et coûte entre 500 et 1000 balles.

Heureusement pour nous, Marc chez Anna Logue recs entretient le feu. Il a réédité la chose et repressé plusieurs fois pour la rendre accessible. Ne te fie pas à la pochette passe-partout, la musique qu'elle cache est passée à la postérité.




Tu feras peut-être un parallèle avec Solid Space ou avec Colin Tucker. Le registre est proche : minimal, synthétique, composé avec talent. La voix fantomatique du dénommé Roy Young, un pseudo parait-il, apporte une touche originale, limite punk. 



La version originale contient douze titres, les rééditions ajoutent deux morceaux bonus inédits. Tout est concis, rien ne s'étire vers l'infiniment chiant. Chaque titre présente une ou deux idées fortes, bien exploitées. Tout à fait mon kif. Oh ! Ce Vortex ! (Phil)









samedi 10 octobre 2026

For Against – Aperture

La comparaison avec les Beatles, les Chameleons et R.E.M. faite dans ces lignes il y a quelques années me semble toujours pertinente. For Against s'inscrit dans une lignée pop, mélodique et charmante, rarement étrange. Aperture, le quatrième album paru en 1993 dans un format CD, arrive après une série d'albums fabuleux qui ont fait l'objet d'une réédition en coffret chez Captured Tracks. Il sera lui même pressé en vinyle plus tard en 2018. 

A la réécoute du disque, j'ai envie d'ajouter House Of Love et Guided By Voices aux références. L'album enchaine les excellents morceaux avec grâce et décontraction. De quoi en faire un solide pilier de discothèque.



Jeff Runnings, le chanteur guitariste et leader du groupe, est décédé en 2025 quelques mois avant la sortie de son second album solo, Piqued. La constance dont il aura fait preuve tout au long de sa carrière est absolument remarquable : pas d'album à visée commerciale, une pop propre et inspirée, donc une discographie immaculée.

Sur ce disque, peu de guitares saturées comme sur les premiers albums, mais tu trouveras une succession sans remplissage de titres forts. Le choix de morceaux à présenter s'est fait sur des critères flous, j'ai changé plusieurs fois d'avis.

Le vinyle commence à disparaitre des bacs, je pense que tu devras bientôt débourser cinquante balles pour ce LP en occasion. En version CD, tu sauveras quelques brouzoufs. (Phil)





dimanche 4 octobre 2026

Trisomie 21 – Chapter IV Le Je-Ne-Sais-Quoi Et Le Presque Rien

Je publie la page #300 de ce blog. Merci aux pigeons, corbeaux, chauves-souris et autres chats de gouttière qui me suivent ! Pour fêter ça, parlons aujourd'hui d'un album classique P&C.

On a déjà présenté brièvement ce disque dans une liste. Il mérite une plus longue présentation. J'estime que ce disque représente le pinacle des frères Lomprez, un disque cinq étoiles, que ce soit dans sa version initiale de 1986 ou celle de 1987, remixée. L'album est tellement brillant que je pourrais présenter n'importe quel morceau sans avoir l'impression d'oublier l'essentiel.

Il arrive après deux mini-albums et un album de fort belle facture et assoit ce qui me semble être la plus importante quadrilogie dans le son de la cold wave française. Je considère que Chapter IV s'inscrit dans une veine darkwave très industrielle et psychédélique, originale et inspirée.


Le choix de Nightflight comme titre pour présenter le disque peut surprendre. D'une part, le hit The Last Song avait été choisi dans la liste P&C sur la second wave 82-86. Ensuite, c'est juste un magnifique morceau. Tout comme Seventeen Seconds ne se résume pas à A Forest, Chapter IV et ses tortueux sentiers offrent à chaque titre des points de vue captivants. Le disque réussit la prouesse d'être à la fois introspectif et dansant.

Ce disque dans ses versions originales commence à se faire rare. Il a été réédité dans une version double album par Dark Entries en 2017, où on retrouve les deux versions du mixage. Cette édition commence également à coter sévère.


