dimanche 10 juin 2018

I'm So Hollow ‎– Emotion / Sound / Motion

L'unique album de I'm So Hollow est paru en 1981, période où la new wave anglaise était particulièrement puissante et variée. Assez éloignée de la musique synthétique des voisins de Human League, le post-punk de I'm So Hollow me fait penser à un curieux mélange de Monochrome Set, de Fad Gadget et des B-52's.


Temps de ressortir des abîmes cet album méconnu. Le temps d'ailleurs ne semble pas avoir de prise sur lui. Le son parait très actuel. Démonstration avec Entrance, dont la longue intro nécessite patience et obstination avant d'arriver aux choses sérieuses.


Une fois entré dans le disque, on s'y love en contemplation. Les titres s’enchaînent, l'ambiance se fait plus lourde, délicate mais dangereuse.


Le groupe avait sans doute le potentiel pour aller jouer chez 4AD ou chez Cherry Red. Touch est à mon avis le tube post-punk sur le disque, mais je ne crois pas qu'il soit jamais entré dans les charts anglais. Il ne figure pas non plus sur la Peel session enregistrée en 1980. Pourtant, quelle tuerie !


Le disque n'est pas franchement facile à trouver, je te colle la version intégrale. Si tu es en quête d'un peu d'histoire, je t'envoie lire cet excellent reportage sur le Futurama Festival de Leeds en 1980. Des noms ? Siouxsie, Clock DVA, Desperate Bicycles, Durutti Column, Soft Cell, U2, Young Marble Giants, I'm So Hollow... (Ph)



dimanche 3 juin 2018

Sex Tourists ‎– Sex Tourists

Découverts via l'excellent label australien Trackside, les Touristes du Sexe viennent s'ajouter à la longue et fascinante liste de groupes post-punk du bout du monde. Paru en 2017, leur premier album aurait dû figurer sur la liste de la crème de la crème.



Tout à fait dans la lignée de grands frères de Total Control, d'ailleurs Mikey Young signe le mastering du disque tandis que Daniel Stewart s'occupe de le vendre dans sa boutique très recommandable, le trio mixte Ewan Finley, Nicola Babbage et Darius Ottignon propose 10 titres bluffants, plein de maturité et d'instinct. J'oserai la comparaison avec Wire et Magazine.





Si tu n'as pas pris à l'instant une belle torgnole, je me demande ce que tu fais sur ce blog ! Le disque a été édité en Angleterre également par Drunken Sailor, en attendant de pouvoir peut-être voir des concerts en Europe un jour. Rêvons un peu... (Ph)

samedi 5 mai 2018

Depeche Mode ‎– Violator

Phares puissants de la new wave, les disques de Depeche Mode se sont enchaînés de 1981 à 1990 jusqu'au paroxysme Violator. Sur chacun des disques précédents, il y a des temps un peu plus faibles, où leur côté poppy tutoie la variété. Extrême limite. J'entends encore les critiques, rengaines, car au delà de la pop il y a bien sûr des moments magiques, plus ou moins dansants. Les bougres excellaient dans la ballade atomique : Just Can't Get Enough, Leave In Silence, Everything Counts, Blasphemous Rumours, World Full Of Nothing, Never Let Me Down Again...


Le 7ème album de DM était très attendu lors de sa sortie. Comme ses prédécesseurs, je l'ai creusé direct, mais comme on l'entendait partout, j'ai vite saturé. Je suis revenu dessus dix ans plus tard pour réaliser que la bête ne vieillissait pas. Par un étrange miracle, elle était même devenue mon album de DM préféré, ce qui n'est pas une mince affaire.

C'est un crève-cœur de choisir deux titres parmi ceux-ci : World In My Eyes, Sweetest Perfection, Personal Jesus, Halo, Waiting For The Night, Enjoy The Silence, Policy Of Truth, Blue Dress, Clean.


J'ai mis de côté les grands tubes radio Personal Jesus et Enjoy The Silence, que tu connais trop bien, pour mettre l'accent sur deux bijoux moins voyants.


La suite des aventures de Depeche Mode m'a beaucoup moins intéressé. Je n'adhère pas. Les frissons des sept premiers albums me suffisent.(Ph)

samedi 14 avril 2018

Death Of Lovers ‎– The Acrobat

Il m'aura fallu quelques temps pour apprécier pleinement le premier album des ricains de Death Of Lovers. Plusieurs mois après sa sortie, je dois reconnaître que c'est un disque qui avait parfaitement sa place dans la Crème de la crème 2017. Je me suis même habitué à la pochette.



