Il s'est passé quinze ans entre le premier album éponyme, joyau minimal franco-belge devenu introuvable, et ce second album. En 2025, le groupe est devenu un duo : Najah et Daniel "Dasz" Kowalski, sans le troisième comparse.
De manière surprenante, l'album est paru uniquement en cassette. Quand on connait l'engouement pour le premier album, le choix est étonnant - si c'est un choix. Bref. La cassette reste un support de qualité si les conditions sont réunies, exactement comme les autres supports d'ailleurs.
Sur ce disque, la musique m'évoque à la fois Heimat et Clan Of Xymox. Les arrangements fins et intelligents tiennent la comparaison avec Automelodi.
Raquel García López a réalisé le premier clip extrait de l'album, une histoire de vampires montée à rebours. Je ne m'en lasse pas.
J'aime aussi beaucoup le premier morceau Alla Notte, avec sa touche IDM façon Polygon Windows.
Le sieur Dasz s'occupait autrefois avec Ame De Boue, génial solo band à l'infinie sombritude. On retrouve ces mêmes touches dans des morceaux comme The Edge Of Myself.
Ame De Boue n'a pas fait de disque depuis 2020, espérons que ça ne soit qu'une pause.
La première édition de Disappear est parue dans une version ultra limitée. Gageons qu'elle sera sold out dans un court délai et, peut-être, extrêmement recherchée dans quelques années. (Phil)
Enregistré entre Over The Edge (1983) et Land Of The Lost (1986), Straight Ahead, s'il ne porte pas le logo Wipers, en garde carrément la classe. Je ne te fais pas l'affront de présenter Greg Sage. C'est une figure. Il a fait deux albums solo. Sur le premier dont on parle aujourd'hui il joue tous les instruments sauf la batterie, qu'il laisse à Dean Johnson - Poison Idea ou Pat Baum - Neo Boys.
Musicalement, Greg en solo propose une version acoustique des Wipers. Il avait tout compris avant les Unplugged de MTV. Du reste, à l'époque, il n'a pas eu le choix. En 1984/1985, les Wipers n'essuyaient plus.
Dès les premières notes du premier morceau-titre, on sait où on est. La voix de Greg provoque un déjà-vu, mais Straight Ahead, la chanson, a sa propre identité. Une fois absorbée, l'intro du morceau permet instantanément de reconnaître l'album, signe révélateur d'un fort caractère.
En douze morceaux, on fait le tour de la banlieue de Portland qu'on termine face à l'océan, avec World Without Fear, une chanson hippie très réussie.
I know where I stand But I don’t want to stand alone There’s too much confusion Oh, on this mountain stone But you know when you reach out You should never let go Never let go
Le disque a connu plusieurs éditions, certaines récentes. Il se trouve encore à des prix très corrects et même neuf pour celle de 2018. Il fait toujours figure de boussole dans la galaxie P&C. (Phil)
J'aime les surprises, les artistes qui surviennent là où on ne les attend pas. Amalie Bruun porte cette étiquette de métalleuse avec son groupe signé chez Relapse. Cette appartenance à un modèle artistique ne devait sans doute pas lui convenir et après deux disques qu'on peut qualifier de black metal (un ex-Mayhem dans son groupe), Amalie a dit stop.
Folkesange se glissera tout près des albums de Of The Wand And The Moon et Forseti. Calme, lunaire, nordique, elle appelle à la lande et aux lutins. La qualité de chant et de composition place ce disque dans mes favoris.
Si à l'écoute de Svea tu n'as pas été transporté sur un drakkar, frappé par les embruns, ce disque n'est peut-être pas pour toi.
Il se dégage un côté intemporel de l'album, je suis sûr que je pourrai le rejouer dans vingt ans, il n'aura pas pris une ride.
L'album ne se contente pas d'un ou deux bons morceaux, il est convaincant de bout en bout. On le trouve encore à des prix raisonnables, certaines version commencent à valoir leur poids en guinées. (Phil)
Mon histoire personnelle avec Adi Newton et Clock DVA a commencé avec un CD de The Anti Group Corporation, un side-project, que j'utilisais dans des sets techno pour ses ambiances lugubres et grinçantes. Plus tard j'ai découvert les différentes phases de son groupe majeur, Clock DVA.
