samedi 11 mars 2017

Second wave 1982-1986 (part 1)

Après avoir fouiné dans les archives du début des années 80 et déterré quelques trésors, j’ai continué à creuser pour ressortir 50 disques de la période 1982-1986. Je ne me suis cette fois pas cantonné à un seul genre, j’ai ouvert la liste sans toutefois aller jusqu’à inclure du hardcore punk qui relève à mon avis d’une toute autre vibration. Je me suis par contre imposé la contrainte de ne pas inclure de disques de groupes déjà cités dans la liste post-punk 1979-1982.
Il y aura donc cinq parties comportant dix albums, chacun étant essentiel à sa manière.


And Also The Trees - Virus Meadow (1985)


Second album, tous les ingrédients se mettent en place, une guitare cristalline, un chant juste posé, des ambiances qui flirtent avec le Floyd et le Cure. And Also The Trees se tiennent toujours là, quelque part avec The Chameleons et Magazine. Tout ce que je connais d’eux est parfaitement écoutable, y compris les derniers disques.



Cabaret Voltaire - Micro-Phonies  (1984)


Après plusieurs disques sur Rough Trade, Cabaret Voltaire évolue au milieu des 80's vers un son moins cru. Véritablement précurseurs, Stephen Mallinder et Richard H. Kirk vont donc sortir l’indus de la cave pour l’emmener petit à petit vers la rave, l’electro et la techno, inspirant au passage des groupes comme Underworld ou Pop Will Eat Itself.




Clan Of Xymox – Medusa (1986)


Un des premiers groupes inscrits sur ma liste, tellement j’ai été marqué par le son et le sens de la composition de Clan Of Xymox. Les deux premiers albums sont indissociables et indispensables. Pas une minute de musique à jeter sur chaque disque, pierres angulaires de la darkwave.




Cocteau Twins - Head Over Heels (1983)


Second d’une série de très bons albums, Head Over Heels voit les Cocteau Twins imposer leur subtil mélange de Siouxsie et de Kate Bush et inspirer toute une partie de la pop anglaise, The Sundays en tête. Pas vraiment de la musique qui se danse, plutôt du contemplatif, de l’aérien. Indémodable.




Colin Newman - Commercial Suicide (1986)


Un des cinq albums solo écrits par Colin Newman après le split de Wire en 1980, Commercial Suicide ne se démarque pas vraiment des autres, mais il me semble le plus fort de la période qui nous intéresse. Évidemment, les cinq disques sont intéressants et méritent toute ton attention, certains morceaux sont au niveau du 154 ou du Chairs Missing.




Dead Can Dance - Dead Can Dance (1984)


Le duo australien constitue également une pierre angulaire de la darkwave des eighties. J’aime beaucoup The Serpent’s Egg, mais il est paru après 1986. Je retiens donc le tout premier album, bon mix de darkwave et de neofolk.




Death In June  - The Wörld Thät Sümmer (1986)


Choix difficile car Death In June, un de mes groupes favoris, a sorti quatre très bons albums dans la période 83-86. J’ai un faible pour The Wörld Thät Sümmer, que je trouve réussi du début à la fin. Il n’est sans doute pas le plus emblématique, peu importe, si cette liste a un intérêt, c’est par son côté subjectif assumé.




Depeche Mode - Construction Time Again (1983)


A mon goût le premier bon album de Depeche Mode, celui qui m’a collé la claque et fait suivre le groupe jusqu’à Music For The Masses. J’ai peu à peu décroché ensuite et ne jette qu’une oreille furtive sur les nouveaux disques. Mais ce Construction Time Again, je l’ai passé à la moulinette et connais encore la plupart des textes par cœur.




Eyeless In Gaza - Rust Red September (1983)


A l’inverse, je n’avais jamais entendu parler de ce groupe avant de me pencher sur cette liste. Les fameuses mailles du filet… je vais rattraper le temps perdu. Sur cet album Eyeless In Gaza sonne assez proche de Tears For Fears, de And Also The Trees et du Talk Talk le plus voluptueux. De toute beauté, comme pas mal de disques sur Cherry Red.




Fields Of The Nephilim - Burning The Fields E.P  (1985)


Une tricherie honteuse de ma part, mais le premier album des Nephilim n’est paru qu’en 1987. Figure de proue du goth rock, il n’était pas question de ne pas les inclure dans cette liste. Ils demeurent très influents, de Nine Inch Nails à Type O Negative à des trucs plus récents comme She Past Away.



A suivre... (Ph)




mercredi 8 mars 2017

Miss Parker - Miss Parker

Si tu te rappelles du 7" Attente d'Odessa, groupe français du milieu des années 80, alors tu vois assez clairement à quoi ressemble ce nouveau groupe de Marseille, Miss Parker.


Si ça ne te rappelle rien, voici d'autres indices : Miss Parker sur son premier album se situe dans la lignée des groupes goth rock comme les Sisters Of Mercy, avec une touche frenchie. Les lignes de basse appuyées lorgnent parfois du côté de Manchester. Il n'échappe pas au parfum de déjà-vu, aucune nouveauté à trouver ici.