Il faut dire que le disque empile les bons moments : on pense à Depeche Mode, à Actionslacks, aux Chameleons, et dans les contemporains Viet Cong, Soft Kill, Drab Majesty, Merchandise... la cour des grands.



L'album bénéficie d'une production royale. Ça change des démos enregistrées dans des bat caves. Ici, on nage dans l'onctueux, le suave, le merveilleux. Super boulot ! mais les compos ne sont pas en reste, l'album est riche, équilibré, il s'écoute sans fin.



Le choix des deux morceaux n'a pas été évident. Il faut absolument poser ses oreilles sur tout le disque. J'aurais aussi pu choisir Orphans Of The Smog et Perfect History, que j'aime tout autant. J'ajoute donc la video de l'album complet. (Ph)





samedi 7 avril 2018

Goldendust ‎– Goldendust

J'admire les aventures du label de Shawn Reed depuis la fin des années 2000. Sa capacité à suivre une ligne cohérente, entre le hardcore déglingué des FNU Ronnies et la new wave de Blessure Grave m'a toujours épaté, tout comme sa propension à jouer de la cassette. C'est pourtant bien d'un vinyle dont on causera aujourd'hui avec le seul et unique album de Goldendust.



Le LP fait suite à une excellente cassette 4 titres qui préfigurait déjà la beauté de la chose : un temps grisâtre, des synthés fluides, une voiture passe sans s'arrêter. La voix traîne, reste humaine. Elle n'est pas surtraitée, elle colle à l'ambiance. Le vinyle apporte une production légèrement plus clean et de morceaux en plus, dont mon hit du disque qui se nomme Forever Midnight.



J'aime beaucoup la pochette sérigraphiée, l'artwork du disque me rappelle un peu l'esprit post-punk / neofolk qu'on trouve chez Death In June.  La zik va plutôt chercher du côté de Gary Numan. Mélange parfait.



Le disque est plutôt court, 8 titres. Pas de fioritures, ni de longueurs, juste de la très belle facture qui passe et repasse sur la platine sans jamais lasser. Il serait quand même temps d'entendre une suite, mais je ne suis malheureusement pas sûr que le groupe existe toujours... (Ph)



samedi 31 mars 2018

Clan Of Xymox ‎– Clan Of Xymox

Coups de maître, les deux premiers albums de Clan Of Xymox, parus en 1985 et 1986 sur l'inarrêtable 4AD, ont placé la Hollande sur la carte de la darkwave. Le groupe de Ronny Moorings continue encore et toujours, il a produit une quantité incroyable de disques jusqu'au très récent Days Of Black, sur Trisol. Mais c'est du tout premier album éponyme dont on parlera aujourd'hui.



Collection de pépites, Clan Of Xymox propose un son à mi-chemin entre The Chameleons et Propaganda : de l'élégance, du suave, du bon goût. Pop, mais pas tant que ça puisque le disque n'est pas d'une folle gaieté. On y entend presque la pluie tomber.


Il va sans dire que Clan Of Xymox et Medusa sont des pierres angulaires de toute bonne discothèque P&C. Absolument incontournables. Copiés et recopiés. (Ph)






mercredi 28 mars 2018

Numb - Numb

Les Canadiens de Numb ont produit sept albums, dont certains joyaux tournent encore sur la platine. Honneur aujourd'hui à leur premier album éponyme sorti en 1987.


C'est sur le très magnifique label belge KK records que sont parus la plupart de ces disques. Certains ont aussi bénéficié d'un pressage français et se trouvent encore assez facilement, à mon grand étonnement, car Numb représente pour moi le pendant canadien à Ministry. Leur musique s'inspire à la fois du rock industriel et d'ambiances plus électroniques, sans tomber dans la techno facile. Je regrette encore de ne les avoir jamais vus sur scène. Il y a des morceaux terribles sur ce premier album, comme The Hanging Key.


La comparaison avec Ministry s'intensifie lorsqu'on écoute certains morceaux à la limite de l'EBM. Pincée de Killing Joke aussi. Plaisir.


L'album se termine sur des titres moins rythmés, qui vous paument dans des méandres psychotiques. Pas de pop en vue, mais une rigueur industrielle qui raye l'émail. 

J'aime aussi l'album Blood Meridian aux relents Nine Inch Nails. (Ph)