Cassette glanée lors d'un échange avec le label Feeble Minds (Shoppers, Brown Sugar, etc.) il y a quelques années, cette démo au tirage confidentiel (25 copies) revient pourtant régulièrement dans la platine.
Je n'ai jamais plus entendu parler de ce groupe, Jewish Starr, qui était originaire de Syracuse NY. C'est dommage, je suis bien fan de leur approche très Wipers. Il y a quelques années, j'aurais pu parier sur une réédition en format EP 7" de cet unique objet, mais par les temps qui courent on n'est plus sûr de rien.
Les textes imprimés dans la jaquette racontent des vies simples, monotones, préconçues, accrochées à des substances de compensation de l'ennui. Quatre morceaux et puis s'en vont. Retournent au néant. (Ph)
Paru en 2006, je suis passé complètement à côté de cette
autoproduction, exclusivement CD. Il aura fallu que je découvre le second
album, Old Forgotten Places, dont on a déjà parlé ici, pour que je fasse coup
double. Au prix de l’envoi d’un disque, ça va souvent la peine de se montrer
curieux. Enfin, curieux, j’avais bien sûr jeté une oreille sur les deux albums via
le bandcamp du groupe.
Si tu es branché Chameleons / Cure, que tu as mis en boucle
What Does Anything Mean, Basically et Disintegration, viens chercher bonheur.
La remarquable qualité de l’enregistrement permet de bien saisir toutes les
nuances des synthés et des guitares, et de profiter à blinde de la voix modeste
de Francesco Forestiere. Dans l’ensemble, ce Distance m’évoque aussi The
Essence et Mary Goes Round, dans des ambiances sombres mais pas que. En
témoigne ce somptueux From Somewhere.
Le disque coule comme une blonde d’abbaye bien fraîche dont
on connait le goût mais qui dégage plein de saveurs subtiles qui poussent à y
revenir. Après avoir bien usé le second album de Branches, je me suis donc
concentré sur celui-ci et je ne saurai dire lequel des deux je préfère. Ils
s’écoutent tous deux sans fin.
Maintenant, espérons qu’une âme charitable aura l'audace de
rééditer ces deux chefs d’œuvre en vinyle. (Ph)
Cette cassette s’écoute comme on lit un journal de faits
divers. On passe du sordide au glauque en contemplant le désespoir ordinaire
d’un peuple qui ne sait même pas à quoi il aspire, à part peut-être
l’autodestruction.
Je suis fort étonné qu’aucun des excellents labels lorrains qui
sévissent encore aujourd'hui n’ait réédité cet album dans un format Long Player
car je suis persuadé qu’on tient là un classique des années 2010, barré quelque
part entre Kas Product et les Bérurier Noir.
Les textes ont une importance
capitale dans l’intérêt que je porte à cette Metz Noire. J’ai rarement entendu
chose plus crue et plus consternante : des histoires de caissières qui
congèlent leur bébé, de futurs shoots de came dans le caniveau, d’univers
dépressifs, de petites villes aux mentalités étriquées, etc.
Je n’irai pas jusqu'à dire que cet album contient des hits
synth punk que tu danseras jusqu'au bout de la nuit, non. Sa grâce restera même sans doute un peu inaccessible à tous ceux
qui ne maîtrisent pas la langue de Rabelais. Peu importe, pour une fois j’ai la
chance de bien comprendre ce que raconte un album sans trop faire d’effort et d'apprécier un groupe pour son univers et pas juste la musique.
Emmanuel Satti, le gazier aux commandes de ce projet, a posé
ses idées dans un tas d’autres groupes comme Scorpion Violente, que j'aime aussi beaucoup, A.H. Kraken ou Bras Mort, avec le collègue Julien qui est
partout, comme le Saint Esprit. A écouter ici. (Ph)
J'avais déjà beaucoup aimé le premier album éponyme de Rank / Xerox, qui doit toujours être disponible chez Sabotage en Allemagne. Après plusieurs années de silence discographique, le groupe de San Fransisco est de retour avec un 4 titres génial.
Complètement débarrassé de tout le côté post-rock, on navigue maintenant dans un univers sale, froid et plus sombre que jamais. C'est le disque idéal pour rebondir après une série sur le post-punk du début des années 80 car il montre à quel point le genre reste vivant et puissant aujourd'hui. Les collègues du label Adagio830 à Berlin exhibe leur bon goût une fois de plus avec cet EP qui peut éventuellement s'accompagner d'une cassette, Mass Transit Mongo Combo, retraçant les enregistrements 2009 du groupe, une split cassette et un 7".
Le nouvel EP démarre fort avec un titre qui ne ferait pas tâche sur une mixtape avec Diat ou Institute.
Le second morceau, Ingenue, ajoute une note minérale et planante avec son synthé strident. Cette fois, c'est avec Cairo Pythian que je le mixerais.