L'album se tient bien dans l'ensemble, certains morceaux sortent du lot, comme She ou Where Are The Lords qui me plaisent tout autant que ceux de Soft Kill. Il suffit d'entrer petit à petit dans ce disque pour l'apprécier. Il révèle son excellence à chaque écoute et finit par se rendre indispensable.



Si comme moi tu es fan des Sisters et de Joy Division, il y a moyen de se faire vraiment plaisir à l'écoute de Miss Parker, qui sonne un peu comme un alliage des deux. (Ph)


mardi 7 mars 2017

69 - Heroic

Encore une découverte d'Elodie, encore un disque paru fin 2016 découvert début 2017, ce troisième album de 69 se place dans un interstice entre deathrock et neo-folk, avec la bénédiction des grands frères du genre en France, Bästard et Hint.


Pas vraiment des inconnus, ces 69, puisque dans la partie depuis leur précédent groupe Sloy, les aventures de Virginie Peitavi et d'Armand Gonzalez continuent avec grâce et beauté, dans un pays sombre mais envoûtant.


Je n'ai pas vraiment écouté les deux albums précédents, je le confesse. Ce nouvel album me donne envie d'en savoir plus, mais de ce que j'ai pu rapidement entendre, il place la barre au-dessus de ces prédécesseurs, très près de disques comme 100% White Puzzle ou Bästard. J'ai l'impression que le duo est même allé un peu plus loin sur les terres de Christian Death, certaines harmonies de voix, des ambiances, ont des couleurs deathrock indus. Comme dans Sounds Of Dust par exemple.


L'album, relativement court, joue la carte de la qualité en 8 titres, pas un de plus. Rien de superflu et choix tendu pour ressortir les meilleurs morceaux. Il faudra que je l'ajoute à la liste des favoris de 2016. (Ph)




lundi 6 mars 2017

Torture Love - They Came Crawling

Souvent, à peine l'année finie et les listes de favoris publiées, on découvre des petites merveilles restées cachées. Dernier exemple, ce They Came Crawling paru en 2016 et chopé tout récemment.


Originaire de Chicago, il y a chez ce groupe deux racines bien visibles, l'une post-punk, l'autre noise. Je n'hésiterai pas à comparer avec quelques-uns de mes disques préférés de ces dernières années, le Things Change de Late Bloomer, le The Wrong Side Of History de Kent State ou le Total de Hausu.



Torture Love n'en est pas à son coup d'essai puisque les gaziers avaient à leur actif deux cassettes démo. Je préfère quand même la production confortable de ce premier album, disponible chez Sorry State . 


Très curieux d'en savoir plus sur Torture Love, j'ai posé par mail quelques questions à Tom et Rogelio:

Qui joue dans le groupe maintenant?
Tom: Le groupe est actuellement composé de Mathew Ancrile - guitare /chant, Rogelio Zamudio Jr - guitare, Mac Haertl - basse, et Tom Kenneally - batterie et autres. Nos amis Lauren et Ian jouaient avec nous auparavant.


Le groupe est-il encore actif ?
Tom: Nous sommes bien actifs à Chicago et dans les environs et continuons d'écrire de nouvelles choses. Comme beaucoup de groupes, notre rythme d'écriture est plus rapide que nos possibilités d'enregistrement et nous essayons toujours de rattraper. Nous essayons également de nous éviter mutuellement le vide de la soumission mentale.


Un nouveau disque ?
Tom: Nous venons de sortir une cassette de 4 nouvelles chansons appelée Neon Stain, sur Pressure Group (DIY nda). C'est vraiment la somme d'un effort collaboratif d'amis : quelqu'un fait les dessins, quelqu'un fabrique des copies, quelqu'un copie les bandes, quelqu'un a l'argent. Ha ha ! Nous venons d'approuver le mastering vinyle de ces enregistrements et il y aura une version 7" au printemps.

Rogelio: Neon Stain sucks.


Pensez-vous venir en Europe bientôt ?
Tom: Nous aimerions aller en Europe. C'est toujours un rêve. Si quelqu'un veut nous aider, il ne devrait pas hésiter à nous contacter à torturelovechicago at gmail.com.


Avec quels autres groupes jouez-vous ?
Tom: Vous pouvez nous trouver souvent avec Dim (http://dimchicago.bandcamp.com), Rash (http://rashchicago.bandcamp.com), et Earring (http://earring.bandcamp.com),

Rogelio: Je suis impatient de jouer avec Bruised (https://bruisedband.bandcamp.com) et Udusic (https://udusic.bandcamp.com) dans un avenir proche.


5 disques que vous écoutez maintenant et que vous nous recommanderiez ?
Tom: Piss - S/T EP ; Rash - Skinnerbox ; Oppenheimer's Analysis - New Mexico ; Uranium Club - All Them Naturals ; Rogelio Zamudio Jr and Constant Negativity - Live.