On s'intéresse aujourd'hui à l'unique album de la seconde période, sans doute la plus accessible. Advantage ressemble à un album de Cabaret Voltaire ou de Psychic TV ou encore de Chris And Cosey. Il n'est ni radical, ni déconstruit comme les premiers disques, ni angulaire comme Thrist. Il s'écoute en 2026 comme un disque moderne, bien foutu, avec suffisamment d'accroches pour y retourner.
Deux singles ont été extraits de l'album à l'époque, Resistance et Breakdown. J'ai un faible pour les morceaux où la basse, souple, onctueuse, rappelle le meilleur de Japan et de Jah Wobble .
Le disque, tout comme son suivant Burial Dreams, n'a pas été repressé depuis la fin des années 80. Il se fait rare et donc précieux.
Le label Vinyl-on-demand a fait paraitre plusieurs disques en 2016. Ils couvrent la première période du groupe, tu sais, celle qui grince. (Phil)
Le duo français Die Form était très actif au milieu des années 80. Les albums se succédaient, produits en DIY absolu sur le label Bain Total. L'album Fetish en particulier me plait beaucoup. Il a été édité en 1986 en cassette puis en 1988 dans un format compilation en compagnie de Es Lebe Der Tod, un autre album sorti uniquement en cassette. Le label allemand Normal a rassemblé les deux albums, a ajouté des titres inédits de Poupée Mécanique, l'ensemble est paru sur un 3xLP / 2xCD devenu rare et cher. On y retrouve une musique électronique rappelant Laibach et Yello.
Comme d'habitude avec Die Form, le visuel est particulièrement soigné, mais comme tu peux l'entendre, la musique tient la route. La cinématique puissante qu'elle dégage me fait croire que c'est un groupe qui reçoit ou va recevoir des éloges tardifs des milieux autorisés, un jour. Si ça permet aux disques d'être réédités et accessibles...
Les morceaux de Es Lebe Der Tod méritent également toute ton attention, surtout si la belgitude persiste dans tes gênes. Je le trouve légèrement plus EBM que Fetish. La production parfaite me fait quand même regretter que ces deux albums n'aient pas fait l'objet d'une véritable version vinyle à l'époque. Le triple album fait le job pour ceux qui l'ont. Pour les autres, il existe plusieurs éditions CD qui le font bien. (Phil)
Aucun intérêt de présenter une liste des disques favoris quatre ans après n'est-ce pas ? A part se replonger dans le post-punk post-confinement...
A Blaze Colour – Against The Dark Trees Beyond (OnderStroom)
OK, ce sont des enregistrements anciens mais cette compilation mérite d'être saluée comme il se doit, le "chainon manquant" entre early F242 et T21. Peut-on faire plus P&C que A Blaze Colour ?
Straw Man Army – SOS (D4MT, La Vida Es Un Mus)
On a parlé de ce disque il y a quelques semaines dans ces pages. Post-punk classique, bien senti.
Geier Aus Stahl – Strapazen und Genesung (Knekelhuis)
Le projet de Leonard Prochazka ressemble à de d'IDM : techno froide, avec des bribes de voix qui collent à la musique. Le genre peut vite être pompeux, servir des textes un peu pourris. Ici, je me régale. Elodie Passion triste me l'avait fait découvrir, je reviens dessus régulièrement avec le même plaisir.
Parking Dance – Gloom Parasite (Icy Cold)
Le dernier disque en date du projet solo de Matthieu Bonnecuelle pourra te rappeler Jessica 93 (on doit souvent lui dire). C'était une excellente surprise à l'époque. Paru uniquement en CD, il mérite aussi qu'on s'y attarde.
Guided By Voices – Tremblers And Goggles By Rank (Guided By Voices Inc.)
Un certain nombre de groupes dinosaures ont sorti un album en 2022. Peu méritent d'après moi d'être mentionnés. GBV fait office d'exception, Temblers And Goggles By Rank sonne par moment comme du Wire récent couplé à la voix miraculeuse de Robert Pollard.
This Cold Night – Are We Not Immortal Yet?? (Young And Cold)
Chase Morledge est revenu en 2022 avec un second album physique, lui qui aime à multiplier les éditions numériques. Ce disque ne m'a pas bousculé comme le premier, en tous cas pas au départ. Au fil des écoutes, j'y ai quand même repéré des morceaux scotchants.