Le tout est à découvrir sur le bandcamp du label ou bien en hi-fi puisque le disque est disponible dans un superbe costume plastique gris. (Ph)
Point final de cette petite liste de grands disques. D'autres bafouilles suivront consacrées par exemple aux productions françaises des années 80 ou aux trucs australiens récents.
U2 –
October
Avant d’être un groupe indé à la fois quelconque et reconnu,
les Irlandais ont été punk. Pour s’en
convaincre il faut réécouter les trois premiers albums. Il y a de larges
similitudes entre eux et Comsat Angels, ou And Also The Trees, ou avec le Talk
Talk des derniers albums moins synth-pop.
Avec Police aussi.
Wall Of
Voodoo – Call Of The West
Large choix de disques et de titres puisque les trois albums
majeurs (en comptant le premier mini-album) sont parus entre 79 et 82. Je ne
suis pas loin de penser que Wall Of Voodoo représente ce que les US ont fait de
mieux en matière de post-punk. Une
sorte de Bauhaus élevé à la country et qui aurait refusé de servir dans l’armée,
se serait barré avec les clés du camion faire la tournée des clubs et des bars
jusqu’à ce que mort s’ensuive. Forever
Tomorrow, forever Mexican Radio, forever Call Of The West.
Wipers – Youth
Of America
On pourra débattre pour savoir si les Wipers sont post-punk ou simplement punk. Pour moi ils montent un peu à cheval
entre les deux. Si Is This Real? reste très brut, à partir de Youth Of America,
c’est une autre histoire. Over The Edge (1983) constitue même un monument post-punk, souvent copié, rarement
égalé.
Le seul album de la première trilogie de Wire à être sorti
dans la période qui nous intéresse ici, 154, est un disque somptueux. Ça tombe
bien, on adore ça. Il fait bien évidemment partie des meubles de ce genre de liste.
Pas grand-chose à ajouter sur Wire, peut-être qu’on est bien contents de savoir
les vétérans toujours productifs et prêts à sortir un nouvel album en 2017.
Beaucoup d’hésitations avant de choisir et puis finalement,
premier morceau de Black Sea (1980), et bim ! la chanson se passe de
commentaire. Je ne suis pas le plus grand fan d’XTC, mais j’admets qu’ils le
font bien.
Young
Marble Giants – Colossal Youth
J’aime bien le côté bricolé et minimal des Giants. Ce disque
exprime la modernité, on a du mal à imaginer qu’il a près de quarante ans. C’est
un peu un objet unique, ils n’ont pas fait grand-chose d’autre de cette valeur,
à ma connaissance.
D’autres groupes comme The Chameleons, The Smiths ou And
Also The Trees sont arrivés juste après, en 1983 et 1984. Ils seront de la
prochaine fournée.
En 1982 Rikk Agnew, ex-Christian Death, enregistrera ce disque tout seul comme
un grand. On ne dirait pas pourtant, tellement tout est bien joué. Cet album comporte au moins cinq hits
qui me rendent absolument débile.
Groupe à la discographie immense, Savage Republic a piqué
dans cette liste la place de The Fall. To
each his own. Comme d’autres dinosaures, ils continuent à sortir des
disques sulfureux et intrigant comme Aegean (Mobilization / Nuit et brouillard 2014) dont on
parlera ici bientôt. En attendant, je te propose un extrait du premier album Tragic Figures de 1982.
Siouxsie
& the Banshees – Join Hands
Ah Merde ! Mon Siouxsie préféré, The Scream, est de 1978. Difficile pourtant de ne pas évoquer Siouxsie et
sa voix, son style mille fois imités. Siouxsie, reine de la nuit, copine de Sid,
impératrice de la mode et égérie de Vivienne Westwood. Elle a influencé le
mouvement punk durablement,
musicalement et esthétiquement. Et les disques vieillissent très bien.
The
Birthday Party – Prayers On Fire
Mené par Nick Cave, l’emblématique, ce groupe australien
apporte une touche roots à cette
liste. Aux portes du blues d’un Dead
Moon ou d’un Pere Ubu, décharné, vif, tendu, The Birthday Party propose une
vision particulière, dérangée et dérangeante, loin de la new wave tubesque.
The Comsat
Angels – Sleep No More
Groupe maudit dont la première tournée américaine fut annulée
pour une histoire d’appendicite, The Comsat Angels a pourtant laissé des traces
profondes et tout un tas de fans qui les mettent tout en haut de la liste, dans
les trois ou quatre meilleurs groupes. J'adore vraiment les deux premiers
albums, Waiting For A Miracle et Sleep No More, indispensables l’un comme l’autre.
Quoi ? Cure pas post-punk ?
bien sûr que si. Pas juste du post-punk,
mais partiellement. Pour preuve ce M tiré du second album. Il faut
souligner la productivité dans le talent puisque Cure a produit quatre albums majeurs
entre 1979 et 1982. Et comme Madame Siouxsie, quel impact Robert Smith a eu sur
le style de toute une génération !