Rogelio: Asylum Party - Picture One ; Tenement - Predatory Headlights ; Vanity - Don't Be Shy ; Framtid - The Horrific Visions. Mais il est souvent difficile d'entendre quelque chose par dessus Tom, la personne la plus bruyante sur terre. Nous sommes tous sourds à cause de lui.


Tu trouveras le reste de la discographie de Torture Love sur leur bandcamp. (Ph)

dimanche 5 mars 2017

Xiu Xiu - Forget

Je n'ai pas trop suivi l'actualité de Xiu Xiu depuis Angel Guts: Red Classroom sorti par Polyvinyl Record en 2014 dont le thème sex/SM ne m'avait pas trop emballée. J'avais quand même jeté une oreille sur le split avec Merzbow et sur ce chouette album où Xiu Xiu joue les morceaux de Twin Peaks. De toute façon, ce groupe est prolifique et livre tellement de trucs expérimentaux en parallèle des sorties officielles que c'est chaud de tout suivre. Si t'es motivé, quasi tout est dispo sur leur 2 bandcamp accessibles depuis leur site


Bon, tout ça pour dire qu'appréciant ce groupe, fin 2016, ça m'a plutôt réjoui de lire qu'un nouvel album sortait cette année. D'autant que les titres à l'écoute en début d'année m'ont bien titillée l'oreille, à l'image de Jenny GoGo.
 

Joie! ça joue dans la même veine que leurs précédents albums Dear God, I hate My self ou Always. Il ne manquait plus qu'à chopper la bête! Chose faite via le label bruxello parisien Teenage Menopause Records qui a eu la bonne idée de s'associer à la distribution européenne.
La recette de ce 13ème album de Xiu Xiu est éprouvée mais toujours aussi alléchante. En dix titres, le groupe envoie sa sauce sous la forme d'une pop experimental alternant des morceaux electro dance et des chansons plus calmes où la voix douce et susurrée de Jamie Stewart bouleverse à souhait.    
On lit souvent de Xiu Xiu que leur musique suinte l'angoisse et la dépression mais je trouve Forget plutôt soft. Apaisé, pas forcément. La tension si caractéristique de Xiu Xiu reste présente sous la forme d'envolées qui, selon les morceaux, s'avèrent bruitistes, sombres ou lyriques. A l'instar de ce morceau Get Up à l'arrière-goût Velvet Underground.


L'album finit avec Faith Torn Apart. 8 minutes d'un mantra envoûtant virant vers une décharge de pensées absurdes façon spoken-word qui se solde par 
It doesn't matter what you think
Do anything you like
Because I was born dead
And I was born to die

Well done. Forget est mélancolique, âpre, dérangeant, triste... et beau. (El)

lundi 27 février 2017

Jewish Starr - Jewish Starr

Cassette glanée lors d'un échange avec le label Feeble Minds (Shoppers, Brown Sugar, etc.) il y a quelques années, cette démo au tirage confidentiel (25 copies) revient pourtant régulièrement dans la platine.


Je n'ai jamais plus entendu parler de ce groupe, Jewish Starr, qui était originaire de Syracuse NY. C'est dommage, je suis bien fan de leur approche très Wipers. Il y a quelques années, j'aurais pu parier sur une réédition en format EP 7" de cet unique objet, mais par les temps qui courent on n'est plus sûr de rien. 



Les textes imprimés dans la jaquette racontent des vies simples, monotones, préconçues, accrochées à des substances de compensation de l'ennui. Quatre morceaux et puis s'en vont. Retournent au néant. (Ph)

dimanche 26 février 2017

Branches – Distance

Paru en 2006, je suis passé complètement à côté de cette autoproduction, exclusivement CD. Il aura fallu que je découvre le second album, Old Forgotten Places, dont on a déjà parlé ici, pour que je fasse coup double. Au prix de l’envoi d’un disque, ça va souvent la peine de se montrer curieux. Enfin, curieux, j’avais bien sûr jeté une oreille sur les deux albums via le bandcamp du groupe.



Si tu es branché Chameleons / Cure, que tu as mis en boucle What Does Anything Mean, Basically et Disintegration, viens chercher bonheur. La remarquable qualité de l’enregistrement permet de bien saisir toutes les nuances des synthés et des guitares, et de profiter à blinde de la voix modeste de Francesco Forestiere. Dans l’ensemble, ce Distance m’évoque aussi The Essence et Mary Goes Round, dans des ambiances sombres mais pas que. En témoigne ce somptueux From Somewhere.



Le disque coule comme une blonde d’abbaye bien fraîche dont on connait le goût mais qui dégage plein de saveurs subtiles qui poussent à y revenir. Après avoir bien usé le second album de Branches, je me suis donc concentré sur celui-ci et je ne saurai dire lequel des deux je préfère. Ils s’écoutent tous deux sans fin.




Maintenant, espérons qu’une âme charitable aura l'audace de rééditer ces deux chefs d’œuvre en vinyle. (Ph)