Jan Van den Broeke – Time And Desire (EE Tapes)
Son nom ne te dit peut-être rien mais le gars officiait au siècle dernier dans un obscur combo belge nommé The Misz - adorable minimal wave - et j'ai beaucoup aimé son disque solo paru en 2022. Certes foutraque, il s'y dégage de belles ambiances et des chaloupes soyeuses.
Second Planet – Rückwärts - Backwards (Hertz-Schrittmacher, Kernkrach)
Il faut deviner derrière cette pochette anonyme ou presque que se cache un album qui rassemble, remastérisés, une dizaine d'années de musique créée par Danilo Roost. Il n'y a donc ici que du bon son, pas gras pour un sou. Si Das Kabinette te cause, faut pas te gêner.
Brannten Schnüre – Das Glück Vermeiden (Quirlschlängle)
Écouter du Brannten Schnüre en 2026 relève de l'exploit. Invisible en streaming, sold out en format physique, ça vaut pourtant la peine de s'y consacrer si tu aimes les collages entre folk et indus minimal. Les disques sont distribués par un label belge, Aguirre, assez dynamique. Espérons des rééditions, le dernier en date, Landschaft Aus Tränen, est également superbe.
Die Welttraumforscher – Liederbuch (Bureau B)
Plus de trente albums sous le coude, Die Welttraumforscher fait partie de ses quelques dinosaures à avoir produit un disque intéressant selon moi en 2022. Les Suisses ont enregistré d'une petite vingtaine de titres, finement ciselés. Il me semble qu'une comparaison avec les disques solo de Peter Jefferies n'est pas complètement inappropriée.
Current 93 – If A City Is Set Upon A Hill (HomAleph)
Autre dinosaure inspiré en 2022, David Tibet arpente à nouveau la galaxie. If A City... est certes moins génial que The Light Is Leaving Us All, il s’essouffle à mi-parcours mais contient de pures perles. Tu sais sans doute déjà si ce disque est pour toi.
The Serfs – Primal Matter (Dream)
Le premier album Sounds Of Serfdom m'avait convaincu, le second opus évolue vers le garage avec une touche egg punk plus marquée. Top qualité comme d'habitude avec la clique de Cincinnati. J'imagine que tu suis aussi les autres groupes des membres de The Serfs : The Drin et Crime Of Passing.
Deux – Golden Dreams (Minimal Wave)
Pas vraiment une nouveauté, mais ce 12" est un de mes disques préférés de 2022. Le groupe de Gérard Pelletier (RIP) et Cati Tête fait partie de cette scène française synth-pop assez peu commerciale et qui reçoit une reconnaissance internationale sur le tard. Note qu'une compilation CD est disponible.
Smirk – Material (Feel It)
Nick Vicario est une figure de la scène DIY, il a joué dans une myriade de groupes (Autistic Youth...) et je suis particulièrement ce qu'il fait avec Smirk. Ça sonne comme du Touch&Go, déjanté, rythmé, cool. Les autres disques me plaisent aussi, le nouvel album Speculative Fiction vient de sortir.
The Secret French Postcards – Life Got Claws (Cold Transmission)
Découvert à travers ce quatrième album le duo suédois s'inscrit dans une lignée que j'aime beaucoup, récemment reprise avec brio (c'est une expression) par Branches, Drab Majesty et Traitrs. Shoegaze dream pop cold, à toi de voir.
Left For Pleasure – Human Contract (Detriti)
Le label Detriti était en pleine bourre en 2022. Dans ses bacs, un duo allemand qui me rappelle furieusement The Passions et I'm In Love With A German Film Star. Le disque est inégal mais vaut le coup d'oreille. Il a eu un petit frère en 2025 chez Young & Cold.
Lisieux – Abide! (Throatruiner)
Un disque dans la continuité du précédent, Psalms Of Dereliction, que j'avais beaucoup aimé, Abide! voit Lisieux changer de crèmerie, il est paru sur un label plutôt spécialisé post-hardcore. La musique de Lisieux me rappelle celle d'autres sudistes, Rien Virgule : inattendue, tour à tour puissante et délicate, inspirée.
Mitra Mitra - Hands Remain (Polytechnic Youth)
A mon goût un ton en dessous des deux albums précédents, Hands Remain se glisse confortablement, comme un Anne Clark. La réalisation est impeccable, elle prend toute son ampleur au casque ou sur une hi-fi plein tube. Le nouvel album Glassy Tears est paru il y a quelques mois.