Les autres disques de T21 produits après Chapter IV dans les années 80, Million Lights, Works et Plays The Pictures, ont aussi trouvé le chemin de l'étagère et s'écoutent bien. Le groupe est toujours plus ou moins actif, certains des albums plus contemporains comme Black Label (2009) respectent l'héritage. Il est même étonnant qu'aucune version vinyle de cet album n'existe. Je l'achèterais sans hésiter, tout comme je retournerai les voir à la moindre occasion. (Phil)







samedi 3 octobre 2026

Lower Synth Dept. – Plaster Mould

Sebastian Hartwig, le cerveau derrière Lower Synth Dept., aime les synthétiseurs et les années 80. Ça nous fait un point commun. Sur le premier album Plaster Mould, il nous renvoie back in time dans un univers futuriste. Cherchez l'erreur. 

Le disque montre des racines germaniques comme s'il avait été conçu pour s'écouter sur l'autobahn. Robotique, rythmé, il bénéficie d'une production magnifique qui s'apprécie plein gaz. Des influences anglaises s'entendent également, Numan, Cabaret Voltaire, entre autres. 

Paru en 2012, il s'impose comme une pièce remarquable de la musique électronique de cette période. A jouer juste après l'album de Goldendust.   


 

L'album démarre avec un instrumental, possible générique pour toutes les émissions de synth minimal dans toutes les radios, même si je trouve l'appellation minimal un peu galvaudée pour une musique si riche en arrangements.


Sebastian Hartwig a produit un second disque de Lower Synth Dept. en 2018, Deep Within The Frame. Il avait auparavant réalisé Les Sirènes Débrouillardes, un duo électronique à la production impeccable. Les différents disques méritent une écoute au casque pour constater le travail magistral sur le son. Ils commencent à être chauds à trouver, n'ayant jamais été réédités. (Phil) 

 


 

 

 

 

vendredi 2 octobre 2026

Telex – Looking For Saint Tropez

Une fine blague belge dérivant en succès spectaculaire, Telex était un groupe qui ne se prenait pas au sérieux, mais composait de sérieux tubes. Avec le recul je m’aperçois que je connais la moitié des morceaux de cet album parce qu’ils étaient joués dans des médias grand public.

Telex dépasse le cadre de la parodie. Les compos m'intéressent davantage que les quelques reprises marrantes qu’ils ont pu faire. La production n’a rien à envier aux joyaux de la synth-pop. Certes les sons disco peuvent irriter les oreilles sensibles, qu’elles retournent écouter Nurse With Wound et nous laisse danser tranquille.

Le son du trio me rappelle Gainsbourg sur Love On The Beat, Klaus Nomi et Eartha Kitt sur Where Is My Man : à la limite des variétés, plutôt pop et électronique, d’une redoutable modernité dans sa propension à recycler pour rendre plus cool encore.


Le disque tient-il encore la route ? oui, si on supporte les reprises qui le traversent, Ça Plane Pour Moi, Rock Around The Clock, Twist A Saint Tropez. Dans le genre varié, aussi…

Dans les anecdotes croustillantes, la participation à l'Eurovision avec l'objectif de finir dernier, check. Le groupe tenait à sa formule dérisoire. Par contre ils ne se produisaient pas sur scène et, sans hit majeur sur les albums suivants, a fini par sombrer dans l'oubli, jusqu'à ce qu'il soit à son tour recyclé par les précurseurs de la techno. Éternel recommencement. (Phil)


 

 

 


mercredi 30 septembre 2026

mardi 29 septembre 2026

Red Lorry Yellow Lorry – Talk About The Weather

La voix de Chris Reed ressemble un peu à celle d'Andrew "Eldritch" Taylor, la musique de Red Lorry Yellow Lorry à celle des Sisters Of Mercy. Ils sont originaires de la même ville, Leeds, l'un vivant dans l'ombre de l'autre. 

Talk About The Weather, paru en 1985, faisait suite à une série de singles aboutis. On retrouve d'ailleurs le morceau Hollow Eyes en face A. Il a permis au groupe de faire une carrière honnête, suivi par des fans irréductibles. Après avoir arrêté le groupe en 1991, ses membres ont remis le couvert au début des années 2000.



