mardi 20 août 2019

For Against ‎– December

For Against dépasse largement le cadre des étiquettes. Cinq disques emblématiques, de Echelons (1987) à Mason's California Lunchroom (1995), couvrent ou inspirent tour à tour post-punk, emo, indie rock, shoegaze, cold wave, folk... Ils sont le fruit d'un mélange entre les Beatles, les Chameleons et R.E.M., qui aurait poussé sur les basses collines de Lincoln, quelque part au milieu des champs, à mi-chemin de Chicago et Denver.
Je considère leur second album December comme le plus abouti du premier line-up du groupe. S'ils ne s'étaient pas séparés après l'enregistrement, tu connaîtrais peut-être ces morceaux par cœur. 


Ce n'est qu'en 2013, grâce à la magnifique réédition en coffret des trois premiers disques par Mike Sniper (Blank Dogs) sur son label Captured Tracks, que j'ai découvert ce groupe. La qualité des compos et la modernité, l'avant-gardisme du son qui pavait à l'avance le chemin pour toute une scène emo / post-rock encore balbutiante en 1988. La scène emo de Mineral, Jimmy Eat World, Boys Life, Christie Front Drive, etc. ne pointera son nez qu'à partir du milieu des années 90. For Against avait un temps d'avance.



J'ai donc associé For Against à d'autres innovateurs comme Dinosaur Jr et Hüsker Hü, pour te donner une idée du niveau de considération. Catégorie "incontournables".





Si ce disque t'a séduit, tu te délecteras de pratiquement toute la discographie, le groupe ne s'est essoufflé qu'à partir de Shelf Life et ses tunes poppy un peu gnangnan. Les deux albums qui ont suivi la reformation, Aperture et Mason's California Lunchroom, sont étonnamment inspirés et consistants. Ils ont été édités en vinyle pour la première fois en 2018 par Saint Marie records. Amen. (Ph)


mercredi 31 juillet 2019

This Is The Bridge - In The Strangled Air

Nous nous étions régalés à danser sur l'excellent Broken Sculptures en 2018, This is the Bridge invite à remettre le couvert avec de nombreuses galettes : vous trouverez 2 albums sur bandcamp sortis cette année, plus un EP, des compils, une réédition...  Pas eu le temps de tout digérer, mais j'ai pas mal écouté les titres de In The Strangled Air. 


L'album enchaîne morceaux dansants et titres plus ambiant. C'est bon comme un mix de Dancing Plague avec Martial Canterel. The Mayfair Set risque de vous allécher.


Dans un registre synth wave minimaliste, This is the Bridge a l'art et la manière de lécher les morceaux, de peaufiner samples, boucles et boites à rythmes, le tout agrémenté d'une très belle voix et d'un sens de la chanson très anglais. A l'image du martial Fallen Flower.
 
  
In The Strangled Air est sorti en même temps que Dancing Blind. Artwork similaire, même registre musical. On attend avec impatience un ou des supports physiques. (E.)

lundi 29 juillet 2019

Emerald Vein ‎– Land Of The Living

Dénichés récemment grâce à Systems Of Romance, blog que je ne saurais trop te conseiller, les deux albums de Emerald Vein m'ont tapé direct dans l'oreille. Subtile et habitée, la musique du sieur Young se propage dans les neurones comme un souffle frais et persistent. On rejoue les disques, souvent. 


J'ai posé mon dévolu sur le second album. J'aurais pu tout aussi bien choisir le premier. C'est le propre du choix : arbitraire, intuitif. Honnêtement, j'aime beaucoup les deux albums qui ne se distinguent pas beaucoup l'un de l'autre.
Il est temps de lâcher quelques noms en comparaison. Frankie dans son blog évoque In The Nursery, je trouve pour ma part des airs de The The, de Kate Bush, de Neil Young, de Eyeless In Gaza, voire quelques riffs de guitares façon Tears For Fears. De qui susciter ta curiosité.


La provenance américaine (Boston) et le label belge pourrait donner quelques indications erronées quant au contenu du disque. A quelques détails près on pourrait presque parler de neofolk. On peut même penser à un son qui sera réentendu plus tard sur les productions Crank! comme sur le Power Of Failing de Mineral ou sur les premiers Built To Spill. Entre new wave, folk et post-rock.