Tuelipe – Mono Game (Maudit Tangue)
Le projet underground par essence, une nana seule qui présente son premier (et depuis unique) album à la face du monde. L'esprit Kas Product / Madmoizel prédomine : synthétique, sombre, dansant. Le disque est passé sous le radar de pas mal de gens semble-t-il, mais il a tout pour devenir un classique.
Jimmy Smack – Death Is Certain (Knekelhuis)
La liste se termine comme elle a commencé, par une compilation d'un groupe disparu. Jimmy Smack était un performer de la scène des caves de Los Angeles au début des années 80. Il marchait dans les pas de Suicide, sa musique est ultra minimale et cette archive signée par le label néerlandais Knekelhuis trouvera sa place sur tes étagères.
Dans la série des disques-prêtés-jamais-revus, j'ai une pensée émue pour l'album éponyme de Liaisons Dangereuses. Le temps a passé et j'ai retrouvé cette semaine exactement la même copie.
Le trio n'a pas produit énormément en quantité mais son influence s'est vérifiée au fil d'interviews d'autres musiciens. En 1981, l'album préfigure un son froid, mécanique, poétique, à la fois minimal et puissant. El señor Haas poursuivra son chemin chez Deutsch Amerikanische Freundschaft. Le chanteur Krishna Goineau a multiplié les aventures musicales et se produit encore aujourd'hui. Beate Bartel a fondé un groupe de nanas, Matador, qui a fait trois albums. Leurs carrières solo montrent qu'ils avaient des aspirations différentes, c'est peut-être ce qui rend leur musique si riche.
Roadrunner avait édité cet album pour le Bénélux. Plus tard j'ai chopé des disques bien différents sur ce label. J'aurais aimé voir Liaisons Dangereuses au Dynamo fest !
La scène techno, en particulier celle de Detroit, a pu s'inspirer des morceaux déjantés du disque comme El Macho Y La Nena. Le thème au synthé semble extrait d'une production Underground Resistance ou Warp.
Réécouté attentivement au casque, en 2026, le disque n'a pas pris une ride. Pas comme moi. (Phil)
Das Kabinette, trio anglais, a enregistré entre 1983 et 1986 un album jamais édité. Leur seule production d'époque reste un 7" single. Je te parle même pas de la rareté du truc maintenant.
Le label Minimal Wave a compilé les enregistrements sur un album souvenir vingt ans plus tard, en 2008. On y trouve bien sûr l'inusable tube The Cabinet à l'ambiance étrangement Warm Leatherette. C'est un mystère pour moi que ce morceau ne soit pas devenu un tube instantanément à l'époque.
Les autres morceaux sont donc pour la plupart inédits. Je rapproche leur son de celui des groupes de la scène mancunienne, pas forcément du plus célèbre, mais plutôt des Dalek I, Crispy Ambulance, The Passage, etc.
Je me dis que si tu apprécies Graham Lewis et ses projets en dehors de Wire, soit tu connais déjà Das Kabinette, soit ça pourrait te plaire. En attendant un nouveau pressage, il te faudra mettre un petit billet pour poser les oreilles sur le disque. Il est sold out depuis un moment et ne se trouve plus que d'occasion. (Phil)
Oublié de la liste des favoris P&C de 2020, le premier album de Human Figures revient plus souvent qu'à son tour sur la platine et appartient aux "invendables".
La première édition en cassette sur Pop Nihil passée sous la radar, c'est avec la version vinyle éditée en Espagne par Frigio et par l'excellent BFE recs mené par Joni Kosmos - Antiguo Régimen - qu'on a pris conscience de la beauté du truc.
Le groupe de gars tout seul - Daniel Holt - a réussi un prodige : faire du neuf avec du vieux. On pourra l'accuser faussement de plagiat ou de manque de créativité. Ce serait faire fi de la qualité des compositions, inspirées et marquantes, au niveau des favoris contemporains du genre comme Soft Kill.