Je n'ai pas vraiment aimé Strange Kind Of Paradise, l'album de 2025, pas du tout au niveau de l'inspiration des quatre premiers albums, jusque Blow. Je rejoue ces vieux morceaux avec toujours autant de plaisir. Sur le premier album, uniquement huit titres, ça évite le remplissage. Tout n'est pas parfait mais la moitié du disque passe encore nickel chrome.

Tu peux ajouter la compilation The Singles 82-87 à la liste des disques de Red Lorry Yellow Lorry qui méritent une place sur ton étagère, mais si je ne devais en garder que deux, mon choix irait vers Talk About The Weather et Blow. Parfum de madeleine...


Tous les disques de Red Lorry Yellow Lorry se trouvent encore dans les bacs d'occasion et même en neuf. Talk About The Weather, par exemple, a été réédité en 2024. (Phil)







dimanche 27 septembre 2026

Solanaceae – Solanaceae

Paru en 2009 uniquement en CD sous l'intrigant patronyme Solanaceae, cet album cache un projet de Kim Larsen sur son propre label Heiðrunar Myrkrunar. Une édition en vinyle a vu le jour en 2019, je me suis jeté dessus. C'est un disque bonus dans la galaxie Of The Wand And The Moon, entre Sonnenheim et The Lone Descent dans la discographie, et tout aussi convaincant.

Si tu ne percutes pas sur les noms ci-dessus, nous sommes en compagnie du maitre danois de la discipline neofolk. Il est accompagné par des invités comme la violoniste Anne Eltard ou John Van Der Lieth qui avait participé à un album de Forseti.


S'il est entouré d'un groupe sur certains titres comme Midnight Garden, sur d'autres il la joue solo et ça fonctionne aussi. Pour l'avoir vu sur scène sans backing band, le gars n'a besoin de personne pour créer de la magie.


Réédité à plusieurs reprises, le disque se trouve facilement en ligne. Je ne l'ai par contre jamais vu dans un bac de disques. La pochette et le nom mystérieux n'ont pas aidé à donner un statut culte à cet album, ce qui a l'avantage de rendre ce déjà-classique toujours accessible. (Phil)





 

samedi 26 septembre 2026

Normil Hawaiians – More Wealth Than Money

Le debut album de Normail Hawaiians est à nouveau disponible grâce au label Upset! The Rhythm qui lui a redonné vie dans sa forme originelle. Le double LP se trouve sur le web depuis un moment, mais la version de 1983 en bon état ne courre pas les rues. Saluons donc cette initiative !

Normil Hawaiians est un groupe londonien à l'origine, dans la mouvance hippie post-punk, bric-à-brac progressif, art-punk, parfois dub, même communauté où a baigné la techno originelle. Emigré au Pays de Galles, le groupe s'est stabilisé dans sa formation et son style. Je les imagine inspirés par Robert Wyatt.



Yellow Rain, morceau classique de Normil Hawaiians, justifie à lui seul la réédition du disque. C'est une pierre angulaire du post-punk, chassant sur les terres de Joy Division avec une grande élégance et sans plagiat.


More Wealth Than Money a connu une suite dès 1984, un disque étrange nommé What's Going On, lui aussi réédité par Upset!. Illuminated records, fermé en 1987, reste un label de référence pour tout chineur, le catalogue contient des boulettes signées I'm So Hollow, Sex Gang Children, Klaus Schulze, Throbbing Gristle, etc.



Toujours actif, Normil Hawaiians a produit deux albums dans les années 2000, dont le dernier Empires Into Sand, me plait beaucoup. Il sera dans les Adorables 2024. (Phil)




vendredi 25 septembre 2026

Napalm Beach – Napalm Beach

Les liens Napalm Beach / Wipers remontent au début des années 80 : tous deux issus de la scène de Portland, ils partageaient le batteur Sam Henry et les premières démos de Napalm Beach sont parues sur Trap, le label de Greg Sage. Ce disque éponyme, troisième album studio du groupe est lui paru sur Terminus prod., qui n'a rien sorti d'autre. 