Mon disque préféré de Killing Joke est Night Time, mais il
n’est pas qualifié puisque paru en 1985. Soit, j’irai donc puiser dans le
premier album pour en tirer le tout dernier morceau, qui annonce à mon avis
leur son futur.
Magazine – Real Life
Finalement une découverte assez récente pour moi. Alors que
je suis grand fan des Buzzcocks, j’étais passé complètement à côté. Il faut
dire que je n’ai jamais vu non plus leurs disques en bac près de chez moi.
Dingue.
4AD aura eu un catalogue bien rempli. Il l’est toujours avec
des Merchandise et des SOHN. D’ailleurs Modern English doit faire paraître
bientôt un nouvel album, avec le line-up original. Leur premier disque est une
tuerie post-punk que je regrette de
ne pas voir plus souvent dans les listes commémoratives. Pour moi c’est le
chaînon manquant entre Bauhaus et The Sound.
Opposition – Breaking The Silence
J’aime beaucoup les premiers disques d’Opposition, quand ils
étaient encore sur des labels indés. Sans inventer l’eau chaude, ils arrivent à
poser des ambiances chaloupées, un brin tristounes. Parfaites. Ils finiront par
signer sur des majors dans les années 80, sans grand succès.
PIL – Metal Box
PIL est à la fois l’archétype du post-punk et il en est éloigné par une approche play punk but don’t play punk. Et puis
tous ces changements de line-up, ce
son jamais vraiment défini… s’il n’y avait pas la caution de John « Rotten »
Lydon, je ne sais pas si PIL serait dans cette liste. En tous cas, merci pour
la controverse Mr Lydon.
Polyrock – Changing Hearts
Pas le plus connu des groupes de New York, mais certainement
pas le moins intéressant. Pilotés par Philip Glass, Polyrock sonne quelque part
entre Wall Of Voodoo et Roxy Music, entre les Cars et Wire. Si señor.
Motivé par le superbe concert de Peter Hook and The Light
(ex-Joy Division et New Order) à Reims et les diverses listes parues à droite à
gauche comme celle de popmatters, je me suis lancé dans un inventaire des disques
sortis entre 1979 et 1982.
Le genre post-punk
étant à mon avis imparfaitement défini, surtout pas par wikipedia, j’ai donc choisi quelques-uns de mes
albums préférés qui entrent dans ces critères subjectifs :
1/ musique sombre (c’est quand même du punk), j’écarte arbitrairement tous les éléments funk donc des groupes comme This Heat,
Joe Jackson ou Talking Heads,
2/ musique rock
construite autour de guitares (c’est quand même du punk), je ne qualifie pas non plus les groupes purs
synthétiques, à la Human League, Sparks, Front 242, etc.
3/ musique à l’esthétique minimale, pas vraiment psychédélique,
ni même spécialement bordélique, donc excluant des tendances no wave ou industrielles, et donc pas de
Devo, Psychedelic Furs, Contortions, etc.
Ainsi, voici en cinq étapes mon top 30 actuel du post-punk 79-82.
Adam And
The Ants - Dirk Wears White Sox
La première pierre de l’édifice d’Adam impose le
respect : max de hits qui incitent à se trémousser sur place. Imparable. Les
deux albums suivants sont charmants, mais celui-ci à ma préférence.
Bauhaus – Mask
La galère commence avec le choix parmi les albums de
Bauhaus. Ne cédant pas à la facilité qui voudrait qu’on indiquât le premier
opus In That Flat Field, je penche finalement pour Mask et son Hollow Hills
puissant et pénétrant.
Rien que le pedigree
pré-Death In June suffit à mon humble avis à positionner Crisis dans cette
liste. L’album et la compilation des EPs respirent le post-punk à plein nez, avec une guitare Wire-ienne et des ambiances
punk cold en diable. Ces disques ont
été récemment réédités par La Vida Es Un Mus, grand pourvoyeur d’action sonore.
Fad Gadget – Under The Flag
En quatre albums, Fad Gadget a imposé sa marque de
fabrique : arriver là où on ne l’attend pas. Pas tout à fait synth pop, il a eu le mérite d’ouvrir
grand la porte à ses comparses de chez Mute, Depeche Mode. C’est d’autant plus
vrai sur ce troisième album.
Gang Of Four – Entertainment
Pendant longtemps, les seuls disques que j’ai possédé de
Gang Of Four étaient des bootlegs. Je
ne trouvais rien du groupe en vinyle. C’est aujourd’hui de l’histoire ancienne.
N’empêche, rare et précieux, voici comment je considère toujours le post-punk de GoF.
Joy Division
– Unknown Pleasures
S’il y a une référence absolue en matière de style post-punk, elle échoie à Joy. En partie
à cause de la musique elle-même, mais aussi par la légende autour de Ian
Curtis. Reste à choisir un titre parmi les trois albums, un morceau bien
représentatif du son post-punk tant
qu’à faire.