Loin d'être un one-shot, cet album a connu plusieurs successeurs. Il reste de loin mon préféré dans la discographie. Un phénomène, complet du début à la fin, maniant le minimal et le dark, c'est tout ce qu'on demande. (Phil)
Ce mystérieux album paru en 1978 en Allemagne n'attire pas forcément le chaland. La pochette est moche, disons-le. Le logo invite au glam ou à des puissances gentiment hard-rock. Le disque sorti à l'âge d'or du disco entretient la confusion.
Leda n'est pas le nom de la sirène sur la pochette. En revanche, on retrouve bien un chant féminin, très envoutant. La musique elle-même est signée en grande partie par Peter Baumann de Tangerine Dream. Dépassé l'habillage, Leda se pose là. Le mélange de musique progressive et minimale rappelle à la fois Kraftwerk et Laurie Anderson. La modernité du truc me laisse sur le cul.
Je ne suis pas le seul à m'être aperçu de la beauté, le disque a finalement été réédité trente ans plus tard, en 2011. Il fait aujourd'hui partie des classiques secrets de la minimal wave. L'album est parsemé d'instrumentaux comme Space Ride.
Il aborde aussi des thématiques très en vogue à l'époque comme le future. Alors, entre Future et No Future, à toi de choisir.
Une paire de morceaux plus pop, pas forcément rédhibitoires, sillonnent le disque. L'ancêtre mérite un peu d'attention et une petite place dans la collection P&C. (Phil)
La première démo de Cold War, groupe anglais underground devenu culte, est parue en 1982. On y trouve quatre titres à cheval entre peace punk et post-punk, dans une veine Zounds, UK Decay et The Mob. Ou encore le Cure de Faith qui aurait eu des tendances Oï.
Les quelques morceaux parus entre 1982 et 1983 ont ensuite disparu dans la nature, refaisant surface sporadiquement, à la faveur de blogs renseignés. Il faut dire que les membres du groupe se sont dilués dans d'autres scènes, en particulier Chris Knowles, devenu producteur et DJ. Les labels Grow You Own recs et Ohne Grund schallplatten ont pris les choses en main en 2024, compilé onze morceaux sur un vinyle assorti d'un épais livret préfacé par Chris.
Joie de finalement pouvoir écouter autre chose que des mp3, cet LP me confirme que la réputation du groupe est absolument justifiée. Les quatre titres de la démo avaient été bien choisis à l'époque, ma préférence pour The Machinist et Cold World. Le reste est à l'avenant.
Le disque n'est malheureusement pas une intégrale, pas mal de morceaux de Irritional, la seconde cassette, n'y figurent pas. En revanche on trouve plusieurs inédits dont The Picture dont je ne me lasse pas.
Le disque limité à 220 copies est sorti sans faire de vagues malgré plusieurs excellentes chroniques. Je l'ai vu encore disponible dans des distros indépendantes, mais un disque de cette qualité finira par disparaitre des bacs tout comme les cassettes originales. (Phil)
Le sud de la France produit régulièrement des fruits gouteux. La liste est longue, Martin Dupont en tête de gondole si on veut. Parmi les étals, un disque sorti par le label La Forme Lente d'un obscur groupe toulousain dont je ne sais pas grand chose, Makina Girgir, se détache.
Torment, édité en 2016, a été repressé avec un nouveau visuel en 2024 par Other Voices, ce qui m'a donné l'occasion de mettre la main sur un album devenu rare dans sa version originale. La darkwave minimale qu'il contient sort largement du lot. J'ose une comparaison avec Martial Canterel ou John Maus, avec une touche européenne marquée.
J'imagine que les ombres de Visage et de Kraftwerk planent alentour, on voyage dans le temps, direction le début des 80's. Post-disco, pré-techno.
La production maitrisée, le vinyle envoie une dynamique puissante, à écouter au casque pour un plaisir maximum. Extraire trois morceaux pour cette page aurait pu relever du hasard tant l'album est complet.
Tu pourras aussi te délecter de leur autre disque qui me parait indispensable, la compilation Tape Songs, qui réunit leurs meilleurs morceaux parus sur des compilations confidentielles.
Concernant le label La Forme Lente, il semble avoir disparu. C'est bien dommage, dans les premières sorties il y a aussi l'album des suédois Bonjour Tristesse - On Not Knowing Who We Are, synth pop triste succulente.(Phil)
Ce disque a été composé et en partie enregistré à la fin des années 80. Il aurait dû s'agir du deuxième album de Parade Ground. Que nenni. C'est à la bonne volonté de Dirk Ivens - Klinik, Dive, Absolute Body Control - et son label Minimal Maximal qu'on doit la sortie de l'album vinyle en 2012. Le chouette label allemand Vuz, au catalogue mégadingo, s'est chargé du CD gavé de bonus.