Point de cold wave ici, le groupe joue rock n' roll, une incarnation west coast du deathrock. Le parfum de garage blues embaume tout le disque, guitare en avant. Il était à l'époque, en 1985, leur premier LP, le reste de la discographie se vendait alors confidentiellement. Tu noteras que le nom est différent entre la version cassette, intitulée Teen Dream, et le vinyle, sans titre. L'ordre des titres diffère aussi. 

Teen Dream démarre la cassette, c'est mon morceau préféré sur l'album qui est une parfaite porte d'entrée sur l’univers Napalm Beach. Le groupe a trouvé son public en Europe, en Allemagne et en Grèce. De fins connaisseurs ceux-là... Les Misfits et les Swingin' Neckbreakers font aussi partie du voyage. 

La suite des aventures, en particulier les trois albums produits en 1988 et 1989, Liquid Love, Moving To And Fro et Fire Air And Water, valent également le coup d'oreille. Ils sont parsemés de bijoux à la fois bruts et délicats. De quoi donner à Napalm Beach un statut culte pour ceux qui ont eu la curiosité de s'y intéresser. Aucun de leurs disques n'a eu les faveurs de gros distributeurs. Les disques, peu ou pas réédités, commencent à choper une cote élevée. (Phil)


 

mercredi 23 septembre 2026

Lust Era – Soul Remains Silent

On a parlé dans les années 2010 de revival post-punk, cette désignation souvent péjorative masque le retour en grâce d'un style intemporel. Pour preuve, les deux premiers album de Lust Era, The Lost Art of Murder et Pray You'll Never Know, sonnent très cold wave vintage pour des CDs. Difficiles à trouver, ils ont été compilés, leurs meilleurs morceaux rassemblés sur un disque édité par Bat-Cave.

Lust Era est un groupe basé à Miami, très tourné vers l'Amérique latine, avec un certain nombre de titres en espagnol. Les disques parus en autoproductions auraient pu - dû - intéresser des labels comme Funeral Party ou Mass Media, mais il a fallu qu'un producteur européen leur donne un peu de visibilité pour que les Pigeons & Corbeaux les aperçoivent.


Tu remarqueras certainement la filiation british (Leeds) très nette de plusieurs morceaux comme ce Are We Alone, banger qui s'écoute en boucle. Il est bien entouré sur Soul Remains Silent, la compil enchaine les tueries.


Le groupe, toujours actif, se concentre sur des singles numériques à l'heure actuelle. Nouvelle génération, nouveaux modes de diffusion. Il publie régulièrement des titres sur ses réseaux, où tu trouveras un  paquet de vidéos de Lust Era à regarder. Les disques eux se trouvent principalement dans le réseau de distribution indépendant. (Phil)




mardi 22 septembre 2026

Crispy Ambulance – The Plateau Phase

The Plateau Phase est l'unique album studio produit par Crispy Ambulance durant les années 80. Il existe d'autres disques, des EP, des Live, mais rien de comparable à cette beauté.

Le groupe s'est revendiqué inspiré par Magazine et Hawkwind, ce qui se traduit par une musique aux confins du post-punk et de l'intersidéral. Signés sur Factory comme Joy Division avec qui ils ont partagé l'affiche, ils vécurent, comme d'autres groupes mancuniens, dans l'ombre du géant.



Le disque a été réédité plusieurs fois. A partir de 1990, Factory proposait une version compilation "Comprising : The Plateau Phase, Live On A Hot August Night, Sexus" qui inclue l'album et des bonus. Ça explique la confusion sur la pochette du disque, certaines plateformes ayant fait le choix d'utiliser l'artwork et la liste de titres de la compilation sous le nom de l'album.


Le disque écouté en 2026 montre une modernité certaine, un son impeccable où la basse est omniprésente, quelque part entre Modern English et PIL. Ce n'est pas un disque pour le dance-floor, c'est plutôt introspectif et rythmé, parfait comme bande-son de voyage.


