lundi 2 novembre 2026

Ami Marie – Verrückt Nach Glück

Cette pépite allemande, parue en 1981, est restée confidentielle pendant longtemps. Il n'existe pas beaucoup d'informations sur son créateur et les productions se comptent sur les doigts d'une main : un LP et trois singles. 

Possiblement, Ami Marie n'a pas trouvé son public à la sortie du disque. Son contenu minimal électronique est dépourvu d'emballage pop. Des décennies plus tard, je me délecte justement de ses ambiances. La filiation avec Kraftwerk parait évidente, mais Verrückt Nach Glück présente aussi une facette féminine à la manière d'un Visage. Si les deux noms t'interpellent, une écoute du premier titre extrait de l'album, Wir Sind Zufrieden, est obligatoire.


Souvent classé dans la Neue Deutsche Welle, Ami Marie se distingue par une simplicité et une justesse qui lui ont permis de passer les affres du temps sans souci. L'album sonne presqu'actuel, dans le sens où un grand nombre de groupes jouant minimal aujourd'hui s'approchent de ce genre de sons.


A la réécoute du disque, d'autres références s'insinuent : Dark Day, John Foxx, Snowy Red, de la bonne camelote dont on a déjà parlé dans ces pages.

Comme toutes les pépites jamais rééditées, le disque a pris un peu de valeur. Il vaut dans les quarante euros en bon état, mais une version nickel peut valoir le double. (Phil)





dimanche 1 novembre 2026

Borghesia – Clones

Les disques de Borghesia ont été accessibles en Europe de l'Ouest à partir de 1987 et l'édition par PIAS en Belgique de No Hope No Fear. Le quatuor avait rejoint une écurie prolifique sous pavillon EBM. Les productions antécédentes sont restées confidentielles pendant longtemps en dehors de la Slovénie - on parlait encore de Yougoslavie.

Depuis, deux antiques albums ont été réédités par Josh Cheon : Clones (1984) et le plus EBM Ljubav Je Hladnija Od Smrti (1985). Dark Entries est coutumier de ces déterrements courageux. Clones n'avait jamais reçu le traitement d'une édition en vinyle, c'est chose faite : une belle occasion de découvrir une musique électronique presqu'uniquement instrumentale, très cinématique.


Le disque dans l'ensemble navigue plus près du territoire minimal wave que de l'EBM. Il contient plusieurs morceaux fabuleux comme la série des Secret Affair, déclinée en trois temps, ou Z.M.R., titre devenu classique.


La musique tranche avec le premier album éponyme, beaucoup plus orienté guitare comme une grande partie des groupes post-punk yougoslave, Paraf en tête. Ici, pas d'influence Talking Heads audible, on se rapproche plutôt de Laibach, dans l'esprit théâtral.


Le groupe a survécu à un hiatus de vingt ans pour revenir en 2014 avec un album pop And Man Created God, que je ne goute guère, lui préférant largement Un Chant d'Amour, composé en 1986 et finalement mixé et produit en 2021.

Clones, longtemps épuisé dans son pressage de 2012, est à nouveau disponible chez les distributeurs. C'est le moment ou jamais. (Phil)