Les disques sont encore faciles à trouver à relativement bas prix. Bonne chasse ! (Ph)

lundi 15 juillet 2019

Rosetta Stone ‎– Seems Like Forever

Tiendrait-on déjà une des perles de 2019 ? je pose la question, mais la réponse est évidente. Près de vingt après avoir exploré les contrées tribal metal avec plus ou moins de bonheur dans Unerotica, Porl King le rescapé de la formation d'origine retourne aux sources de la gotherie. Là où le son est pur, où les chansons sont magistrales. 



Ce neuvième album (d'après Discogs) vient donc parachever une carrière débutée à la fin des années 80, dans l'ombre des Sisters Of Mercy. Tu remarqueras que la pochette de ce nouveau disque adopte l'esthétique bichrome de Merciful Release. La plus grande surprise vient de la qualité incroyable de composition. L'album ne contient quasiment que des hits, à commencer par ce People qui me fait danser au bout de la nuit.



Certaines incursions post-punk me rappellent les Chameleons avant que le pli goth rock ne revienne à la charge. Les arrangements et la construction des morceaux glissent sur une couche de pop froide.



Bien sûr, à l'heure de maintenant, les yeux aussi sont servis. Le clip ressemble à ceux qu'on pouvait voir à la télé quand on se couchait très tard dans les années 80. Boulevard des clips. (Ph)


samedi 22 juin 2019

Victrola ‎– Born From The Water (Demos 1983-1985)

Back in town...

Les disques continuent de fleurir même quand on a autre chose à faire que les cueillir. Pour ça, on peut compter sur Josh Cheon et son infernal Dark Entries qui en est déjà à quinze parutions en 2019. Entre autres délicatesses, il nous a servi un double album magistral reprenant une partie des démos de Victrola, obscur duo italien actif de 1979 à 1985.



Dark Entries avait déjà réédité le 12" Maritime Tatami / A Game Of Despair de 1983, unique disque sorti durant la période active du duo. En entendant le double album, on se demande comment une telle merveille de groupe a pu rester sans éditeur. La compilation de démos est monstrueuse, chacune des douze chansons me plait énormément et j'ai eu un mal de dingue à faire une sélection. Le premier morceau que j'ai choisi, A Game Of Despair, est une longue ballade façon Kraftwerk qui aurait repris un vieux blues.


Point Of No Return est peut-être une réponse au Down In The Park de Gary Numan / Tubeway Army. La chanson est tout aussi vaporeuse.


Victrola se distingue de ses congénères par des travers deep house, des instrumentaux tout à fait révolutionnaires pour l'époque. Fumée. Boite de nuit. Jeff Mills. Robert Armani.



J'ajoute pour conclure que le son des mp3 ne rend pas justice au travail de mastering effectué sur les vinyles et qui finit de rendre ce disque complètement indispensable dans toute discothèque P&C. (Ph)



samedi 2 mars 2019

Crack Cloud - Crack Cloud

Sorti en 2018 chez Deranged Rds outre-atlantique et chez Meat Machine en Europe, ce LP de Crack Cloud, originaire de Vancouver, regroupe leurs 2 EP et ça tombe bien parce que ces derniers sont compliqués à trouver et que le groupe est bon, musicalement et esthétiquement. La preuve en image.


Je trouve ce disque résolument punk de par sa tension et son énergie et je pourrais ajouter funk, pop, Devo style... pour compléter la description de la ziq de Crack Cloud. Car oui, ça cocotte, ça clape et ça balance tout un tas de petites touches de synthé. Ce groupe officie quelque part entre B52's et Volumen, et pour des références plus récentes, cherchez du côté de Thee Oh Sees ou The Shifters (El).










dimanche 17 février 2019

Rien Virgule ‎– Trente Jours À Grande Échelle

Bonne nouvelle, les Bordelais de Rien Virgule préparent un second album et une tournée de printemps. Le premier disque, perché en des terres industrielles, date déjà de quelques années. C'est l'occasion d'en parler sur P&C.


Si les noms de Swans, Father Murphy, Delacave t'évoquent un truc ou deux, tu pourrais gagner à mettre une oreille sur Trente Jours À Grande Échelle. L'album demande un peu de concentration, ce n'est pas funky style, mais répétitif et hypnotisant avec un doux parfum neofolk. J'adore ce Trafic De Masques.


Le disque contient six titres assez longs, très bien produits. L'aventure tout confort. 


Cet album est encore facile à trouver dans des prix corrects. Ça ne devrait pas durer. (Ph)