Le groupe s'est reformé en 1999, a sorti deux albums studio dans les années 2000, Scissorgun et The Powder Blind Dream, et un autre en 2016, Compulsion, qui a ma préférence parmi les albums post-reformation. D'ailleurs, ce disque marquait leur retour à l'Usine. 

La cote de The Plateau Phase monte gentiment, il est encore assez facile à trouver dans des tarifs pas trop chers. (Phil)






  

dimanche 20 septembre 2026

Dolina – Disappear

Il s'est passé quinze ans entre le premier album éponyme, joyau minimal franco-belge devenu introuvable, et ce second album. En 2025, le groupe est devenu un duo : Najah et Daniel "Dasz" Kowalski, sans le troisième comparse. 

De manière surprenante, l'album est paru uniquement en cassette. Quand on connait l'engouement pour le premier album, le choix est étonnant - si c'est un choix. Bref. La cassette reste un support de qualité si les conditions sont réunies, exactement comme les autres supports d'ailleurs.

Sur ce disque, la musique m'évoque à la fois Heimat et Clan Of Xymox. Les arrangements fins et intelligents tiennent la comparaison avec Automelodi. 



Raquel García López a réalisé le premier clip extrait de l'album, une histoire de vampires montée à rebours. Je ne m'en lasse pas.

J'aime aussi beaucoup le premier morceau Alla Notte, avec sa touche IDM façon Polygon Windows. 


Le sieur Dasz s'occupait autrefois avec Ame De Boue, génial solo band à l'infinie sombritude. On retrouve ces mêmes touches dans des morceaux comme The Edge Of Myself.

Ame De Boue n'a pas fait de disque depuis 2020, espérons que ça ne soit qu'une pause.


La première édition de Disappear est parue dans une version ultra limitée. Gageons qu'elle sera sold out dans un court délai et, peut-être, extrêmement recherchée dans quelques années. (Phil)



samedi 19 septembre 2026

Greg Sage – Straight Ahead

Enregistré entre Over The Edge (1983) et Land Of The Lost (1986), Straight Ahead, s'il ne porte pas le logo Wipers, en garde carrément la classe. Je ne te fais pas l'affront de présenter Greg Sage. C'est une figure. Il a fait deux albums solo. Sur le premier dont on parle aujourd'hui il joue tous les instruments sauf la batterie, qu'il laisse à Dean Johnson - Poison Idea ou Pat Baum - Neo Boys. 

Musicalement, Greg en solo propose une version acoustique des Wipers. Il avait tout compris avant les Unplugged de MTV. Du reste, à l'époque, il n'a pas eu le choix. En 1984/1985, les Wipers n'essuyaient plus.

 

Dès les premières notes du premier morceau-titre, on sait où on est. La voix de Greg provoque un déjà-vu, mais Straight Ahead, la chanson, a sa propre identité. Une fois absorbée, l'intro du morceau permet instantanément de reconnaître l'album, signe révélateur d'un fort caractère.


En douze morceaux, on fait le tour de la banlieue de Portland qu'on termine face à l'océan, avec World Without Fear, une chanson hippie très réussie. 

I know where I stand
But I don’t want to stand alone
There’s too much confusion
Oh, on this mountain stone
But you know when you reach out
You should never let go
Never let go


Le disque a connu plusieurs éditions, certaines récentes. Il se trouve encore à des prix très corrects et même neuf pour celle de 2018. Il fait toujours figure de boussole dans la galaxie P&C. (Phil)

 

 

vendredi 18 septembre 2026

Myrkur – Folkesange

J'aime les surprises, les artistes qui surviennent là où on ne les attend pas. Amalie Bruun porte cette étiquette de métalleuse avec son groupe signé chez Relapse. Cette appartenance à un modèle artistique ne devait sans doute pas lui convenir et après deux disques qu'on peut qualifier de black metal (un ex-Mayhem dans son groupe), Amalie a dit stop. 

Folkesange se glissera tout près des albums de Of The Wand And The Moon et Forseti. Calme, lunaire, nordique, elle appelle à la lande et aux lutins. La qualité de chant et de composition place ce disque dans mes favoris.