On y trouve du Parade Ground dans le texte. EBM savamment mélodique, un peu sur le même territoire que 242 période Endless Riddance. L'album comporte un certain nombre d'étranges hits, propres à faire danser la faune.
Il me parait évident que A Day At The Park finira sur leur best-of. Le morceau revient facilement dans une playlist. D'une manière générale, The 15th Floor est moins aventureux que ceux qu'ils ont produits par la suite et plus à l'image de la compilation The Hidden Side parue en 2025 chez Dark Entries.
Je termine la sélection avec un titre qui ne figure pas sur le LP, mais qui débute le CD. Ce dernier a encore des avantages bonus. Je mettrai tous les jours Entertain Me dans un best-of de Parade Ground. Il me semble bien qu'ils l'ont joué lors du concert local récent - Merci Cilou ! (Phil)
Groupe originaire de l'Est de Londres, Depeche Mode rompt avec la pop des premiers albums pour incorporer ici des éléments noirs charbon. C'est d'ailleurs à mon avis plus en phase avec l'esprit du label Mute. Ce troisième album Construction Time Again montre un potentiel qui pourrait leur ouvrir des portes plus grandes encore.
Ils ont emprunté la flûte de Robert Smith (ou bien est-ce l'inverse ?) sur ce délicat morceau Shame. Le groove net et minimal frise la perfection sans faire tout un raffut.
Des traces de vieux Depeche Mode traînent encore comme dans Told You So, rengaine futuriste : Everybody Waits For Judgement Day! Depeche Mode a fini d'être sage.
Construction Time Again s'écoute en mode repeat. Je me demande comment le groupe va réussir à se surpasser à l'avenir. Le défi parait très difficile tant ce troisième opus est complet. (Phil)
Incorporons un zeste d'Egg Punk à notre culture. Powerplant sortait en 2019 une cassette, tirage timide au départ, suivie par moult rééditions vinyles puis repressages. L'intérêt ne se démentira pas.
Le gars Theo Zhykharyev figure tout seul à produire son mélange synth-punk sauce egg, genre pourtant mille fois exploré, mais ici rafraîchi avec classe et goût.
Je pense pas mal à Young Governor - aka Young Guv - quand j'écoute ce disque. Fraîcheur, décontraction, morve au nez, badges au vent. De Hidden Love à True Love.
L'album, douze chansons, passe à la vitesse de l'éclair et s'écoute bien en mode repeat. Je cherche la faille, pas de titre faiblard - filler - sur le disque, que du doux et de l'agréable joué parfois en mode speed.
People In the Sun n'est pas une chanson sur la canicule, mais plutôt sur la différence. Enfin, c'est ce que je crois comprendre.
Note que Powerplant vient de sortir un nouvel album intitulé Bridge Of Sacrifice, qui m'a l'air plus sophistiqué. Le temps de le digérer, on en reparle. (Phil)
Les deux premiers albums du duo The Weathermen, parus en 1987 et 1988, me plaisent toujours autant. Je présente aujourd'hui le second, plus complet dans l'ensemble.
Le projet mené par le belge Jean-Marc Lederman et l'américain ex-Tuxedomoon Bruce Geduldig (aujourd'hui décédé) semble parti d'un canular farci aux fausses identités. Qualifié d'EBM comme bien des groupes belges à l'époque, The Weathermen présente de multiples facettes dans une enveloppe électronique et rythmée. Des références à Psyche ou au Ministry des débuts peuvent peut-être te mettre sur la voie.
Poison! était joué de temps en temps en boite de nuit, dans les séries intéressantes, en compagnie de Borghesia ou Killing Joke. Ça reste le highlight du disque. Le choix de deux autres titres est plus cornélien. J'aime beaucoup le quasi instrumental Tar Pit.