Si à l'écoute de Svea tu n'as pas été transporté sur un drakkar, frappé par les embruns, ce disque n'est peut-être pas pour toi. 

Il se dégage un côté intemporel de l'album, je suis sûr que je pourrai le rejouer dans vingt ans, il n'aura pas pris une ride.


L'album ne se contente pas d'un ou deux bons morceaux, il est convaincant de bout en bout. On le trouve encore à des prix raisonnables, certaines version commencent à valoir leur poids en guinées. (Phil)
 

 

 

 



mercredi 16 septembre 2026

Clock DVA – Advantage

Mon histoire personnelle avec Adi Newton et Clock DVA a commencé avec un CD de The Anti Group Corporation, un side-project, que j'utilisais dans des sets techno pour ses ambiances lugubres et grinçantes. Plus tard j'ai découvert les différentes phases de son groupe majeur, Clock DVA.

On s'intéresse aujourd'hui à l'unique album de la seconde période, sans doute la plus accessible. Advantage ressemble à un album de Cabaret Voltaire ou de Psychic TV ou encore de Chris And Cosey. Il n'est ni radical, ni déconstruit comme les premiers disques, ni angulaire comme Thrist. Il s'écoute en 2026 comme un disque moderne, bien foutu, avec suffisamment d'accroches pour y retourner.



Deux singles ont été extraits de l'album à l'époque, Resistance et Breakdown. J'ai un faible pour les morceaux où la basse, souple, onctueuse, rappelle le meilleur de Japan et de Jah Wobble .


Le disque, tout comme son suivant Burial Dreams, n'a pas été repressé depuis la fin des années 80. Il se fait rare et donc précieux. 

Le label Vinyl-on-demand a fait paraitre plusieurs disques en 2016. Ils couvrent la première période du groupe, tu sais, celle qui grince. (Phil)


mardi 15 septembre 2026

Die Form – Archives & Doküments

Le duo français Die Form était très actif au milieu des années 80. Les albums se succédaient, produits en DIY absolu sur le label Bain Total. L'album Fetish en particulier me plait beaucoup. Il a été édité en 1986 en cassette puis en 1988 dans un format compilation en compagnie de Es Lebe Der Tod, un autre album sorti uniquement en cassette. Le label allemand Normal a rassemblé les deux albums, a ajouté des titres inédits de Poupée Mécanique, l'ensemble est paru sur un 3xLP / 2xCD devenu rare et cher. On y retrouve une musique électronique rappelant Laibach et Yello.



Comme d'habitude avec Die Form, le visuel est particulièrement soigné, mais comme tu peux l'entendre, la musique tient la route. La cinématique puissante qu'elle dégage me fait croire que c'est un groupe qui reçoit ou va recevoir des éloges tardifs des milieux autorisés, un jour. Si ça permet aux disques d'être réédités et accessibles...


Les morceaux de Es Lebe Der Tod méritent également toute ton attention, surtout si la belgitude persiste dans tes gênes. Je le trouve légèrement plus EBM que Fetish. La production parfaite me fait quand même regretter que ces deux albums n'aient pas fait l'objet d'une véritable version vinyle à l'époque. Le triple album fait le job pour ceux qui l'ont. Pour les autres, il existe plusieurs éditions CD qui le font bien. (Phil)







dimanche 13 septembre 2026

2022 adorables

Aucun intérêt de présenter une liste des disques favoris quatre ans après n'est-ce pas ? A part se replonger dans le post-punk post-confinement...

 


A Blaze Colour – Against The Dark Trees Beyond (OnderStroom)


OK, ce sont des enregistrements anciens mais cette compilation mérite d'être saluée comme il se doit, le "chainon manquant" entre early F242 et T21. Peut-on faire plus P&C que A Blaze Colour ?



Straw Man Army – SOS (D4MT, La Vida Es Un Mus)


On a parlé de ce disque il y a quelques semaines dans ces pages. Post-punk classique, bien senti.



Geier Aus Stahl – Strapazen und Genesung (Knekelhuis)


Le projet de Leonard Prochazka ressemble à de d'IDM : techno froide, avec des bribes de voix qui collent à la musique. Le genre peut vite être pompeux, servir des textes un peu pourris. Ici, je me régale. Elodie Passion triste me l'avait fait découvrir, je reviens dessus régulièrement avec le même plaisir.



Parking Dance – Gloom Parasite (Icy Cold)


Le dernier disque en date du projet solo de Matthieu Bonnecuelle pourra te rappeler Jessica 93 (on doit souvent lui dire). C'était une excellente surprise à l'époque. Paru uniquement en CD, il mérite aussi qu'on s'y attarde.



Guided By Voices – Tremblers And Goggles By Rank (Guided By Voices Inc.) 



Un certain nombre de groupes dinosaures ont sorti un album en 2022. Peu méritent d'après moi d'être mentionnés. GBV fait office d'exception, Temblers And Goggles By Rank sonne par moment comme du Wire récent couplé à la voix miraculeuse de Robert Pollard.



This Cold Night – Are We Not Immortal Yet​?​? (Young And Cold)


Chase Morledge est revenu en 2022 avec un second album physique, lui qui aime à multiplier les éditions numériques. Ce disque ne m'a pas bousculé comme le premier, en tous cas pas au départ. Au fil des écoutes, j'y ai quand même repéré des morceaux scotchants.



Jan Van den Broeke – Time And Desire (EE Tapes)


Son nom ne te dit peut-être rien mais le gars officiait au siècle dernier dans un obscur combo belge nommé The Misz - adorable minimal wave - et j'ai beaucoup aimé son disque solo paru en 2022. Certes foutraque, il s'y dégage de belles ambiances et des chaloupes soyeuses.



Second Planet – Rückwärts - Backwards (Hertz-Schrittmacher, Kernkrach)


Il faut deviner derrière cette pochette anonyme ou presque que se cache un album qui rassemble, remastérisés, une dizaine d'années de musique créée par Danilo Roost. Il n'y a donc ici que du bon son, pas gras pour un sou. Si Das Kabinette te cause, faut pas te gêner.



Brannten Schnüre – Das Glück Vermeiden (Quirlschlängle)


Écouter du Brannten Schnüre en 2026 relève de l'exploit. Invisible en streaming, sold out en format physique, ça vaut pourtant la peine de s'y consacrer si tu aimes les collages entre folk et indus minimal. Les disques sont distribués par un label belge, Aguirre, assez dynamique. Espérons des rééditions, le dernier en date, Landschaft Aus Tränen, est également superbe.


Die Welttraumforscher – Liederbuch (Bureau B)


Plus de trente albums sous le coude, Die Welttraumforscher fait partie de ses quelques dinosaures à avoir produit un disque intéressant selon moi en 2022. Les Suisses ont enregistré d'une petite vingtaine de titres, finement ciselés. Il me semble qu'une comparaison avec les disques solo de Peter Jefferies n'est pas complètement inappropriée. 
 
 
Current 93 – If A City Is Set Upon A Hill (HomAleph)
 

Autre dinosaure inspiré en 2022, David Tibet arpente à nouveau la galaxie. If A City... est certes moins génial que The Light Is Leaving Us All, il s’essouffle à mi-parcours mais contient de pures perles. Tu sais sans doute déjà si ce disque est pour toi.
 

 
The Serfs – Primal Matter (Dream)


Le premier album Sounds Of Serfdom m'avait convaincu, le second opus évolue vers le garage avec une touche egg punk plus marquée. Top qualité comme d'habitude avec la clique de Cincinnati. J'imagine que tu suis aussi les autres groupes des membres de The Serfs : The Drin et Crime Of Passing.


Deux – Golden Dreams (Minimal Wave)


Pas vraiment une nouveauté, mais ce 12" est un de mes disques préférés de 2022. Le groupe de Gérard Pelletier (RIP) et Cati Tête fait partie de cette scène française synth-pop assez peu commerciale et qui reçoit une reconnaissance internationale sur le tard. Note qu'une compilation CD est disponible.