La discographie de The Weathermen n'a pas pris une cote de ouf, Le groupe reste méconnu et, si tu veux mon avis, largement sous-coté. Tu trouves les disques originaux à un tarif très raisonnable, aujourd'hui. Ceux qui savent les chopent, les gardent ou les filent à des amis. Tu peux capter les deux premiers évidemment, le troisième Beyond The Beyond s'écoute, Global 851 me parait dispensable et l'album de la reformation (2004) est intéressant comme peuvent l'être les Depeche Mode récents, sympas, mais loin du compte. Deeper With The Weathermen reste un bon disque, moins essentiel que le Black Album. (Phil)
Pendant longtemps l'album cold d'Opéra De Nuit était une chimère. Je ne connais pas le nombre de copies pressées initialement. Il était distribué par New Rose, je l'ai vu une fois en magasin à côté d'un disque de Psyche. Et c'est tout. Cette première édition vinyle a disparu dans le brouillard avant d'être redécouverte bien plus tard en 2015 par une intégrale sur 2xCD. L'édition numérique, elle aussi, a bien vite disparu de la surface de la planète, au moins des bacs des disquaires.
Fast forward 2026, Dark Entries annonce une nouvelle édition vinyle, remasterisée, la totale. Une version double LP avec des bonus, quatorze des seize titres de l'intégrale sont présents.
Ami Amant est un faux-ami. Les morceaux d'Opéra De Nuit sont pour la plupart chantés uniquement par Erick Adrien, Valérie (.) n'apparait que sur quelques titres. N'empêche, Ami Amant avec son petit côté Jacno figure parmi les classiques de la scène française de l'époque.
Je trouve difficile de ne pas citer Martin Dupont et L'Enfance Eternelle dans les repères possibles pour situer ODN. Martin pour la partie électronique et le groove, L'Enfance pour la voix et les textes en français. Jeu damné tient encore bien la route.
L'Appel Du Froid confirme l'intérêt du groupe pour un certain esthétisme qu'on retrouve chez d'autres animateurs cold favoris comme Mary Goes Round.
Faut-il acheter la réédition Dark Entries ? Si tu as déjà l'original en vinyle et le CD, tu n'en as pas besoin, mais tu vas le faire. Sinon, à toi de voir ! (Phil)
Mikey Young le preux, auréolé de ses nombreux succès avec Eddy Current ou Total Control et pris dans le flot dans ses innombrables faits de mastering, suscite à la fois ma curiosité et mon intérêt. Le gars a un talent de dingue. Il participe à plusieurs groupes, dont The Green Child qui était passé complètement sous mon radar jusqu'à ce que l'ami Lammie - Don't Buy records aux Pays-bas - me suggère le nom.
Ne te laisse pas tromper par la pochette énigmatique et pas forcément réussie, à mon goût. L'album, le second du groupe, contient plusieurs perles.
Resurrection pourrait facilement passer pour un obscur 7" des années 80, j'en ai fait l'expérience. C'est le pinacle de la face B, tout comme Tony Bandana domine la face A. Dans le genre, un des meilleurs titres depuis un certain Elephant Man des fabuleux Pleasure Leftists.
Ma préférence parmi les trois albums de The Green Child va donc vers Shimmering Basset. Un titre énorme par face, le reste qui s'écoute avec plaisir, les ingrédients me conviennent.
Grand bravo à Upset! The Rhythm pour la qualité et la régularité de ses sorties. On parlera bientôt de Normil Hawaiians. (Phil)
Sur ses deux premiers disques, le son de Poésie Noire correspondait davantage à une coldwave très électronique qu'à de l'EBM foutrement belge. Comme évoqué par le passé, sur Giaconda Smile et Hum And Haw, Poesie Noire s'assoit avec Propaganda, X Mal Deutschland, Trisomie 21 et Liaisons Dangereuses. Du beau monde tout ça.
L'inspiration du groupe s'appuie sur une culture littéraire certaine, Aldous Huxley et Claude Levi-Strauss se dégagent en arrière plan. Le morceau Tristes Tropiques règne toujours sur le dance floor de la darkness.
A ma connaissance, et à celle du web, il n'existe pas de version CD ni de réédition vinyle de ce chef d'œuvre. Antler a, par contre, sorti une compilation des deux premiers albums en 1988. Le morceau Hiroshima Mon Amour n'a pas lui non plus perdu son pouvoir de remuer les foules tristes (ou pas).
Plus tard, Poésie Noire virera dans un univers plus EBM, en gardant une identité particulière et en proposant des délices comme Deja Vu sur Love Is Colder Than Death. (Phil)