Smirk – Material (Feel It)


Nick Vicario est une figure de la scène DIY, il a joué dans une myriade de groupes (Autistic Youth...) et je suis particulièrement ce qu'il fait avec Smirk. Ça sonne comme du Touch&Go, déjanté, rythmé, cool. Les autres disques me plaisent aussi, le nouvel album Speculative Fiction vient de sortir.



The Secret French Postcards – Life Got Claws (Cold Transmission)


Découvert à travers ce quatrième album le duo suédois s'inscrit dans une lignée que j'aime beaucoup, récemment reprise avec brio (c'est une expression) par Branches, Drab Majesty et Traitrs. Shoegaze dream pop cold, à toi de voir. 
 


Left For Pleasure – Human Contract (Detriti)


Le label Detriti était en pleine bourre en 2022. Dans ses bacs, un duo allemand qui me rappelle furieusement The Passions et I'm In Love With A German Film Star. Le disque est inégal mais vaut le coup d'oreille. Il a eu un petit frère en 2025 chez Young & Cold.



Lisieux – Abide! (Throatruiner)



Un disque dans la continuité du précédent, Psalms Of Dereliction, que j'avais beaucoup aimé, Abide! voit Lisieux changer de crèmerie, il est paru sur un label plutôt spécialisé post-hardcore. La musique de Lisieux me rappelle celle d'autres sudistes, Rien Virgule : inattendue, tour à tour puissante et délicate, inspirée.


Mitra Mitra - Hands Remain (Polytechnic Youth)



A mon goût un ton en dessous des deux albums précédents, Hands Remain se glisse confortablement, comme un Anne Clark. La réalisation est impeccable, elle prend toute son ampleur au casque ou sur une hi-fi plein tube. Le nouvel album Glassy Tears est paru il y a quelques mois.


Tuelipe – Mono Game (Maudit Tangue)


Le projet underground par essence, une nana seule qui présente son premier (et depuis unique) album à la face du monde. L'esprit Kas Product / Madmoizel prédomine : synthétique, sombre, dansant. Le disque est passé sous le radar de pas mal de gens semble-t-il, mais il a tout pour devenir un classique.



Jimmy Smack – Death Is Certain (Knekelhuis)



La liste se termine comme elle a commencé, par une compilation d'un groupe disparu. Jimmy Smack était un performer de la scène des caves de Los Angeles au début des années 80. Il marchait dans les pas de Suicide, sa musique est ultra minimale et cette archive signée par le label néerlandais Knekelhuis trouvera sa place sur tes étagères.



That's all folks! (Phil)







 

samedi 12 septembre 2026

Liaisons Dangereuses – Liaisons Dangereuses

Dans la série des disques-prêtés-jamais-revus, j'ai une pensée émue pour l'album éponyme de Liaisons Dangereuses. Le temps a passé et j'ai retrouvé cette semaine exactement la même copie. 

Le trio n'a pas produit énormément en quantité mais son influence s'est vérifiée au fil d'interviews d'autres musiciens. En 1981, l'album préfigure un son froid, mécanique, poétique, à la fois minimal et puissant. El señor Haas poursuivra son chemin chez Deutsch Amerikanische Freundschaft. Le chanteur Krishna Goineau a multiplié les aventures musicales et se produit encore aujourd'hui. Beate Bartel a fondé un groupe de nanas, Matador, qui a fait trois albums. Leurs carrières solo montrent qu'ils avaient des aspirations différentes, c'est peut-être ce qui rend leur musique si riche.




Roadrunner avait édité cet album pour le Bénélux. Plus tard j'ai chopé des disques bien différents sur ce label. J'aurais aimé voir Liaisons Dangereuses au Dynamo fest !


La scène techno, en particulier celle de Detroit, a pu s'inspirer des morceaux déjantés du disque comme El Macho Y La Nena. Le thème au synthé semble extrait d'une production Underground Resistance ou Warp.


Réécouté attentivement au casque, en 2026, le disque n'a pas pris une ride. Pas comme moi. (Phil)